Contestation populaire, répressions violentes, critiques américaines… le régime iranien sous l’orage

Cette fin d’année 2017 restera historique dans la mémoire du régime iranien. Entamée  jeudi 28 décembre à Machhad, dans le nord-est de l’Iran, la contestation a pris de l’ampleur après quatre jours de manifestations.

Des milliers de personnes étaient dans la rue, le plus grand mouvement de protestation contre le pouvoir depuis 2009.

Au début du mouvement, les autorités surement surprises par les manifestations avaient déclaré que « les manifestations étaient illégales mais que la police s’est montrée tolérante ». Mais après cette surprise des premiers jours, le pouvoir iranien a réagi, parfois avec violence, face aux manifestations qui ont touché par la suite de nombreuses villes de province et dans une moindre mesure la capitale Téhéran. Un défi pour les gardiens de la Révolution, qui avaient supervisé la répression brutale du soulèvement de 2009 contre la réélection du président conservateur Mahmoud Ahmadinejad.

Au cri de : « Mort au dictateur ! »  ces iraniens manifestent contre le pouvoir du président Rohani. Ils attaquent des bâtiments publics, brûlent des drapeaux iraniens. La colère d’une population touchée par la pauvreté dans un pays asphyxié par les sanctions économiques internationales. « Les gens manifestent parce qu’ils sont sous pression économique. Le gouvernement doit être responsable face à la montée de l’inflation à la pauvreté », déclare un manifestant.

Mais s’il a réussi à maîtriser l’inflation à moins de 10% quand elle atteignait jusqu’à 40% sous son prédécesseur l’ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad, le taux de chômage demeure élevé, à 12%, selon des chiffres officiels.

Répressions violentes, des manifestants tués

Le président Rohani, tout en rejetant les violences, a tenté de calmer les esprits en affirmant qu’il fallait créer des espaces pour permettre aux gens d’exprimer leurs critiques et même manifester légalement. Mais malgré l’appel au calme du président Hassan Rouhani, les contestations ont continué. Au moins 12 personnes sont mortes depuis le début des manifestations jeudi. Jusqu’à 400 personnes auraient été arrêtées, dont 200 à Téhéran samedi soir.

Le ministre de l’Intérieur a lancé une mise en garde contre ceux qui utilisent la violence et créent des désordres en affirmant qu’ils allaient payer pour leurs actes. De même, le gouvernement a limité l’accès aux réseaux sociaux pour empêcher les manifestants et les groupes d’oppositions basés à l’étranger de les utiliser pour appeler à des rassemblements.

Au-delà de simples manifestations, les signes d’une « révolution » en gestation

D’abord organisés pour protester contre la hausse des prix dans un pays où l’inflation annuelle atteint les 8%, les rassemblements ont pris une tournure politique, fait rare en Iran. Des slogans visant les mollahs, le président Rohani ou le guide suprême de la Révolution, l’ayatollah Ali Khamenei, ont pu être entendus. « Ayez honte, les mollahs, laissez ce pays tranquille », a-t-on notamment entendu sur ces vidéos.

D’après certains enregistrements, des manifestants ont même brisé un tabou en rendant hommage au roi Reza Shah, au pouvoir entre 1925 et 1941 et dont la dynastie a été renversée par la révolution de 1979 qui a abouti à l’avènement de la République islamique conduite par l’ayatollah Ruhollah Khameini.

« Les régimes oppresseurs ne peuvent perdurer à jamais » Donald Trump

Le président américain Donald Trump a réitéré samedi 30 décembre ses avertissements en direction du pouvoir iranien.

« Le monde entier comprend que le bon peuple d’Iran veut un changement, et qu’à part le vaste pouvoir militaire des Etats-Unis, le peuple iranien est ce que ses dirigeants craignent le plus », a écrit M. Trump dans un premier tweet, reprenant des extraits de son discours du 19 septembre à l’Assemblée générale des Nations unies.

« Les régimes oppresseurs ne peuvent perdurer à jamais, et le jour viendra où le peuple iranien fera face à un choix », a poursuivi le président américain dans un deuxième tweet, ajoutant: « Le monde regarde! ».

Le vice-président américain Mike Pence a joint sa voix à ces mises en garde samedi dans la soirée. « Le temps est venu pour le régime de Téhéran de mettre fin aux activités terroristes, à la corruption et à son mépris pour les droits de l’Homme », a-t-il dit.

Et la porte-parole de la Maison Blanche, Sarah Sanders, a averti: « Les jours où l’Amérique détournait les yeux de l’oppression exercée par le régime iranien sont terminés. L’Amérique est avec le peuple iranien ».

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