RD Congo : c’est officiel, la diaspora ne votera pas en décembre prochain

Les Congolais de la diaspora, dont le nombre est estimé à 16 millions de personnes, ne voteront pas lors de la prochaine Présidentielle du 23 décembre, a-t-on appris de source officielle. La décision a été prise par l’Assemblée nationale congolaise, a annoncé samedi son rapporteur, Berocan Nono, expliquant que le but était d’éviter de reporter les élections du 23 décembre, rapporte l’agence Anadolu.

Lors d’une longue plénière vendredi, les députés nationaux « ont voté deux propositions de loi modifiant et complétant respectivement la loi électorale et celle portant identification et enrôlement des Congolais de l’étranger », a déclaré à Anadolu le rapporteur de l’Assemblée nationale.

L’enrôlement de cette diaspora majoritairement critique envers le président Joseph Kabila, devait débuter le 1er juillet et s’achever le 28 septembre dans les représentations diplomatiques congolaises à travers le monde, selon le calendrier électoral. Les députés ont adopté cette modification après avoir écouté le point de vue du président de la commission électorale, selon Nono.

« Il a été clairement établi que s’il fallait enrôler les congolais de l’étranger, la date du 23 décembre ne sera pas respectée. C’est donc pour sauver ce délai que les députés ont tranché en ce sens », a-t-il ajouté.

Les Congolais de la diaspora, sont répartis de manière « très inégale », a récemment déclaré lors d’un point de presse, Emmanuel Ilunga, le ministre en charge des Congolais de l’étranger. Ce dernier avait évoqué des problèmes logistiques et avait demandé de « l’indulgence et de la compréhension » aux Congolais de la diaspora.

La loi électorale n’autorise les Congolais résidant à l’étranger à ne participer qu’au scrutin présidentiel. Non organisée fin 2016 officiellement pour des raisons financières, les élections législatives et présidentielle ont été reportées à fin 2017. Elles ont une deuxième fois été reportées au 23 décembre 2018, à cause notamment des violences meurtrières qui ravageaient la région du Kasaï (Centre) et qui avaient pratiquement retardé le processus d’enrôlement des électeurs.

Notant une « multitude de contraintes » dont le déploiement des kits électoraux, le président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), Corneille Nangaa avait affirmé en mai dernier que l’enrôlement des congolais de l’étranger, sera « techniquement difficile ». « Nous sommes en face d’un pouvoir qui veut reporter pour la troisième fois les élections pour garantir une année de plus à Kabila. C’est inacceptable. Ils veulent le faire parce qu’ils savent que la diaspora est acquise à l’opposition », a déclaré à  Anadolu, Jean-Marc Kabund, secrétaire général du plus grand parti d’Opposition, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS).

Kabund a plaidé pour « une transition sans Kabila, car il est clair qu’il n’organisera jamais une élection qu’il perdra ». Kabila, 47 ans d’âge, est au pouvoir depuis 2001. Son deuxième et dernier mandat a pris fin le 19 décembre 2016, la constitution lui interdit de solliciter un troisième. Toutefois, la non-tenue des élections dans les délais convenus, a permis à Kabila de s’accrocher au pouvoir à ce jour.

Pour rappel, l’enrôlement des électeurs à l’intérieur de la RDC a pris fin le 31 janvier 2018 et a permis de recenser plus de 46 millions de votants, chiffre révisé à la baisse (40 millions), après affinement du fichier électoral.

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