Brésil : le pays sous le choc après l’assassinat d’une militante féministe noire et conseillère municipale

Une conseillère municipale de gauche de Rio de Janeiro a été assassinée mercredi 14 mars 2018 à Rio, au Brésil, provoquant une vague d’émotion dans le pays.

Marielle Franco était une gamine de la favela de Maré, un vaste quartier défavorisé dans le nord de Rio. Elle était ensuite devenue une féministe, militante de la cause noire. Puis elle fut élue conseillère municipale à Rio.

Marielle Franco, 38 ans, a été abattue par au moins neuf tirs d’armes à feu, alors qu’elle revenait d’une réunion sur le thème des « jeunes femmes noires qui font bouger les choses ». Militante du Parti socialisme et liberté (PSOL), a été tuée dans le centre de Rio alors qu’elle se trouvait dans une voiture et revenait d’un rassemblement pour la promotion des femmes noires. Le chauffeur du véhicule a lui aussi été abattu, et une femme qui se trouvait dans la voiture a survécu. Selon les premiers éléments de l’enquête, les tirs mortels sont partis d’une autre voiture.

Elle dénonçait un accroissement de la violence policière dans les favelas

Au cours des dernières semaines, Marielle Franco avait dénoncé un accroissement de la violence policière dans les favelas. Elle s’était aussi opposée à la décision du président brésilien Michel Temer de confier à l’armée la sécurité de Rio pour tenter de contenir l’escalade de la violence qui ne cesse d’augmenter depuis la fin des jeux Olympiques de 2016. Le PSOL et ses alliés ont toutefois déclaré que la conseillère municipale n’avait pas fait état de menaces contre elle au cours de la dernière période.

Une de ses dernières interventions sur Twitter dénonçait justement une potentielle bavure policière : « Encore un homicide, d’un jeune homme, qui pourrait être attribué à la police. Matheus Melo sortait de l’église quand il a été tué. Combien d’autres devront mourir avant que cette guerre se termine ? ».

Un « attentat à la démocratie et à l’Etat de droit », pour le président Temer

L’enquête est en cours et le gouvernement brésilien a annoncé qu’il mettait la police fédérale à la disposition des autorités de Rio. Le Président Michel Temer a par ailleurs qualifié l’assassinat « d’inadmissible » et a évoqué un « attentat à la démocratie et à l’Etat de droit », a-t-il dit après une réunion avec plusieurs ministres à Brasilia.

Pour l’ONG Amnesty International, « une enquête immédiate et rigoureuse » doit être faite afin « qu’il n’y ait aucun doute sur le contexte, la motivation et les auteurs » de cet assassinat. Un acte d’une « extrême lâcheté » pour le gouverneur de centre droit de l’État de Rio, Luiz Fernando Pezão.

De nombreuses femmes s’identifiaient à son combat.

Très active dans la lutte pour les droits de l’Homme, Marielle Franco avait été la cinquième conseillère municipale la plus votée lors des municipales de 2016 et était l’alliée de Marcelo Freixo (PSOL), arrivé deuxième du scrutin pour le contrôle la ville de Rio de Janeiro. Pour ce dernier, sa mort « est un crime contre la démocratie, un crime contre nous tous » et « a des airs d’une mise à mort ». « C’était une personne très importante dans la lutte contre le racisme à Rio », a-t-il déclaré sur le lieu du crime.

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