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Bénin – fronde sociale: le message mal compris du Président Talon aux travailleurs

Le Bénin est secoué depuis plusieurs mois par une grève perlée. Les rencontres de négociations des responsables des centrales et confédérations syndicales avec la délégation gouvernementale au sein de la commission nationale permanente de concertation et de négociation collective  gouvernement centrales syndicales n’ont pas permis aux deux camps de trouver un terrain pour une sortie de crise.

En bon père de la nation, le chef de l’Etat,  Patrice Talon a pris l’initiative de rencontrer en personne les représentants des travailleurs. Unerencontre qui a eu lieu le mardi 06 février 2018 dans la salle du peuple de la présidence de la République.

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Au cours de cet échange avec les responsables syndicaux, le chef de l’Etat béninois, Patrice Talon, a adressé une série de messages aux secrétaires généraux des centrales et confédérations syndicales. Des messages qui n’ont peut-être pas été  compris ou bien peu perçus par les représentants des travailleurs.

En conséquence, les espoirs suscités par l’annonce de la rencontre du numéro 1 béninois avec les secrétaires généraux des centrales et confédérations syndicales n’ont pas donné les fruits miroités par la promesse des fleurs.

Et pourtant, pour ceux qui savent lire entre les lignes, le Président béninois est bien disposé a donné suite aux revendications des travailleurs mais pas au prix de mettre en difficulté la réalisation des réformes dont l’aboutissement est gage du bien-être de tous les béninois.

Tout en ayant à cœur les revendications des travailleurs qui trouveront à plus ou moins long terme satisfaction à leurs revendications avec des issues favorables, le chef de l’Etat ne peut pas accorder tout de suite ces avantages vue les réformes en cours et la situation économique sous régionale du moment. Selon le Président Patrice Talon, un gouvernement responsable ne peut pas prendre des engagements dont les impacts négatifs futurs sont évidents.

Il paraît très clairement que par cette position, le Président Talon entend faire comprendre aux travailleurs qu’il donnera suite à leur revendication corporatiste lorsque les conditions seront plus favorables pour le faire tout en réalisant des projets socio-communautaires pour l’intérêt de la grande majorité qui contribue pourtant dans la cagnotte sans pour autant en bénéficier autant.

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Le deuxième message que le chef de l’Etat avait probablement voulu transmettre aux secrétaires généraux des centrales et confédérations syndicales au cours de l’entretien qu’il a tenu avec eux est de les inciter à travailler davantage  pour permettre à l’Etat de mobiliser les ressources nécessaires susceptibles de permettre au gouvernement d’avoir ce qu’il faut pour satisfaire selon les possibilités de l’Etat ce qui peut être satisfait dans la plateforme revendicative des travailleurs.

« Je suis conscient que nous ne travaillons pas assez », avait affirmé le chef de l’Etat comme pour inviter ses interlocuteurs à se rendre plus productifs pour permettre à l’Etat d’améliorer leur condition de travail et d’existence.

Le troisième message qu’il est loisible de retenir dans les propos du chef de l’Etat, est une invite aux travailleurs de faire en sorte que les ressources de l’Etat puissent bénéficier à tous les béninois surtout les plus vulnérables qui n’ont rien et qui ne sont pas en position de réclamer quoi que ce soit.

Cet appel à une justice sociale au profit de tous  n’est possible que lorsqu’ en dehors de ce que les huit (8) millions de Béninois pauvres cotisent dans la caisse de l’Etat, les travailleurs de l’Etat réduisent les grèves et travaillent assez pour favoriser l’amélioration des conditions de vie de chaque citoyen béninois.

Enfin, le quatrième message que le chef de l’Etat a adressé au responsables syndicaux est qu’il n’y a pas les moyens pour faire suite aux exigences des travailleurs. « Nous n’avons pas les moyens, on fait quoi? » s’est interrogé le chef de l’Etat.

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Face à ces messages à l’endroit des travailleurs, il semble que la sortie de la crise qui secoue le Bénin actuellement ne saurait être conditionnée à la satisfaction totale des revendications des travailleurs mais beaucoup plus d’ouverture et de sincérité dans les débats afin que les travailleurs comprennent autrement la situation actuelle du pays qui nécessite des sacrifices de part et d’autres.

Il serait peut-être donc nécessaire pour ces travailleurs de repenser à leur position afin de mettre un terme au bras de fer actuel qui ne fait que creuser l’abîme de la fragilité économique que traverse le Bénin. Ce serait un acte citoyen et patriotique.

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3 commentaires

  1. ON FAIT QUOI? Rendre publique le décret qui fixe le salaire des ministres, président et consorts en répondant à la cour constitutionnelle.
    Prendre un décret pour réduire lesdits salaires en faisant la moyenne depuis les présidents SOGLO et YAYI.
    Reprendre les négociations et payer les defalcations.
    Présenter les excuses publiques à la corporation.

  2. je salue l’initiative et je félicite toutes celles et tous ceux qui font ce travail qui consiste à nous informer sans relâche et au quotidien. Que Dieu vous accompagne à toujours donner la vraie information au peuple. Merci

  3. Bonjour.
    Je suis d’accord de l’analyse faite.
    Moi principalement, je pense qu’il est temps de demander aux travailleurs surtout enseignants des comptes.
    Je me pose une question.
    Quand l’état accorde des satisfactions aux revendications des enseignants, quel est le retombé sur le niveau des apprenants ?
    Je crois qu’il est nécessaire de demander aux enseignants de produire un projet de retour sur investissement.
    Je m’explique, si on améliore les conditions de vie des enseignants, on doit sentir une amélioration dans la qualité de travail. Et des indicatifs doivent être élaborés pour l’analyse.
    Juste un point de vue.

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