Crise sociale au Bénin: le médiateur de la République, une institution à la croisée du chemin?
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Crise sociale au Bénin: le médiateur de la République, une institution à la croisée du chemin?

Le Bénin traverse depuis plusieurs mois une crise sans précédent dont l’impact sociopolitique, voire économique se fait déjà sentir.

Face au durcissement du ton au niveau des deux parties antagonistes, beaucoup de voix s’élèvent  dans le rang des autorités morales pour tenter de concilier les deux positions. Mais curieusement, du côté du médiateur de la République, l’implication dans la résolution de la crise est quasi inexistante.

En effet, en dehors d’une déclaration faite le mercredi 17 janvier 2018 à son siège à Porto Novo, on ne sent plus rien de ce côté. Et pourtant dans l’exposé des motifs, le gouvernement du président Thomas Boni Yayi s’est inspiré des dispositions de l’article 98, tiret 13 de la constitution du 11 Décembre 1990 pour inscrire le médiateur dont son cahier de charge le place comme un facilitateur dans la gestion des crises socio politiques.

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C’est dire que la mission fondamentale de cette institution, puisque s’en est une; est de travailler à résoudre les crises sociopolitiques majeures dont la persistance peut faire basculer le pays dans une quelconque violence.

Si le médiateur de la République, lors de sa déclaration du 17 janvier, lançait l’appel : « au gouvernement, aux acteurs sociaux et syndicaux, aux responsables politiques pour prendre leurs responsabilités historiques et pour s’engager fermement dans une concertation qui calme les tensions dans le respect des uns et des autres « 

Il est évident aujourd’hui que depuis la date de ladite déclaration, l’eau a coulé sous le pont et la fronde sociale s’est davantage corsée et fait transparaître des issues incertaines tant chaque partie reste camper sur sa position.

Au demeurant, la situation s’est envenimée depuis la défalcation sur salaire opérée par le gouvernement qui a radicalisée la positions des travailleurs grévistes qui exigent avant toute reprise des négociations pour une sortie de crise, la rétrocession des fonds défalqués. Même si la mission du médiateur de la République n’est pas une mission publique, il est difficulté de la positon du contribuable que nous sommes de comprendre l’efficacité pour ne pas dire l’utilité de cette institution dont le main ou a suppression a fait il y a encore quelques mois l’objets de vives polémiques.

Il importe de préciser par exemple que l’article 1er  du décret N¨° 2004 – 299 du 20 mai 2004 – définit le médiateur de la République comme un organe intercesseur gracieux entre l’administration et les usagers de la fonction publique. Autorité indépendante, le médiateur de la République constitue selon les initiateurs une solution originale pour la résolution des conflits qui opposent les citoyens au service public, les forces socioprofessionnelles au gouvernement pour peu que la résolution de ces conflits, aucune juridiction ne se révèle compétente.

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C’est dire que la mission du médiateur de la République dans le maintien de la paix sociale n’est point à démontrer mais l’efficacité de sa mission dans la pratique est difficile à apprécier en dépit du bilan d’action annuel que présente cette institution. En tout état de cause la question soulevée par certains citoyens qui estiment que les institutions de la trempe du médiateur de la République sont des institution budgétivores dont la République pourrait bien se passer car à l’analyse; les impactes de leurs actions et le pourquoi de leur existence ne sont pas toujours perçues. Le débat du maintien ou non de cette institution est donc toujours d’actualité.

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