Congrès ordinaire des FCBE : le PLP affirme l’échec de la rupture et lance un appel au rassemblement

La ville de Parakou abrite ce jour l’une des plus grandes activités politiques en ce début d’année. Il s’agit du 2ème congrès ordinaire de la plus forte Alliance politique de ces dix dernières années qui a réuni militants sympathisants et autres acteurs politiques.

Au nombre des formations politiques invitées à cette grande messe des Forces Cauris pour Un Bénin Émergent (FCBE) se trouve le Parti pour la Libération du Peuple (PLP). A l’occasion , le Président du PLP à travers le Secrétaire Général du Parti a délivré un message qui appelle à la conscience collective pour sauver la démocratie qui selon lui est en danger sous le régime actuel.

Extraits Discours du Président du Parti pour la Libération du Peuple (PLP), Léonce HOUNGBADJI, lu par le Secrétaire Général, Cécil Ahouélété ADJEVI

« … Je veux m’arrêter une seconde avec vous sur la profondeur, la gravité, le niveau d’exigence que la crise que traverse notre pays depuis bientôt deux ans attend de nous. Voyez-vous, nous sommes un pays qui a connu la gloire et le rayonnement. Mais nous rencontrons aujourd’hui toute sorte d’épreuves, de crises, de menaces, de nuages noirs. Ces crises laissent, hélas, notre pays exsangue physiquement et blessé moralement… »

« … Il y a actuellement une inquiétude profonde dans le cœur et l’esprit des Béninois. Parfois, je me pose la question de savoir la Constitution que le chef de l’Etat applique : celle du 11 décembre 1990 ou celle bâtarde du 4 avril 2017 jetée à la poubelle ?… »

« … La présomption d’innocence fait progressivement place à la présomption de culpabilité. De sorte qu’un simple rapport d’audit, indépendamment de toute procédure contradictoire, peut faire de n’importe quel indésirable du régime un dangereux criminel livré à la vindicte populaire parfois avec le soutien des comptes rendus de conseils des ministres… »

« … Je veux dire ceci, singulièrement aux jeunes, si nombreux ce matin à Parakou, aux étudiants, aux jeunes travailleurs, aux producteurs, aux commerçants si nombreux et sans oublier nos braves et belles mamans : il n’y a de combats qui vaillent que ceux de la résistance du peuple meurtri. Il n’y a de combats qui vaillent que ceux qui refusent l’ordre établi dans l’injustice et l’arbitraire. Il n’y a de combats qui vaillent que ceux qui amènent le Bénin vers le progrès et non ceux qui prennent tout le pays comme leur héritage avec des privilèges exceptionnels… »

« …C’est la première fois, depuis longtemps dans notre histoire, que nous rencontrons toutes les crises du Bénin en même temps : crise économique, crise sociale, crise politique, crise sociétale, crispation du pays, interrogation sur ses valeurs, interrogation de chaque famille sur l’emploi, interrogation des familles sur l’éducation des enfants et la sécurité. En gros, une profonde crise de confiance. Tant et tant de Béninois vivent très mal et les classes moyennes, qui, jusqu’alors, avaient pu, normalement, obtenir un niveau de vie de qualité, tout d’un coup, se sont vues en difficulté pour simplement maintenir ce niveau de vie. Hier, ils faisaient des économies ; aujourd’hui, ils ont du mal à arriver à la fin du mois… »

« … La vraie identité du Bénin, c’est la Liberté, l’Egalité, la Justice et la Fraternité. La vraie identité du Bénin, c’est l’adhésion que nous avons consentie, chacun d’entre nous, en devenant enfants de la République et je ne confonds pas la vraie identité du Bénin avec les signes extérieurs de cette identité. Le président Patrice Talon ne les honore pas, ne les respecte pas, mais les confond l’un avec l’autre… »

« … Je ne crois pas à la société des riches que le président Patrice Talon présente devant nous, jour après jour, presque heure après heure qui est une société injuste qui se caractérise, en tout cas, par sa dureté ; une société dans laquelle les favorisés du régime ont toute latitude de transmettre à leurs progénitures, qu’elles aient du mérite ou pas, les fortunes acquises par ruse et rage ; une société enfin dans laquelle le bouclier fiscal est décidé pour exonérer les amis et proches partenaires d’un certain nombre de contributions fiscales dont on laisse la charge aux classes moyennes… »

« …Je m’insurge contre cette société dans laquelle on accable, peut-être à juste titre, les petits fraudeurs de ticket de marché, mais dans laquelle les alliés politiques parmi les plus criminels bénéficient de la grâce du prince. Nous aspirons à une société dans laquelle petits fraudeurs comme grands fraudeurs sont astreints à la même justice… »

« …Je pense à tous ceux qui vivent en permanence cette terreur imposée. Je prétends que l’on a besoin, dans notre pays, de faire baisser les tensions entre Béninois, d’apprendre, aux uns, à comprendre les autres et, aux autres, à respecter les uns. Nous avons besoin de nous rapprocher les uns des autres et non de nous affronter mutuellement comme l’encourage le pouvoir de Talon… »

« … Je choisis, pour reconstruire le Bénin, le dépassement pour le rassemblement des Béninois. L’appel au Rassemblement de toutes les forces politiques acquises pour le Bénin uni, libre, juste et prospère que je viens de lancer depuis Parakou est un grand espoir pour le Bénin… »

