Société

Bénin : tout ce qu’il faut savoir sur l’affaire CNSS – BIBE impliquant Laurent Metongnon

Après sa comparution devant le Procureur de la République le jeudi 23 novembre 2017, le syndicaliste béninois Laurent Metongnon a été placé sous mandat de dépôt. Il passera désormais ses jours à la prison civile de Cotonou jusqu’au 19 décembre 2017, date de sa prochaine comparution.

En effet, soupçonné d’avoir perçu entre 2014 et 2015, avec le Directeur général de la Caisse bationale de sécurité sciale (CNSS), Célestin Ahonon et le Directeur financier, Moussa Jérémie Moral, des commissions occultes dans l’exercice de leur fonction, une poursuite judiciaire a été engagée par le gouvernement béninois contre l’ancien  président du conseil d’administration de la Caisse, Laurent Mètongon.

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Selon le compte rendu du conseil des ministres du jeudi 02 novembre 2017, qui a annoncé la nouvelle, un versement d’un montant de 71.994.737 francs cfa est versé au profit des dirigeants de la Cnss. Le gouvernement Talon a donc instruit le Garde des sceaux, Ministre de la justice et de la législation à l’effet d’engager des poursuites à l’encontre des dirigeants de la CNSS qui ont tenu des actes de gestion frauduleuse.

Romuald Wadagni plonge davantage Laurent Metongnon

Par la suite, le ministre des finances Romuald wadagni a animé une conférence de presse le lundi 06 novembre 2017. Selon les faits exposés par le Ministre Wadagni, le Directeur Général de la Cnss a adressé le 11 septembre 2014, un courrier à Laurent Mètongnon, alors Président du Conseil d’administration de la Caisse, pour lui faire une proposition de placement de 1 milliard de francs cfa à un taux de 6,4% pour 12 mois au sein de la Banque internationale du Bénin (Bibe).

Dans un procès-verbal de la délibération, il a été notifié que Laurent Mètongnon a proposé de porter le placement à 3 milliards de francs cfa au lieu de 1 milliard initialement proposé par la direction générale.

Les clarifications de Laurent Metongnon…

Comme d’aucun pouvait s’y attendre, l’accusé, Laurent Metongnon est monté au créneau pour clarifier ce qui était du ressort du président du conseil d’administration en matière de placement par la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS).

« C’est le Directeur Général qui reçoit la lettre de la part de la banque et l’affecte. Mon rôle est de convoquer la session extraordinaire, au cours de laquelle les directeurs présentent une communication avec débat. Après cette étape, il me revient de faire la synthèse des interventions afin qu’une décision soit prise » avait expliqué Laurent Metongnon. Selon lui, son implication dans cette histoire est fausse et diffamatoire.

Une pluie de soutien à Laurent Metongnon

Dans ce tohu bohu, le parti Communiste du Bénin (PCB) a répondu le vendredi 10 novembre 2017 aux accusations formulées par le gouvernement Talon, à l’encontre de Laurent Mètongnon. Lors d’une conférence de presse animée au siège du PCB, Philippe Noudjenoumè, premier secrétaire du PCB a levé lève un coin de voile sur le contexte dans lequel cette affaire est soulevée.

Selon lui, Laurent Metongnon est aujourd’hui la cible du gouvernement parc qu’il a fait la critique sérieuse et nette du premier projet de budget du pouvoir de Talon dont on connait aujourd’hui avec sa réduction en catimini de plus de tiers; il a fait la critique des marchés gré à gré montrant la gloutonnerie du pouvoir actuelle.

« Qu’est ce qui oblige le ministre des finances à devoir intervenir sur un dossier dont on dit qu’il est désormais aux mains de la justice par le garde des sceaux ? Si ce n’est sur injonction du nouveau César Patrice Talon ? Et essayer de répondre aux nombreuses protestations contre la décision gouvernementale ? »

Philippe NoudjenoumèPrésident du parti communiste du Bénin (PCB)

Aussi, a-t-il rappelé les propos du ministre des finances, Romuald Wadagni selon lesquels « l’organisation des opérations de placement exige que la direction générale et le conseil d’administration et son président valide » avant de répliquer : « c’est la direction générale qui a l’initiative de placement de l’argent dans les institutions bancaires ». A l’en croire, au sein du conseil d’administration, toutes les voix s’équivalent sans prépondérance de celle du président et en examinant toutes les décisions d’autorisation de placement prises par le conseil d’administration, on voit la signature de tous les administrateurs présents. Dans la foulée, Gustave Assah, Président de l’Ong Social Watch, et Léhady Soglo, ancien maire de la ville de Cotonou ont dénoncé une lutte sélective contre la corruption.

