Bénin : Abraham Zinzindohoué reçoit une lettre de la part de son ex filial admirateur

LETTRE OUVERTE À ABRAHAM ZINZINDOHOUÉ

(Par Constantin AMOUSSOU)

Monsieur ZINZINDOHOUÉ ( J’aurais aimé pouvoir vous appeler autrement),

À l’âge qui est le vôtre, vous auriez pu être mon père. Il n’a pas vécu une longue existence, mais avait pris le soin d’apprendre à l’adolescent que j’étais, respect à l’égard des plus âgés. Je vous dois, à cet égard, respect et vous renouvelle ma profonde, quoique regrettée considération.

Je dois aussi respect à votre parcours, à l’expérience qui est la vôtre et à la sagesse qui aurait dû aller avec.

Mon défunt père, à côté du devoir de respect à l’endroit des aînés, m’enseignait qu’un homme doit être reconnaissant, qu’il doit se montrer loyal et honnête; qu’il doit être digne, et qu’il doit être courageux. Ces valeurs, mes maîtres me les ont répétées, quotidiennement à l’école, et quand je n’eus plus l’occasion d’être sous leur tutelle, ayant par ailleurs perdu le père, j’ai recherché en société de nouveaux « parents » et « maîtres » pour suppléer au vide.

Comme je pense l’avoir pu dire quelquefois à votre épouse, vous étiez devenu, avec le Professeur Théodore HOLO, l’une des « icônes » intellectuelles de notre démocratie ( c’était notre perception), et un modèle pour les jeunes juristes à la Fac de Droit, et après, à l’École Nationale d’Administration que nous étions, quelques amis dont je tais les noms, et moi-même.

Je suis fort attristé de vous voir dans le rôle malheureux où vous vous illustrez depuis un moment, au service des Seigneurs du jour.

Sur le devoir de reconnaissance, peut-être, devrais-je nuancer mon propos, et reconnaître que vous avez dû avoir du mérite, avant que la Renaissance du Bénin et ses « détestables géniteurs », les SOGLO, vous aient fait membre et président de la Cour Suprême, élire député, et donné l’occasion, sur leur proposition, d’être fait ministre de la Justice et plus tard, membre et président de la Cour de Justice de l’UEMOA.

Au pays d’Ifâ, la parole sacrée raconte l’histoire du pacte entre la poule et le grenier. Elle rapporte que la poule, après avoir joui de la protection et de l’alimentation de ses poussins par le grenier, a manqué à sa part d’engagement, et pourtant s’est empressée de déclarer et de chanter à la ville et à l’univers : <>.

Il me plaît de passer sous silence, par pudeur, les menus détails sur ce qu’il me reste à dire de ce que la Renaissance du Bénin, aux mains des méchants SOGLO qui ne promouvaient que leur(s) propre(s) fils, vous aura apporté; et observer malheureusement que ce qu’il y a de plus glorieux en votre carrière leur reste redevable.

Que pour quelque raison objective, vous puissiez avoir un motif valable pour en vouloir à la gestion de votre parti politique, votre ancien parti politique, devrais-je dire, la Renaissance du Bénin, par son président, Léhady Vinagnon SOGLO, c’est chose compréhensible, si tout le théâtre qui s’est ensuivi ne vous mettait à nu, et ne vous révélait tel une marionnette aux mains de Aklassou Gaounga, le vautour.

J’ai souvenance de vous avoir entendu vous désolidariser du putsch de Bohicon, à l’excuse-alibi, que vous étiez hors du territoire national, et ne vous reconnaissiez point dans l’évocation de votre nom parmi les putschistes.

Je fais le triste constat, qu’après avoir été sûrement chambré par le maître des basses oeuvres et mis dans le bain, par les moyens dont il eut toujours le secret, votre autonomie de pensée, votre jugement, vos convictions ont cédé.

Je suis choqué de constater que l’idéologie de l’aile cassée de la Renaissance du Bénin que l’on vous prétend diriger, avec la bénédiction de l’homme qui a enterré 45 milliards à Maria-Gléta, et le concours du Garde des Sceaux qui prend les juges en otage, que votre idéologie s’appelle: Nous soutenons Patrice TALON et le PAG.

À votre âge et avec votre parcours, vous ne vous êtes plus demandé, que penseront de moi ces jeunes gens qui me tenaient comme un modèle; que penseront-ils de ma loyauté, de ma droiture, de mon honnêteté, de ma dignité ?

Je m’étais tu, par dédain, quand à Paris, en….2018 vous aviez écumé des plateaux de télévision comme un gamin en mal de sensation, pour chanter que le Bénin entier était déjà transformé par l’oeuvre de Patrice TALON, là où ses partisans, de première heure, avaient encore assez de lucidité pour convenir qu’ils n’en étaient qu’aux fondations.

Puis après, vous avez pondu des communiqués impudiques, pour réaffirmer votre loyauté au Prince du jour, exprimer votre soutien à l’invisible PAG réalisé à 100% de taux sur maquettes et depuis, comme personne, visiblement, n’osait s’indigner de telles indignités de la part d’un notable intellectuel, vous y prenez goût, et déployez désormais le théâtre à travers nos villes et campagnes, usurpant le logo des Houézèhouè, et fiers d’avoir fait évincer frauduleusement de la tête du parti, et ensuite révoquer et conduire en exil, et peut-être demain en prison, par ruse et rage, le fils de l’homme et de la femme qui vous ont permis, vous et votre épouse, de connaître la plus glorieuse part de votre parcours, de votre carrière en politique et dans l’administration.

J’avais le devoir filial de rappeler ces choses à votre attention, et au Chrétien que vous passez pour être, j’aimerais me convaincre, avant de finir, que cela ne trouble point votre foi, n’osant déjà plus interroger votre conscience.

Votre ex filial admirateur, Constantin AMOUSSOU

Cotonou le 08 mai 2018

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