Bénin – Rachat de la dette intérieure : le PLP exprime ses inquiétudes

Le rachat de la dette intérieure du Bénin engagée par le gouvernement du Président Patrice Talon ne laisse pas indifférent le Parti pour la libération du Peuple (PLP).

Dans un communiqué de presse de presse publié le mardi 27 mars 2018, il a fait savoir que le mandat donné à la SGI pour la rechercher sur les places financières internationales, des « investisseurs potentiels » pour racheter la dette intérieure bancaire est la preuve que le Bénin est en difficulté financière sans précédent. Une situation déplorée par le Parti qui invite l’Assemblée Nationale a pleinement joué son rôle de contrôle des actions du gouvernement pour prévenir de telles difficultés.

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COMMUNIQUE DE PRESSE DU PARTI POUR LA LIBÉRATION DU PEUPLE (PLP) SUR LE RACHAT DE LA DETTE INTÉRIEURE BANCAIRE BÉNINOISE

Le Gouvernement du Bénin vient de donner mandat à la SGI-Bénin pour rechercher sur les places financières internationales, des « investisseurs potentiels » pour racheter la dette intérieure bancaire estimée à 350 milliards de F CFA.
Cette opération suscite de sérieuses appréhensions pour le Parti pour la Libération du Peuple (PLP).
Le PLP constate que l’Etat béninois doit aux banques du Bénin la somme astronomique de 350 milliards de FCFA. Cette dette vis-à-vis des banques locales représentait 78% de l’encours de la dette intérieure vis-à-vis des banques locales, la BOAD et autres entreprises locales réunies, encours évalué à 450 milliards de FCFA par la Caisse Autonome d’Amortissement (CAA) au 31 décembre 2017 alors qu’il était de 241 milliards de FCFA au 31 mars 2016. Dans quelles activités ces 350 milliards de FCFA ont bien pu être investis par l’Etat-Talon?
Cet état de chose entraîne de lourdes conséquences sur la crédibilité de la signature de l’Etat béninois auprès du système bancaire national. En d’autres termes, l’Etat béninois éprouve d’énormes difficultés à rembourser ce qu’il doit aux banques. Pire encore, ces banques presque unanimement refusent d’octroyer des prêts supplémentaires à l’Etat. Un refus qui peut sans aucun doute expliquer pourquoi les salaires de mars n’ont toujours pas encore été versés même aux fonctionnaires de l’Etat non-grévistes.
La méfiance du système bancaire béninois, aujourd’hui fragilisé, face au Gouvernement Talon montre à suffisance que les banques locales commencent à craindre pour la sécurité des dépôts de leurs clients (risque systémique pouvant se matérialiser par un mouvement de panique au sein des populations pour leurs avoirs confiés aux banques).
Le mandat signé le 1er février 2018 par le Ministre de l’Economie et des Finances, Romuald Wadagni, pour le rachat de la dette intérieure bancaire indique que l’objectif de la transaction est la relance de l’économie béninoise. Or, on voit ici clairement que les banques ne prêtent pas aux PME locales (véritables pourvoyeuses de richesses) mais plutôt à l’Etat et massivement. Une « compétition » entre l’Etat-Talon et les entreprises privées (pour qui les probabilités de se faire financer par les banques de la place sont encore plus faibles aujourd’hui que jamais) en totale contradiction avec les règles de l’économie de marché.
Pour relancer l’économie nationale, il aurait fallu rembourser en priorité les entreprises prestataires ayant fourni des services à l’Etat et qui ne sont toujours pas payées à ce jour.
Les potentiels racheteurs, quant à eux, seront donc appelés à rembourser les banques à la place de l’Etat-Talon qui entend également tirer des intérêts sur ce vaste « commerce des dettes ». En réalité, c’est le pauvre citoyen, ses enfants et petits enfants qui vont payer l’impact réel de ces transactions à haut risque. Voilà comment le Gouvernement Talon hypothèque l’avenir des générations futures.
Désormais plus rien ne résiste à la furie dévastatrice des princes de la « Rupture ». Ils n’ont pas hésité à exposer dangereusement la garantie souveraine pour attirer les prétendus « investisseurs potentiels ». Ce qui veut dire qu’ils engagent les recettes de l’Etat et/ou autres formes du patrimoine national qui pourraient être confisquées si le remboursement des racheteurs ne se passe pas comme prévu. Le Bénin court ainsi un très gros risque d’entrer en affaires avec des « investisseurs potentiels » souvent appelés dans le monde de la finance, les fonds vautours, qui polluent et qui rodent sur les marchés de la dette des pays africains.
Faut-il le préciser, c’est la loi britannique qui est applicable en cas de litige : un classique ! En effet, les fonds dits vautours imposent aux Etats victimes des procédures très contraignantes régies soit par la loi britannique, soit la loi américaine.
En résumé, le mandat du Ministre de l’Economie et des Finances confirme tout simplement que l’Etat béninois est actuellement en difficulté financière, très endetté, et soit au bord du défaut de paiement, soit déjà en défaut de paiement, la proie idéale pour les fonds dits vautours.
Le PLP est préoccupé par la charge croissante du service de la dette intérieure, de sa viabilité et invite l’Assemblée Nationale a joué son rôle de contrôle de l’action gouvernementale, afin d’éviter à notre pays des difficultés économiques et financières sans précédent.
Le PLP lance encore une fois un appel pressant à la tenue d’Assises Nationales, qui serviront également à nous entendre sur une véritable relance de la gouvernance économique du Bénin face à l’impasse vers laquelle le président Patrice Talon conduit inexorablement notre pays.

Le Président,
Léonce HOUNGBADJI

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