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Gestion déléguée du PAC : Le gouvernement fonce malgré tout

 Le gouvernement Talon a décidé de confier la gestion du Port autonome de Cotonou (Pac) à un privé pour des résultats, évoque-t-il, plus probants. Mais cette réforme est dénoncée par les travailleurs de la maison regroupés au sein du Syndicat des travailleurs du port autonome de Cotonou (Syntrapac). Malgré les dénonciations, le gouvernement Talon fonce toujours tête baissée.

 Le Port autonome de Cotonou sera bientôt dans les mains d’un délégataire pour une gestion « plus efficiente » des ressources de cette structure qui est d’ailleurs le poumon de l’économie nationale béninoise. Cette décision émane du Chef de l’État, Patrice Talon qui s’est engagé dans le processus sans pour autant tenir compte de ce qui découlerait de cet acte qu’il s’apprête à poser.

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Il y a quelques jours, le Président de la République avait eu une séance de travail avec les acteurs travaillant au Port autonome de Cotonou afin de leur exposer cette mesure de délégation de gestion à un privé du port. Au cours de cette rencontre, les débats ont été houleux et un protocole d’accord, contrairement à la volonté du président de la République, n’a pas pu être signé et les amendements, que devront apporter les syndicalistes pour la désignation de ce délégataire, n’ont pas été non plus réalités.

 Une situation qui avait embarrassé le premier des Béninois qui n’avait pas digéré la décision des syndicalistes de vouloir se référer à leur base avant toute suite à donner au document. 

En clair, la réunion de travail de ce vendredi 24 novembre 2017 avait accouché d’une petite souris. Mais comme à son habitude, la direction de communication de la présidence du Bénin a procédé, dès lundi qui a suivi cette rencontre, à une campagne médiatique annonçant l’accord total et sans condition des syndicalistes du port pour la signature de cet accord de désignation d’un délégataire au port.

Une communication qui a remonté ces derniers qui, au cours de leur conférence de presse tenue le mardi 28 novembre 2017, ont dénoncé ce qu’ils appellent de la trahison et de la duperie.

Une nouvelle ruse du gouvernement Talon dans un dossier du genre ?

Tout porte à le croire étant donné que ce gouvernement est coutumier des faits. Le cas de la sortie du ministre d’État chargé du plan et du développement dans le cadre des négociations avec le collectif des syndicats du secteur de la santé en est une illustration.

Suivant la déclaration des syndicalistes du port autonome de Cotonou, le gouvernement est en passe de violer les dispositions statutaires de l’Ohada en optant pour cette mode de gestion d’une structure du genre.

L’article 485 de l’Ohada stipule que le directeur d’une telle société devrait être  désigné par le conseil d’administration et doit être une personne physique. Alors qu’en posant cet acte, le gouvernement Talon mettra dans la main d’une personne morale, la structure et ceci, contre les lois et textes en vigueur en la matière. Les acteurs du port ont également dénoncé, lors de leur sortie, beaucoup d’autres irrégularités qui entraveront l’économie nationale et mettront à mal le fonctionnement interne de la société qui avait été déjà dépouillée de beaucoup de ses services que gère depuis peu la société Bénin control à travers le Programme de vérification des importations (PVI-Nouvelle génération).

Mais tout porte à croire que ces dénonciations, ces cris de gueule ne sont que de l’eau jetée sur le dos du canard puisque le gouvernement Talon semble rester droit dans ses bottes et n’entend reculer devant rien.

« Vous n’avez pas le droit de définir la politique ni de décider des réformes au niveau du port. Vous êtes des employés de l’État et devez-vous conformer à la volonté de cet État »,

avait clairement signifié le Chef de l’État béninois, Patrice Talon lors de sa rencontre avec les acteurs du port ce vendredi 24 Novembre 2017.

Dans un langage franc, sans ambivalence, le Président de la République a fait savoir à ces syndicalistes que « cette réforme sera engagée et tenue avec ou sans leur amendement des textes ». Une telle déclaration prouve que le gouvernement ne veut aucunement  reculer. Selon les indiscrétions, la société qui sera désignée pour cette délégation serait déjà connue et les échanges ont tellement évolué dans ce sens.

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