Politique

Afrique du Sud – Corruption : le gouvernement entérine des changements à la tête des entreprises publiques

En Afrique du Sud, le gouvernement du président Ramaphosa a annulé ce  jeudi 24 mai  des changements à la direction de plusieurs entreprises publiques gangrenées par la corruption et profondément endettées.

Selon les informations rapportées par l’AFP, le ministre des entreprises publiques, Pravin Gordhan, a déclaré lors d’une conférence de presse au Cap (sud-ouest) ‘’qu’un nombre un nombre d’entreprises publiques connaissent des problèmes financiers, opérationnels et de gouvernance, Cela a des retombées négatives sur l’économie ». « Les mauvais résultats de ces sociétés sont la conséquence d’une corruption généralisée et d’une mauvaise gestion », a-t-il estimé, se disant « déterminé à inverser la situation ».

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Notons que le gouvernement a  confirmé la nomination de Phakamani Hadebe comme PDG du géant public de l’électricité Eskom, poste qu’il occupait à titre provisoire depuis quelques mois. La compagnie nationale, au bord de la faillite, est devenue le symbole de la « capture de l’Etat » reprochée à l’ancien président Jacob Zuma, au cœur de multiples scandales de corruption, a rapporté l’AFP.

La nomination d’un nouveau conseil d’administration chez l’armurier public Denel a été également annoncé, le géant des transports Transnet et la compagnie aérienne SA Express Airways. Cette dernière a notamment conclu un contrat douteux de 5,7 millions de rands (3,9 millions d’euros) avec la société Trillian, liée à la famille Gupta, au coeur des affaires de corruption impliquant l’ancien président.

Le ministre des entreprises publiques a par ailleurs annoncé jeudi la fusion des compagnies aériennes South African Airways, en proie depuis des années à de sérieuses difficultés financières, SA Express et Mango afin notamment de « rationaliser leurs destinations ». Hasard du calendrier, les 21 avions de SA Express, qui assurent des liaisons nationales et régionales, ont été cloués au sol jeudi, sur décision de l’Autorité sud-africaine de l’aviation civile (Sacaa). A plusieurs reprises, la compagnie aérienne n’a pas respecté certaines règles, posant de « graves risques en terme de sécurité », a expliqué la Sacaa dans un communiqué.

En effectuant des changements à la direction d’entreprises publiques, le président Ramaphosa entend lancer un signal fort aux investisseurs et aux agences de notation, qui avaient dégradé l’an dernier la note de l’Afrique du Sud.  Cette nouvelle décision a été saluée par le principal parti d’opposition, l’Alliance démocratique (DA), qui félicite « la rapidité » avec laquelle le ministre des Entreprises publiques était intervenu, appelant cependant à modifier « totalement la stratégie » de gestion de ces entités.

Pour rappel, En février 2018, M. Jacob Zuma a été contraint de démissionner sous la pression de son parti, le Congrès national africain (ANC), inquiet de l’impact électoral des accusations qui le visent. Son successeur à la tête de l’ANC et du pays, Cyril Ramaphosa, a promis de nettoyer l’Afrique du Sud de la corruption.

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