Benin: les craintes du PCB sur la nouvelle Cour Constitutionnelle

Dans quelques jours, les membres de la Cour Constitutionnelle dirigée par le Professeur Théodore Holo vont déposer le tablier. Et conformément aux dispositions de l’article 115  la Constitution du 11 décembre, les membres remplaçants sont déjà désignés aussi bien par le bureau de l’Assemblée nationale que par le Chef de l’Etat. Mais la composition de la nouvelle mandature continue de susciter des réactions au sein de l’opinion.

Dans un communiqué parvenu à notre rédaction, le Parti Communiste du Bénin (PCB) craint une Cour qui sera « aux ordres » du pouvoir actuel surtout avec la présence de l’actuel Ministre de la Justice, Jospeh Djogbénou. Voici ci-joint le communiqué du parti.

COMMUNIQUE DU PARTI COMMUNISTE DU BENIN (PCB)  AUX TRAVAILLEURS, A LA JEUNESSE ET AU PEUPLE

Désignation des membres de la Cour Constitutionnelle par le Parlement :

Une Assemblée vassalisée pour une Cour Constitutionnelle aux ordres de Talon

Le lundi 14 mai 2018, le Bureau de l’Assemblée nationale a désigné ses quatre représentants devant siéger à la Cour Constitutionnelle à partir du 10 juin prochain. Il s’agit de Joseph Djogbénou, Rigobert Azon, Moustapha Fassassi et Razaki Amouda Issifou. L’Assemblée nationale aura ainsi désigné comme ses « représentants », un ministre en exercice de Talon, Joseph Djogbénou, actuel ministre de la Justice et d’autres proches du Président Talon tel Rigobert Azon.

Le peuple entier observe ainsi avec émoi et indignation que le Bureau de l’Assemblée nationale, sous la direction de Houngbédji et Gbian et sous la bénédiction des Bruno Amoussou, Mathurin Nago et autre Kolawolé Idji n’a trouvé rien de mieux que d’offrir à l’autocrate Talon une Cour Constitutionnelle à la dévotion absolue de ce dernier pour la  mise à mort programmée de la démocratie au Bénin.

Il revient, selon la loi, au Président de la République, Patrice Talon de désigner trois représentants pour compléter à sept le nombre des conseillers de la prochaine Cour Constitutionnelle. Mais avec les membres à lui déjà offert (à quel prix et sous quel contrat ?) par l’Assemblée nationale, Talon est assuré de contrôler la nouvelle Cour avec en son sein (et certainement à sa tête) des éléments défenseurs de la restauration de la dictature autocratique, tel un Joseph Djogbénou.

Depuis deux ans à la tête du Ministère de la Justice, Joseph Djogbénou est connu comme l’idéologue de la restauration d’un pouvoir de dictature autocratique et d’un Etat de non droit et le théoricien de la gouvernance du pays par la ruse et la rage. Les tentatives de dissolution des organisations estudiantines, le projet funeste de révision de la Constitution, la défense du retrait du droit de grève aux travailleurs de l’éducation nationale, de la santé et de la Justice et les mesures fascistes contre les grévistes, la défense de la transformation des réunions du Conseil des ministres en tribunaux, jugeant et délivrant des lettres de cachet contre les opposants politiques à embastiller, l’immixtion récurrente de l’exécutif dans le judiciaire et la justification de tous les forfaits des juges à ordre contre l’Etat de droit, la couverture de la politique de pillage et d’accaparement des biens publics, d’impunité des « rupturiens », de famine du peuple, voilà quelques hauts faits de Djogbénou depuis deux ans. Il n’est pas jusqu’aux refus d’exécution des décisions de la Cour Constitutionnelle sortante que le ministre porte-parole du gouvernement, Joseph Djogbénou, n’ait pas cautionné.

Il est alors clair, aux yeux de tous aujourd’hui, qu’avec des hommes comme Joseph Djogbénou et la majorité acquise à Talon, la gouvernance par la ruse et la rage s’installe à la Cour Constitutionnelle, clé de voûte du système institutionnel. Le boulevard est ouvert pour la justification par la Cour Constitutionnelle de tous les forfaits et parjures des hommes du pouvoir actuel. Les tripatouillages, fraudes et hold-up pour les victoires électorales de Talon sont assurés. Bref, l’Etat de droit au Bénin est terminé pour laisser place à la couverture légalisée d’une dictature de type fasciste.

Mais le Parti Communiste du Bénin sait qu’aucune dictature ne peut vaincre un peuple organisé. Car, c’est au peuple qu’appartient et demeure la souveraineté. Notre peuple a vaincu des dictateurs. Des peuples de par le monde nous en donnent des exemples.

C’est pourquoi, en ces moments critiques pour notre pays et sa démocratie, le Parti communiste du Bénin appelle les travailleurs, la jeunesse et peuple ainsi que tous les démocrates à développer et à renforcer partout, leur niveau et formes d’organisation et de lutte pour arrêter le pouvoir de dictature autocratique de Patrice Talon et instaurer un pouvoir à leur profit.

Cotonou, le 17 mai 2018

Le Parti Communiste du Bénin

 

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