Arménie : jusqu’où ira la « révolution de velours » de Nikol Pachinian?

A trois jours de l’élection mardi par les députés d’un nouveau Premier ministre arménien, l’opposant Nikol Pachinian a gagné de nouveaux soutiens.

Après deux semaines de manifestations, Nikol Pachinian a conseillé au peuple de se reposer ce week-end. Le bouillonnant député de l’opposition, lui, en a profité pour parcourir l’Arménie. Après avoir été accueilli en héros par ses partisans vendredi soir à Gumri, la deuxième ville du pays, le chef de file de la révolution non violente qui secoue le pays depuis le 13 avril a été acclamé samedi à ­Vanadzor, autre grande localité. Il a appelé à de nouveaux rassemblements dès dimanche matin.

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Le parti majoritaire ne désignera pas de candidat

Pourtant, l’homme à l’éternel tee-shirt camouflage a déjà obtenu beaucoup avec la démission lundi de l’ancien président Serge ­Sarkissian, qui n’aura occupé le poste de ­Premier ministre qu’une petite semaine. Mais les contestataires, qui dénoncent l’inertie des autorités face à la corruption et à la pauvreté, veulent renverser la table. « Si je ne suis pas élu Premier ministre, il n’y aura pas de Premier ministre du tout en Arménie », ­répète depuis des jours Pachinian. En a-t-il les moyens? Les députés doivent se réunir mardi pour élire le nouveau chef du gouvernement. Or le Parti républicain (HHK) au pouvoir est majoritaire à la Chambre, ce qui laisse a priori peu de chances à Pachinian d’être désigné.

Samedi, cependant, HHK a annoncé qu’il ne désignerait pas de candidat. Et Arménie prospère, une formation qui compte 31 parlementaires, a laissé entendre qu’elle soutiendrait Pachinian. Méfiant, ce dernier maintient quand même la pression en jouant la rue contre le pouvoir. Peut-être espère-t-il faire plier le chef du gouvernement par intérim, Karen Karapetian, avant même ce vote à l’Assemblée.

Un autre paramètre pourrait jouer : l’implication dans la crise du parrain russe, dont dépend encore largement l’Arménie économiquement et militairement. Des émissaires du Kremlin ont été dépêchés à Erevan pour jouer les conciliateurs. L’opposition a donné suffisamment de gages de fidélité à Moscou pour gagner jusqu’à présent sa neutralité.

Reste à savoir combien de temps Vladimir Poutine  acceptera de voir ce voisin, où est installée une importante base militaire russe, déstabilisé par les manifestations. Jeudi, il s’est entretenu avec Karen Karapetian, l’un de ses protégés passé par Gazprom, le géant gazier russe. Le maître du Kremlin a expliqué que « le règlement de la crise en Arménie devait se dérouler sur la base des résultats des élections législatives légitimes qui ont eu lieu en avril 2017 ».

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