Bénin: le député Guy Mitokpè relève les incohérences du nouveau code électoral

«Réformes dans le système électoral du Bénin pour les élections futures : Pourquoi tant de bruits?». C’est autour de ce thème que le député de la 16ème circonscription électorale, Guy Mitokpè a échangé, ce vendredi 10 Août 2018, avec les hommes des médias sur la plateforme de discussions ‘’Café Médias Plus’’.

Membre de la minorité parlementaire, l’honorable Guy Mitokpè n’est pas d’accord avec les différentes lois votées par le parlement surtout celles qui s’inscrivent dans le cadre des prochaines joutes électorales. D’ailleurs, le sujet qui retient toutes les attentions depuis quelques jours est celui relatif aux nouvelles dispositions insérées dans le code électoral adopté par la commission des lois, mardi dernier.

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Sur la plateforme ‘’Café Médias Plus’’, l’honorable Guy Mitokpè a relevé certaines incongruités dans la nouvelle loi. Lesquelles visent à exclure certaines personnes proches de l’opposition de la compétition électorale. A sa prise de parole, l’invité, membre de la commission des lois a confirmé les différents montants annoncés sur les réseaux sociaux et dans certains médias concernant l’augmentation des cautions pour être désormais candidat aux élections législative et présidentielle au Bénin.

Effectivement, la caution passe désormais de 15 millions à 250 millions FCFA pour ce qui  est de l’élection présidentielle et de 8,3 millions à 200 millions FCFA pour les législatives. A en croire l’honorable, les arguments avancés par les instigateurs de cette loi font état de ce qu’ils veulent redorer le blason de ces deux institutions. Des arguments  qui, selon le député, ne tiennent pas la route étant  donné que ces propositions de loi ne prennent pas en compte nos réalités.

Quid des quotas pour les législatives et la communale?

Les choses se compliquent davantage pour  les partis politiques. En effet, selon les dispositions de la nouvelle loi, tout candidat aux élections législatives devra pouvoir recueillir les 15% des suffrages exprimés au plan national avant de se faire élire. Ce qui est inadmissible, selon Guy Mitokpè.  « Je suis l’homme le plus déçu et le plus frustré sur cette question. Si une liste va espérer avoir un député sur le plan national, il va falloir que cette liste ait pu recueillir 15% du suffrage national exprimé. Nous sommes un parlement à une seule chambre. Ça n’a pas de sens», a-t-il dénoncé.

Pour une élection législative, dira l’invité, le plus important est le nombre de suffrages exprimés par la circonscription électorale du candidat et non ceux des autres. «Moi, je suis député dans la 16ème circonscription électorale, ce qui me concerne d’abord, c’est l’expression du suffrage de ma circonscription», a-t-il insisté. Aussi, faut-il souligner que selon la nouvelle charte des partis politiques votée récemment au parlement, tout parti qui souhaite avoir de financement public est astreint à deux obligations. Primo, il doit pouvoir avoir comme élus le 1/5ème  des députés de l’Assemblée nationale soit 16 ou 17/83. Secundo, ces 17 élus doivent provenir d’au moins six circonscriptions électorales.

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«C’est une disposition pour nous forcer à nous mettre ensemble. Je suis de Restaurer l’Espoir aujourd’hui. Lors des dernières législatives sous la coupole de l’Union fait la Nation, on a pu avoir 3 députés dans la 16ème circonscription.  2015 a été une élection plus ou moins favorable à l’UN. Même dans cette période de faveur, on n’a pas eu 17. On a eu 15 députés. Le PRD est sorti de ces élections avec 10 députés et il n’a pas eu ces députés dans plus de 3 circonscriptions électorales», a-t-il rappelé montrant ainsi le caractère irréaliste et irréalisable de ces dispositions. Mais si aucun parti n’arrive à réunir les 15% du suffrage national exprimé à l’issue de l’élection, le pourcentage d’obtention des députés sera revu à la baisse jusqu’à ce que  4 partis puissent  avoir l’ensemble des 83 députés. «Dans aucun pays au monde, cette disposition n’existe dans une loi électorale respectable», a martelé Guy Mitokpè avant de souligner que l’ancien projet de révision de la Constitution avait proposé 10%, pourtant il fut rejeté par la minorité à laquelle il appartient le 04 avril 2017.

L’autre incongruité la plus absolue, selon le député, est celle relative au quota du 20% exigé pour être désormais conseiller communal dans une commune. Alors que l’ancienne loi n’avait pas imposé aux listes de se présenter sur l’ensemble du territoire national. «Selon les nouvelles dispositions, si je me présente peut être uniquement à Natitingou, si mon parti n’arrive pas à recueillir 20% du suffrage exprimé à Natitingou, je n’ai aucun conseiller. Donc même si j’ai 19% des suffrages exprimés, je ne compte pas parmi ceux qui doivent avoir de conseiller dans cette  commune», s’est-il indigné.

Perte de statut d’anciens présidents

L’autre point dans les nouvelles dispositions qui fait également grand bruit dans l’opinion est la question relative à la perte de statut d’anciens présidents de la République ou d’institution lorsque l’intéressé est candidat. Pour l’honorable Guy Mitokpè, cette  disposition montre enfin le vrai visage des initiateurs. Selon lui, on ne doit pas mettre des restrictions dans une loi contre des personnes.

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