Bénin: Palais de la Marina, un cimetière politique pour Irénée Pascal Koupaki?

Difficile de le repérer aujourd’hui dans les radars. Depuis qu’il a quitté officiellement le gouvernement de la rupture à la faveur du remaniement intervenu le vendredi 27 Octobre 2017, l’ancien premier ministre du président Thomas Boni Yayi, le chantre de la « nouvelle Conscience », Pascal Irénée Koupaki pour ne pas le nommer, est isolé à la présidence de la République où il est difficile de se prononcer sur le rôle qu’il joue actuellement dans ce milieu jalousement gardé par un cercle restreint de fidèles au président de la République. Que va t-il chercher dans cette galère? a t-on envie de dire.

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Nommé secrétaire général de la présidence de la république, l’homme qui apparaissait au moins de temps en temps devant les écrans de télévisions pour présenter les grandes lignes du compte rendu du conseil des ministres s’est totalement éclipsé du champ de mire du radar de l’opinion nationale qui ne lui faisait pas cadeau eu égard au rôle dont il fut confiné depuis l’avènement du régime du président  Patrice Talon. Venu en 4ème position lors de l’élection présidentielle de 2016 sous la bannière de la « vague jaune », symbole de la nouvelle conscience, Pascal Irénée koupaki au lendemain de l’élection présidentielle et après sa nomination en qualité de ministre d’Etat et ensuite de secrétaire général de la présidence de la République semble avoir  tourné dos à l’idéal qui l’a poussé à déposer sa candidature en 2016.

En effet, depuis sa nomination, le technocrate devenu homme politique a eu du mal à maintenir sa troupe qui a mouillé les maillots dans l’espoir de le voir devenir le numéro 1 béninois. Un rêve auquel les béninois n’ont pas donné leur accord. Si dans l’alliance ABT les difficultés ne manquent pas, il est aisé de constater que le ministre Abdoulaye Bio Tchané n’a pas totalement rompu le contact avec sa base et ne s’est pas emballé d’exprimer sa volonté de briguer la magistrature suprême du pays bien qu’il fasse membre d’un gouvernement.

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A contrario, chez le chantre de la nouvelle conscience, la posture actuelle ne semble plus être celle de quelqu’un qui entretient toujours une ambition politique personnelle. La conséquence de cette posture de l’homme qui incarnait aux yeux de certains, la vertu politique et l’espoir d’une nouvelle conscience dans la gestion des affaires publiques, est la perte progressive  de ses lieutenants et compagnons d’infortunes.

Devenu la cible de ceux qui hier l’adulaient, Pascal Irénée Koupaki fait actuellement objet de critiques assez acerbes des membres de son propre camp. La première personne à se désolidariser de sa nouvelle posture politique est son responsable à la nouvelle conscience, le professeur Simon Narcisse Tomety, précédemment directeur de l’école de la « Nouvelle Conscience », une trouvaille du ministre Irénée koupaki lors de la présidentielle de 2016. Il sera suivi par d’autres lieutenants qui trouvent dans le comportement de leur leader, de la traîtrise.

Avenir politique? Irénée Koupaki s’en foute:

Pris dans l’étau de la présidence de la république où le chef de l’état par flatterie le prend pour son assistant personnel, Pascal Irénée koupaki aux yeux de l’opinion nationale ne joue pas grand au palais de la Marina.

Pour des indiscrétions, le chef de l’Etat travail avec un groupe restreint constitué de Johannes Dagnon, considéré comme la tête à penser du chef de l’Etat, de son ami de vielles dates, Olivier Boco et certains de ses ministres de confiance. Pas d’ombre de l’ancien premier ministre du président Thomas Boni Yayi dont le destin politique n’est pas les plus reluisants.

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Avec cette nouvelle posture dans un contexte politique où les états majors battent le rappel de leur troupe, Pascal Irénée Koupaki n’a plus d’activité politique, ne descend pas sur le terrain, a pris sa distance vis à vis des personnes qui avaient cru en lui et ne laisse transparaître aucune perspective politique. Signes de découragement ou du dégoût de la chose politique, difficile de se prononcer.

Une chose reste néanmoins constante; le technocrate devenu acteur politique veut se faire définitivement oublier des béninois. Comme un certain Eric Houndété, l’homme a épousé le silence et les scènes d’arrière plan; des signes symptomatiques d’une profonde déception.

De Yayi à Talon, l’histoire se répète:

Nommé au poste de super ministre dans le gouvernement du président Thomas Boni Yayi; poste qu’il a occupé 07 ans durant, la rumeur avait circulé que le premier des ministres en avait marre de ce qui se passait autour de lui. Il était gêné de tout ce qui était reproché au gouvernement dont il appartenait et qui, aux yeux de l’opinion nationale battait tous les records de la mauvaise gouvernance et des dossiers à scandale.

L’homme aurait voulu démissionner, a t-on appris; et même cette perspective lui était interdite. Il finira finira néanmoins par quitter la barque de la « refondation » pour mettre sur pieds, sa stratégie de campagne en vue de l’élection présidentielle de Mars 2016; élection qu’il finira au premier tour en occupant la quatrième marche du podium dans une compétition où une trentaine de candidats était à la ligne de départ.

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Membre de la coalition de la rupture, il sera appelé le 06 Avril 2016 dans le gouvernement du président Patrice Talon  qui fut finalement le choix des béninois. Suite à cette nomination, il a effectué quelques sorties médiatiques notamment lors de la présentation du compte rendu hebdomadaire du conseil des ministres.

Mais les décisions à polémiques qui sortaient du conclave gouvernemental et qui frappaient de pleins fouets les anciens membres du gouvernement de Yayi Boni suscitent parfois des réactions de la part de ces derniers qui estimaient que les dossiers remis en cause par le gouvernement du président Patrice Talon avaient été validés par le premier ministre qu’il était dans le gouvernement de Yayi Boni.

Face à ces récriminations, l’homme a totalement disparu de l’écran des télévisions. Difficile de le voir dans des manifestations officielles ou même à côté du chef de l’Etat dans ses déplacements à l’extérieur en tant qu’assistant (pour s’en tenir aux propos du chef de l’Etat sur le statut de son collaborateur) du chef de l’Etat  béninois.

Se sent -il toujours à l’aise au palais de la Marina? L’envie de démissionner ne le prend t-il pas? Seul le temps nous permettra de mieux comprendre la posture actuelle du ministre d’état, Pascal Irénée Koupaki.

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