« … je souhaiterais vivement qu’à l’issue de ce congrès, l’Alliance FCBE puisse prendre des résolutions conséquentes. Soyez unis et solidaires. Tendez la main à tout le monde, même à ceux qui sont déjà partis. Beaucoup de ceux qui vous ont lâché n’ont pas encore trouvé de nattes ou de tabourets pour s’asseoir. Ils sont encore debout, errant dans la cour de la Rupture qui les méprise royalement. Vous pouvez humblement encore les récupérer. N’oubliez personne. N’excluez personne. Ne minimisez personne. N’injuriez personne. Ne répondez à aucune provocation. Rassemblons-nous pour le Bénin. Nul ne sera de trop. Que chacun fasse son examen de conscience. Laissez les intérêts de factions et de carrière et les arrière-pensées de tous ordres l’emporter sur la grandeur et la cohérence du projet que nous portons pour le Bénin est un suicide collectif… » « … Formons ensemble, une équipe dense, solide, une équipe d’expérience, de femmes et d’hommes qui n’ont jamais craint le combat. La finalité de notre action commune est la mise en place d’une politique aux antipodes des vieux clivages en nous affranchissant de toutes les querelles qui arrièrent notre pays et maintiennent nos populations dans l’ignorance, l’analphabétisme et la misère. C’est en nous fondant sur ces valeurs, sur un mode d’engagement rénové, sur notre cohérence et notre volonté d’agir et de réussir ensemble, que nous allons arracher notre pays des mains des pilleurs, affameurs, prédateurs et assassins de la démocratie. C’est ensemble que nous allons barrer la route aux fossoyeurs de notre jeune démocratie et de nos institutions pour des intérêts insoutenables. Ma conviction est que nous pouvons, par le renouvellement aussi bien des idées que des individus qui les portent, transformer notre classe politique complètement dévoyée et notre société en grande crise de repères. J’ai aussi la conviction profonde que, de partout, venus de tous les milieux sociaux, des millions de Béninois ont envie que la gouvernance actuelle change. Ils vont l’imposer ce changement, que les appareils actuels de Patrice Talon le veuillent ou pas… » « …En République, on ne fait pas souffrir la démocratie et l’Etat de droit, on ne vassalise pas les institutions de la République, on ne les humilie pas, on n’appauvrit pas les pauvres, on ne vole pas l’Etat avec arrogance, on ne radie pas des fonctionnaires de l’Etat pour leurs opinions, on emprisonne pas des opposants pour leurs choix, on ne fait pas exiler des voix critiques, on ne fait pas du chantage à ceux qui refusent de chanter l’hymne de la ruse et de la rage avec des audits ciblés et des poursuites judiciaires totalement politiques, on ne persécute pas les créateurs de richesses et d’emplois que sont les opérateurs économiques… » « … Le régime Talon a échoué. Oui, Talon et son gouvernement flottant ont échoué. Il n’y a plus d’espoir avec ce régime. « La rupture », « Le nouveau départ », « Le Bénin révélé », c’est fini. Tout est déréglé. « L’homme d’affaires insaisissable qui a surgi brutalement de l’ombre pour les feux de la rampe sous la présidence Yayi, ‘’compétiteur né ‘’ auto- proclamé, se révèle au fil de son mandat, tel qu’en lui-même : ombrageux, autoritaire, teigneux, colérique, condescendant, mégalomane et omniscient. Peu enclin à supporter la contradiction. Il donne l’impression de tout savoir sur tout mais en réalité, il ne connaît du pays que ce qu’il perçoit par le petit bout de sa lorgnette d’homme d’affaires obsédé par le profit». Cet extrait de l’éditorial du journaliste Vincent FOLLY dans le journal « La Nouvelle Tribune » du vendredi 09 février 2018 résume effectivement la personnalité du chef de l’Etat… » « … Notre pays coule. Allons donc rapidement aux assises nationales pour redresser le pays ou chassons les prédateurs par tous les moyens démocratiques. Personne ne viendra sauver le Bénin à notre place. C’est notre responsabilité de faire barrage à l’imposture et le PLP jouera pleinement et convenablement le rôle qui est le sien dans la défense des intérêts de la patrie, quel que soit le prix à payer. Je saisi cette occasion pour rappeler la désignation et l’installation sans délai des membres devant siéger au sein du COS-LEPI pour l’actualisation de la liste électorale. Que cela soit clair : Sans Lepi, pas d’élections en 2019 au Bénin… » « … Les choses peuvent se passer autrement, si le président pense moins à lui-même comme il en a l’habitude, et retourne vers les fondamentaux de la gouvernance. Les Béninois souhaitent que le gouvernement opère moins de soustraction dans les acquis positifs, mais se tourne vers l’amélioration de leur quotidien et une planification objective pour leur avenir. Cela passe par plus de démocratie, plus de respect des textes, plus de social, plus de République, et moins d’enrichissement personnel, plus de Béninois et moins de Talon, plus de posture respectueuse de la misère des Béninois, et moins de bling-bling, plus de présence auprès des Béninois et moins de séjours onéreux à Paris et à Abidjan. Plus d’entreprises béninoises qualifiées, moins de prête-noms, plus d’égalité des chances, moins de concours de recrutement frauduleux, plus d’indépendance de la justice, et moins de manipulations, plus d’excellence et moins de népotisme, moins de fermeture d’organes de presse critiques et plus de liberté. Autrement, les Béninois sortiront de ce quinquennat comme on sort d’une relation amoureuse abusive : déçus, fortement marqués, et insensibles… »

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