RDC / Assassina d’experts de l’ONU : RFI et Reuters révèlent de nouveaux éléments de preuves

Le 12 mars 2017, deux experts de l’ONU, l’américain Michael Sharp et la Suédoise Zaida Catalan, trouvaient la mort en RDC alors qu’ils participaient à une mission pour le compte de l’organisation internationale, non loin de Bunkonde, dans la province du Kasaï Central. Le 26 juillet 2017, en plein procès des assassins présumés, il a été révélé par l’auditeur militaire, le lieutenant-colonel Jean Blaise Bwamulundu Guzola, l’existence d’un « un flash disk de plus de 10 Giga » contenant des relevés téléphoniques des appels et messages émis et reçus.

La défense avait exigé  immédiatement et obtenu gain de cause, qu’un expert en télécommunications soit entendu pour présenter à la cour l’analyse de ces relevés téléphoniques. Cependant, selon RFI, l’expert n’est jamais venu et les avocats des douze miliciens accusés affirment toujours attendre d’avoir accès à ces fadettes dont la divulgation publique, de l’opinion même de l’auditeur militaire très en verve ce jour-là, pourrait mettre en fuite les commanditaires du meurtre.

La découverte

Après avoir creusé plus profond dans le dossier, RFI et l’agence de presse Reuters sont tombés sur ces fameux documents et ont pu les consulter. Il s’est avéré selon ces médias que depuis le début du procès des présumés assassins, aucun des individus auxquels ces numéros « sensibles » appartiennent n’a comparu et que des agents de l’État congolais et affiliés ont participé à l’organisation de la mission ; ce qui n’avait pas été mentionné pendant tout le temps de ce procès fleuve.

Après que les journalistes d’ RFI et de Reuters aient consulté les fadettes, plusieurs noms bien connus pour certains et moins pour d’autres sont révélés au grand jour. On y retrouve par exemple le chef de milice Vincent Manga, jugé par contumace pour ce meurtre ou encore les principales figures de l’opposition dans la province, dont deux députés, Clément Kanku et Martin Kabuya, accusés dans les médias, mais aussi quatre agents de l’État et affiliés : deux colonels de l’armée congolaise, un « informateur » de l’ANR et un ancien agent.

Cependant, le gouvernement congolais dément depuis le premier jour avoir été informé de la mission des deux experts. Mais les documents consultés par RFI et Reuters pourraient complètement changer la donne et accabler des personnalités au plus haut sommet. Cette nouvelle révélation relance le procès qui a déjà duré plusieurs mois et pourrait voir comparaître d’autres témoins ou accusés.

 

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