Bénin : le Front d’action des syndicats de l’éducation appelle à la poursuite de la grève

Le Front d’action des syndicats de l’éducation n’en démorde pas malgré l’appel solennel et patriotique du gouvernement pour mettre fin à la fronde sociale.

A la faveur d’un point de presse tenu le 15 mars 2018, le Front d’action des syndicats de l’éducation, saluant la mobilisation des enseignants pour suivre les motions de grève malgré les intimidations du gouvernement, a fait observer que la plateforme revendicative, objet de la grève, n’a pas encore réellement retenu l’attention du gouvernement du Président Talon.

A cet effet, prenant acte de l’échec des négociations entre le gouvernement et les centrales et confédérations syndicales, le Front d’action des syndicats de l’éducation a exhorté les enseignants à poursuivre inlassablement le mot d’ordre de grève de 96 heures tacitement reconductible toutes les semaines jusqu’à satisfaction totale de leurs  légitimes et incompressibles revendications.

En tout état de cause, le Front d’action des syndicats de l’éducation rend responsable le gouvernement du président Patrice Talon des déconvenues qui découleraient de son entêtement à satisfaire la plateforme revendicative du Front. Lire l’intégralité du point de presse du Front.

POINT DE PRESSE

Au nom du Bureau Exécutif National du Front, nous remercions tous les Enseignantes et Enseignants du Bénin pour la mobilisation et la discipline dont ils ont fait preuve depuis le démarrage de la grève en cours malgré la diabolisation et l’infantilisation dont ils continuent de faire l’objet de la part du Gouvernement. Dans tous les cas, la lutte se poursuit et la victoire est certaine.

Mesdames et messieurs les journalistes, du démarrage de la grève à ce jour, beaucoup de choses se sont passées et les intoxications aussi allaient bon train. Le présent point de presse vise à faire certaines clarifications afin que la poursuite du mouvement ne souffre d’aucune faille.

I- De l’échec des dernières négociations Gouvernement/Centrales et Confédérations syndicales

Le dernier round des négociations Gouvernement/ Centrales et Confédérations syndicales tenu le 14 mars 2018 à I’INFOSEC de Cotonou était pour tous les acteurs de l’école béninoise et du peuple tout entier la rencontre de la dernière chance. Mais contre toute attente, elle s’est soldée par un échec cuisant. En effet, les propositions dites alléchantes du Gouvernement se présentent comme suit :

  • Les diverses primes et allocations proposées au titre de six (06) arrêtés d’application des statuts particuliers des enseignants de la Maternelle, du Primaire et du Secondaire s’élèvent à un montant annuel de vingt-huit mille (28.000) francs CFA pour les plus gradés, soit 2.333 FCFA par mois ;
  • L’indexation des salaires prévue dans nos différents statuts particuliers ne semble aucunement préoccuper le Gouvernement.

En fait, sur cette question, il est resté carrément muet ; Les autres points n’ont fait l’objet d’aucune attention sérieuse. A ce tableau triste et révoltant, s’ajoute le refus catégorique du Gouvernement de procéder à la rétrocession des défalcations sauvages et arbitraires illégalement opérées sur les salaires. Aucun relevé de conclusions n’a pu être signé. Le ministre d’Etat a alors tiré la triste conclusion de l’échec des négociations.

II- Du degré de satisfaction des revendications objet de la motion de grève du Front 

Un regard jeté sur la motion de grève en cours prouve éloquemment que les revendications ne sont pas du tout satisfaites :

  • L’indexation des salaires et la signature des arrêtés d’application des statuts particuliers n’ont finalement pas abouti ;
  • Les problèmes relatifs à la carrière n’ont connu aucune avancée significative. A ce niveau, il faut rappeler que :
  1. Près de 2000 enseignants de la Maternelle et du Primaire demeurent sans salaire depuis 10 ans ;
  2. Des milliers d’enseignants attendent leurs arrêtés de mise en formation, leurs premiers contrats ou leurs contrats révisés, leurs actes de reclassement, d’avancement et de promotion ; certains attendent encore la fin de leurs formations, leurs reversements en ACE ou en APE ; d’autres attendent impatiemment la régularisation de leur situation salariale. C’est dans ce contexte combien malheureux que le ministre de l’Economie et des Finances a, par note de service, ordonné la suspension des avances sur solde aux enseignants qui ne gagnaient que 33.000 FCFA par mois, les plongeant ainsi dans une situation de dépendance et de déchirure morale ;
  3. La question du retour en formation des enseignants ayant déjà passé trois (03) ans dans le Corps des Professeurs Adjoints pour l’obtention du CAPES et du CAPET continue de faire objet de dilatoire ;
  4. La formation des Conseillers Pédagogiques du 2nd degré n’est réduite qu’à son lancement officiel le 11 septembre 2017. Volonté de former ou Ruse ?
  5. Quant aux 45.000 enseignants vacataires, ils sont sans salaire depuis décembre 2017. De plus, la revendication relative à la signature de l’arrêté les régissant est restée sans suite. Pendant ce temps, le recrutement massif dans la fonction publique est rangé aux oubliettes.
  6. Le problème de la coordination entre la CNSS et le FNRB est également resté sans suite.

III- De la position du Front par rapport à la suite du mouvement 

De tout ce qui précède, il apparaît clairement que la plateforme revendicative objet de la grève du Front n’a pas encore réellement retenu l’attention du gouvernement dit de la rupture.

En conséquence le Front d’Action des Syndicats de l’Education :

  • prend acte de l’échec des négociations entre le Gouvernement et les Centrales et Confédérations syndicales ;
  • félicite les militantes et militants pour leur détermination sans faille malgré les multiples menaces et intimidations puis la torture morale dont ils ont été victimes depuis deux mois ;
  • exhorte les enseignantes et enseignants à poursuivre inlassablement le mot d’ordre de grève de 96 heures tacitement reconductible toutes les semaines jusqu’à satisfaction totale de nos légitimes et incompressibles revendications.

En tout état de cause, le Front rend responsable le Gouvernement du Président Patrice TALON des déconvenues qui découleraient de son entêtement à satisfaire la plateforme revendicative du Front.

Vive le syndicalisme au service du développement ! Vive le Front d’Action des Syndicats de l’Education !
Seule la lutte paie !
Fait à Cotonou, le jeudi 15 mars 2018
Les Porte-parole

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