Bénin: retour au bercail de Atao Hinnouho, une stratégie payante mais très risquée

Le film de ce vendredi 27 avril 2018 au tribunal de première instance de Cotonou est plutôt intéressant dans la substance même des faits. L’honorable Atao Hinnouho a fait preuve d’un certain tact qu’on ne saurait lui reprocher en réapparaissant.

Se présenter de lui-même devant le juge des libertés est pour certains un acte de bravoure et un acte qui pourrait laisser entendre même que ce dernier ne se reproche rien de ce dont on l’accuse. Il a quitté son exile volontaire pour venir répondre des accusations portées contre sa personne ; c’est un peu l’interprétation qu’on ferait immédiatement de son geste.

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Autre chose encore, on apprend que ce dernier a été passé à tabac par des forces de l’ordre dans les couloirs du tribunal et qu’après son départ de chez le juge, il a dû être conduit à l’hôpital pour y bénéficier de soins. Dans quelles circonstances les flics lui ont tapé dessus ? Pourquoi les flics de la fameuse « police républicaine » s’en seraient pris à lui ? Les développements prochains de cette affaire  éclaireront l’opinion sur les tenants et aboutissants de cette suite d’événements malheureux.

Si le « député exilé » est revenu au bercail et s’est de lui-même rendu à la justice justement ce vendredi, ce n’est surement pas anodin. Les députés à l’Assemblée nationale sont en pleine session ordinaire et la loi est claire en ce qui concerne l’arrestation d’un député en pleine session parlementaire. L’article 90 de la constitution du 11 décembre 1990 du Bénin, article cité d’ailleurs par le juge des libertés dans sa délibération, stipule que,  « (…) aucun député ne peut, pendant la durée des sessions, être poursuivi ou arrêté en matière criminelle ou correctionnelle, qu’avec l’autorisation de l’Assemblée nationale sauf en cas de flagrant délit ».

Atao Hinnouho a donc bien choisi son moment pour rentrer sans risque d’être inquiété par la justice. D’un autre côté le député ne risque pas d’être inquiéter non plus quant à la suite de cette affaire tant que son immunité parlementaire ne serait levée par ses pairs à l’hémicycle. Du coup, après s’être exilé pendant plusieurs mois volontairement, fuyant peut-être un cas de flagrant délit, Atao pourrait rentrer chez lui, aller et venir à l’intérieur du pays comme bon lui semble.

Cependant, les députés lèveront-ils, à la demande de la justice, l’immunité de leur collègue ? Autoriseront-ils la poursuite de Atao ou suspendront-ils, par un vote, la poursuite engagée à son encontre ? Les questions sont posées et les réponses en ce moment ne seraient que pures spéculations, analyses ou supposition car, il faut le notifier, une demande de levée d’immunité des deux autres députés en plus de Hinnouho est en ce moment en souffrance depuis des mois à l’Assemblée.

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De toutes les façons, on retiendra de ce vendredi 27 avril 2018, que le député à l’Assemblée Nationale du Bénin, Atao Hinnouho est de retour au pays, s’est rendu de lui-même à la justice, a été, au passage, passé à tabac par la « police républicaine » pour des raisons plus ou moins floues et, qu’après audition devant le juge des libertés du TPI de Cotonou, a été purement et simplement relaxé.

Il s’agit là d’un développement dans l’affaire de « faux » médicaments dont l’issue pourrait soit en surprendre plus d’un, soit pas, quant on sait que les autres accusés (non députés) dans cette même affaire sont en « tôle » et qu’à l’Assemblée, les locataires font preuves, depuis un bon moment, de manque de régularités dans les positions.

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