Le FSP dévoile les dessous d’un procès politique

Selon le point fait par , le front pour le sursaut patriotique (FSP) à la faveur d’une conférence de presse, « le camarade Laurent Metongnon qui a reçu la convocation de la Bef la veille après 19 heures s’est présenté dès 9 heures 30 minutes pour les auditions prévues pour 10 heures décidé et déterminée à affronter et confondre tous les comploteurs fabriqués par le pouvoir de Talon dans ce dossier juridiquement vide ». A en croire Jean Kokou Zounon, porte-parole du FSP, après ses dépositions entre 11 heures et 12 heures assisté de cinq (05) avocats, la police fera attendre  Laurent Metongnon pendant des heures avant de lui signifier qu’il sera confronté tard dans la nuit au DG de la BIBE, Monsieur Boko.

Il s’agit selon lui d’une accusation fabriquée de toutes pièces par le pouvoir de Patrice Talon et publiée en conseil des ministres en termes de commissions occultes de 71 millions et pour placement de 17,5 milliards de franc CFA. Aussi, était-il revenu sur le témoignage du Dg de la BIBE qui dit avoir envoyé des sous par personnes interposée sans décharge.

Selon lui, dans le fond, “toute l’accusation fabriquée par Talon et son gouvernement” et publiée en conseils des ministres pour placement hasardeux de 17, 5 milliards en vue de commissions occultes se résume à 2,5 millions envoyés sans décharge et en quatre tranche par personnes interposées. L’homme n’a ménagé aucun effort pour fustiger « la nature autocrate , prédatrice et mafieuse du pouvoir Talon prêt à fabriquer de faux dossiers contre les opposants démocrates et patriotes ».

Un dossier vide selon le collectif des avocats de Laurent Metongnon

Selon Maitre Aboubacar Baparape, trois éléments devrait permettre la mise en liberté immédiat de Laurent Metongnon. Il s’agit de la contradiction entre les propos de l’ex Directeur Général et les affirmations du conseil des ministres. A l’en croire, de 71 millions annoncé par le conseil des ministres, le montant de la commission est passée à 2.500.000 accompagné d’un pack de champagne.

Selon les avocats des mises en cause, des documents prouvent qu’au moment où les placements se faisaient, la BIBE n’avait aucun problème et ne présentait aucun signe de faillite. Le troisième élément primordial selon les avocats de la défense, c’est l’audition du supposéz personne interposée  qui aurait convoyé les 2.500.000 et le parc de champagne à Laurent Metongnon. Ce dernier a avoué « n’avoir jamais reçu un seul franc de la part de l’ex DG de la BIBE pour le transmettre à Laurent Metongnon ».

Metongnon gardé à vue puis placé sous mandat de dépôt

« Laurent Metongnon et Youssao Aboudou ex Dg du budget par intérim déposés sous mandat de dépôt. Ils comparaissent le 19 Décembre 2017 pour flagrant délit » c’est la décision prononcée par le procureur du tribunal de première instance de première classe de Cotonou le jeudi 23 novembre 2017. Pour rappel, convoqué devant la Brigade Economique et Financière (BEF), le Vendredi 17 novembre, Laurent Mètongnon fut gardé à vue suite à l’audition et à la confrontation avec le directeur général de la BIBE.

En effet, ils ont été reçus par le procureur de la République et les observations qui s’imposent ont été faites par les avocats. Au total, une douzaine d’avocats ont défendus les mis en cause devant 5 magistrats du parquet.  Plus de 500 militants des organisations politiques, sociales et syndicales membres du Front pour le Sursaut Patriotique ( FSP ) attendaient dans l’enceinte du tribunal. Jean Kokou Zounon, Kassa Mampo, Léonce Houngbadji et d’autres leaders du Front étaient également sur les lieux.

Des vagues d’indignation après la décision

Notons que du procureur a suscité une vague d’indignation dans les rangs des avocats des mises en causes. Selon ces derniers, dans le fond, le dossier est vide parce que la preuve n’a pas été rapportée que les montants ont été remis à leurs clients et donc en l’absence de preuve, on ne devait aller plus loin; encore moins les mettre sous mandat de dépôt. « A la rigueur, on aurait pu les poursuivre; on aurait pu décider d’un non-lieu  ou les poursuivre sans mandat. Mais le fait aujourd’hui de les poursuivre avec mandat et déposé dans des conditions aussi rocambolesques sont vraiment regrettables pour un Etat de droit » s’est indigné, maître Ibrahim Salami, membre du collectif d’avocat de la défense.

En attendant la nouvelle comparution des mises en cause le 19 novembre 2017, la Confédération Syndicale des Travailleurs du Bénin (CSTB ) annonce une grève de 48 heures pour les mercredi 29 au jeudi 30 novembre 2017.

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