Royaume-Uni-Russie-Affaire Skripal : un retour de la guerre froide ?

Depuis quelques semaines, la tension est à son comble entre le Royaume-Uni et la Rusie.

A l’origine de cette nouvelle rupture diplomatique, l’affaire Skripal. Londres accuse Moscou de  tentative d’assassinat de l’agent double, Serguei Skripal et de sa fille Loulia. Face à ce bras de fer, Londres a trouvé soutien et appui auprès de ses amis occidentaux notamment Paris, Berlin et Washington. La Russie crie au complot et menace de répondre  face aux sanctions   des pays qui soutiennent ‘’la thèse britannique’’. Une nouvelle ère de rivalité s’ouvre donc dans les Relations Internationales, 28 ans après la fin de la guerre froide.

Du tic au tac

L’empoisonnement, le 04 mars dernier,  sur le sol britannique, de Sergueï Skripal et de sa fille, a suscité depuis le 14 mars une vague historique d’expulsions croisées des diplomates de la Russie et des pays Occidentaux. Cette expulsion a concerné, à la date d’aujourd’hui, environ 300 diplomates. C’est la première fois qu’une grave crise diplomatique  a lieu entre Moscou et les pays Occidentaux depuis l’effondrement de l’Urss en 1991.

Selon les informations rapportées par l’Afp, au total, les Etats-Unis et d’autres pays, notamment ceux de l’Union européenne, ainsi que l’Otan ont annoncé l’expulsion de plus de 150 diplomates russes. En représailles, Moscou a pris des mesures identiques envers un nombre équivalent  de diplomates de ces États. Les 60 diplomates américains en poste en Russie ont quitté Moscou jeudi avec leurs familles, bagages et animaux domestiques.

La Russie crie à la « thèse du complot »

« On accuse Moscou sans preuve », a affirmé Vassili Nebenzia, ambassadeur de la Russie près de l’Onu, pour qui il s’agirait d’une affaire visant à discréditer la Russie.

La demande  rejetée de la Russie par l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) et le refus du Royaume-Uni de répondre à certaines questions, ont exaspéré les russes qui parlent de complot.

« Il ne sera pas possible d’ignorer les questions légitimes que nous posons », avait prévenu le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, pour qui la situation autour de l’affaire Skripal « créait une menace pour la paix et la sécurité dans le monde ». « Nous insistons pour que soit menée une enquête substantielle et responsable », a martelé M. Lavrov.

Devant les représentants de l’OIAC, Moscou avait proposé en vain que la Russie mène une enquête conjointe avec la Grande-Bretagne, avec la médiation de cette dernière. La Russie s’estime conforter  par les déclarations du laboratoire spécialisé britannique ayant analysé la substance utilisée contre l’ex-espion.

S’il l’a identifiée comme étant du Novitchok, un agent innervant de type militaire de conception soviétique, il a reconnu ne pas avoir de preuve que la substance utilisée contre  Skripal et sa fille ait été fabriquée en Russie. Selon les médias britanniques, les services de Londres ont cependant réussi à déterminer la localisation du laboratoire russe où cet agent innervant avait été fabriqué, qui serait sous la supervision des services de renseignement extérieurs de Moscou.

L’affaire Skripal semble désormais ne plus être seulement entre la Russie et le Royaume-Uni, mais  entre toutes les grandes puissances occidentales. Elle rappelle l’époque de la guerre froide.Une période marquée par les rivalités entre le bloc de l’Est (URSS) et le bloc de l’Ouest (États-Unis et alliés).

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