Bénin: allégeance ou non à la rupture, le grand jour pour Issa Salifou Saley

Les députés de la 7ème législature se retrouvent ce jeudi 05 juillet 2018 pour examiner les propositions d’amendements à la Constitution initiées par huit de leurs collègues du Bloc de la majorité parlementaire (BMP). Ceci, après l’adoption, lundi dernier, desdites propositions par la Commission des lois. Ce sera certainement l’occasion pour le député Issa Salifou Saley de fixer les Béninois sur son positionnement sur l’échiquier politique national à travers son vote au regard de son mutisme affiché ces derniers mois.

Depuis le rejet du projet de révision de la Constitution du 11 décembre 1990, le 04 avril 2017 et sa présence au dernier congrès des Forces Cauris pour un Bénin Emergent (FCBE) tenu les 10 et 11 février 2018 à Parakou, le député Issa Salifou a presque disparu de la scène politique nationale. L’homme s’est caché dans un silence indescriptible. Les réseaux sociaux ont tôt fait de lui coller à la peau une allégeance au régime du Président Patrice Talon. L’élu de la première circonscription électorale n’a jamais réagi à ces supputations laissant planer un doute sur son positionnement politique. Militant de première heure ayant contribué à l’élection du Président Patrice Talon, il a très tôt pris ses distances vis-à-vis du régime de la rupture.

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Tout est parti d’une interdiction de prières dans les rues par le gouvernement. En effet, le député Issa Salifou n’a pas du tout approuvé la décision prise par le préfet du Littoral, Modeste Toboula, interdisant l’utilisation de la devanture des mosquées durant le temps de prière de vendredi. Ceci, dans le cadre de l’opération de libération des espaces publics déclenchée par les autorités du pays, début janvier 2017. A l’époque, il avait appelé les fidèles musulmans à se mobiliser contre cette décision. Lors d’une conférence de presse de la communauté islamique, il avait déclaré la guerre contre le gouvernement.

«Quand on nous demande de ne pas prier dehors, ça veut dire que 90% n’ont qu’à rester chez eux. En faisant rester 90% de ceux qui doivent venir à la mosquée chez eux, c’est comme si on nous demandait de ne plus prier», avait-il dénoncé.

Toujours à l’occasion de cette sortie médiatique, il avait annoncé qu’il s’opposerait aux réformes du régime en place s’il ne rapportait pas cette décision.

Effectivement, ça n’a pas raté lors du vote du projet de révision de la Constitution du 11 décembre 1990. Ensemble avec d’autres députés de la mouvance présidentielle et de l’opposition, ils vont alors former le bloc de la minorité parlementaire pour faire échec à cette réforme chère au Chef de l’Etat. Président du groupe parlementaire ‘’La Voix du peuple’’ créé le 23 mai 2017, le député Issa Salifou et ses autres collègues du groupe parlementaire ont plusieurs fois, à la tribune officielle du parlement, dénoncé certaines actions du pouvoir.

Mais depuis quelques temps, il est difficile de le situer sur l’échiquier politique national. Son mutisme et celui de son groupe parlementaire sur certains sujets sensibles de la Nation inquiètent plus d’un. Face aux informations faisant état de son allégeance au pouvoir de la rupture, le jour tant attendu pour confirmer ou infirmer ces nouvelles qui se répandent semble être là. Sans nul doute, le vote du député Issa Salifou non seulement mettra fin aux supputations mais aussi fixera davantage les uns et les autres.

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