Kemi Seba ou l’ère de la société civile pour restaurer la souveraineté africaine?

Lors du lancement de sa tournée dénommée « l’Afrique ou la mort » à l’université d’Abomey Calavi le samedi 04 aout dernier, Kemi Seba a tenu en haleine pendant plus de 4H d’horloge, des centaines d’étudiants venues écouter ce chantre de la souveraineté africaine. L’ un des axes poignant de sa prêche, c’est l’invite à la jeunesse africaine à refuser de s’aligner, à refuser d’intégrer les partis politiques afin d’être en mesure de s’engager dans la société civile pour relever les défis dont les politiques sont incapables.

Comme à son habitude dans un style de prêche, l’air grave, le ton solennel, dans une interaction avec son public, débout durant  tout le temps qu’a duré l’échange, Kemi Seba a fustigé de bout en bout les systèmes politiques autocratiques installés en Afrique, téléguidés de l’extérieur et qui nuisent à la souveraineté africaine et par ricochet à l’identité de l’homme noir et à l’avenir de la jeunesse.

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Toujours provocateur dans son franc parler, Kemi Seba une fois encore n’a pas caressé dans le sens du poil. Il a  heurté les sensibilités en qualifiant les chefs d’État africain de marionnette à la solde des puissances coloniales. Mieux, il a identifié le Bénin à une porcherie faisant allusion à l’insalubrité qui y prévaut mais aussi dans la plupart des capitales africaines. De là, le défenseur de la souveraineté africaine a conclu à l’ incapacité des chefs d’État africain à donner une belle image du continent, à défendre la souveraineté africaine et à incarner les aspirations de la jeunesse africaine. Il a prouvé que les gouvernants africains ne font pas leur devoir si non servir les intérêts des blancs.

Ainsi, Séba, « l’anti-blanc », a invité les étudiants à s’interroger sur leur identité, à se demander s’ils sont fiers d’être béninois, africains où s’ils désiraient ressembler aux jeunes d’autres pays, aux blancs. En réponse à Séba, le public a scandé être fier d’être africain. Et Séba de rétorquer que pour défendre l’identité africaine contre ses pourfendeurs que sont les dirigeants africains et les colons, la jeunesse doit taper le système politique où ça fait le plus mal, résister à la Françafrique, à toutes dominations étrangères ( à ce sujet, il a fustigé par exemple l’attentisme des jeunes béninois qui lui confiaient au cours de la rencontre être indignés que le port autonome de Cotonou soit dirigé par des Belges), à la mauvaise gouvernance, à l’enrôlement dans les partis politiques qu’ils soient de la mouvance où de l’opposition.

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Ainsi, le président de l’ONG Urgences Panafricanistes  à laisser entendre que le changement et la restauration de l’identité africaine passera par l’engagement des jeunes à travers la société civile, à oser faire ce que les dirigeants africains, les hommes politiques refusent de faire à savoir aimer la patrie, la servir, plutôt que de l’asservir.

 L’urgence de l’ engagement de la jeunesse au sein de la société civile

Pour permettre à l’Afrique de prendre toute sa place dans le concert des nations, Kemi Séba invite les jeunes à réagir face aux options et choix des gouvernants. Il a fait remarquer à ce sujet que les gouvernants africains sont pour la plupart, des autocrates qui installent souvent des mécanismes pour ostraciser la jeunesse, l’empêcher de se prononcer sur la gestion de la cité. D’où Seba a convié la jeunesse africaine à se désolidariser de la politique, à s’opposer à la bipolarisation de la politique mouvance et opposition qui ne répond nullement au désir de servir le peuple, si non s’en servir comme bétail électoral pour se mettre plein la poche, délaissant ce même peuple aussitôt les élections closes. D’ailleurs, Kemi Séba a démontré que la politique africaine écarte la jeunesse. En cause, les cautions astronomiques exigées pour déposer sa candidature aux élections éliminent les jeunes.

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Considérant par ailleurs le salaire mirobolant des autorités politiques qui multiplient les voitures de luxe, les villas à coté de leurs populations qui ne peuvent pas s’assurer deux repas quotidiens, Kemi Séba a dessillé les yeux de ses interlocuteurs en leur faisant prendre conscience que l’engagement utile pour s’arracher à l’autocratie et arracher l’indépendance, c’est de rompre avec le système politique oligarchique africaine qui opprime le peuple et qui sert de relais pour l’idéologie coloniale matérialisée par les multinationales qui s’implantent, s’accaparent des terres en Afrique, exploitent ses ressources et contraignent ainsi les peuples africains à se sentir étrangers sur leur propre terre, d ‘où leur tentation à vouloir immigrer vers l’occident à la recherche d’eldorado pour finir tristement leur rêve dans le cimetière océanique à ciel ouvert.

Kemi Séba, ambassadeur itinérant de la souveraineté et de l’identité africaine continue son périple, il est attendu le 08 août prochain à Lomé pour porter le même message à la jeunesse togolaise et après dans bien d’autres pays d’Afrique et aux Caraïbes.

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