Le monde entier rend hommage à Koffi Annan, Donald Trump a choisi plaider pour les fermiers « blancs » sud-africains

Pendant que tous les regards se sont focalisés sur le décès du prix Nobel de la Paix 2001, ce digne fils de l’Afrique, qui a conduit la diplomatie mondiale de 1997 à 2006, Donald Trump qui est resté muet jusqu’à présent à choisi de rompre le silence, mais pas pour des hommages.

Dans un tweet, comme à son habitude, le 45è président des États-Unis a évoqué le sort des fermiers blancs minoritaires qui se sont accaparés, pendant la période de l’apartheid, la majeure partie de terres agricoles du pays arc-en-ciel.

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En effet, plus de deux décennies après la fin de l’apartheid, les blancs possèdent encore la plupart des terres agricoles de l’Afrique du Sud. Sur les 56 millions d’habitants que compte le pays de Madiba, les noirs constituent plus de 79% de la population contre moins de 9% de blancs. La propriété foncière est alors devenue un problème irritant majeur, le gouvernement ayant mis du temps à transférer des terres à la majorité Noire du pays.

Ainsi, selon News24, le gouvernement sud-africain prévoit affecté environ 200 fermes appartenant à des Blancs à des agriculteurs noirs, citant le chef du Congrès national africain, Gwede Mantashe.

Selon Mantashe, qui est aussi le ministre des mines du pays et un proche allié du président Cyril Ramaphosa, le gouvernement prévoit de prendre des terres à ceux qui possèdent plus de 12 000 hectares sans compensation.

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« Vous ne devriez pas posséder plus de 12 000 hectares de terres et si vous en possédez plus, cela devrait être pris sans compensation », a déclaré mercredi 15 août 2018, à News24 le président de l’ANC, Gwede Mantashe.

Ainsi dans la foulée, à défaut d’opiner sur Kofi Annan, le richissime homme d’affaires devenu président s’est attaqué au gouvernement sud-africain, un des « pays de merde » dont il a connaissance.

https://twitter.com/realDonaldTrump/status/1032454567152246785

« J’ai demandé au Secrétaire d’État [ Mike Pompeo, ndlr] d’étudier de près l’Afrique du Sud, les saisies et les expropriations, ainsi que le massacre à grande échelle des agriculteurs ». a déclaré M. Trump, jeudi 23 août 2018.

« Le gouvernement sud-africain est en train de saisir les terres des fermiers blancs. », poursuit-il.

Que veut au juste le milliardaire, désir de partialité ou ingérence dans des élections ?

Depuis la démission, en février, du président Jacob Zuma, accusé d‘être un « traite » qui défend les intérêts des blancs, l’ANC est sous pression pour accélérer la réforme agraire dans la perspective des élections nationales de 2019.

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« Ramaphosa doit faire ce qu’il convient de faire. Cela nous est égal qu’il soit un milliardaire, nous voulons qu’il fasse ce qu’il faut faire », avait déclaré le chef de l’opposition de gauche radicale Julius Malema, rapporté par AFP. M. .

Dans un discours en février dernier, M. Malema, qui de renouer avec l’ANC après avoir été expulsé en 2013, a salué la résolution de l’ANC pour une réforme de la Constitution afin d’autoriser la redistribution des terres agricoles, détenues principalement par des blancs, au profit de la majorité noire. « Nous n‘écouterons aucun Britannique, nous n‘écouterons pas le parlement européen, nous n‘écouterons pas l’ONU, nous écouterons le peuple d’Afrique du Sud », a lancé M. Malema, qui a défendu cette motion adoptée à une large majorité fin février par le parlement.

Tout porte à croire que la réforme agraire en cours dans le pays est un élément clé pour les présidentielles de 2019. De plus, au pouvoir depuis 1994, le Congrès national africain (ANC) qui se prépare pour ces présidentielles, fait actuellement face à une guerre intestine, suite au chaos orchestré par Jacob Zuma avant de démissionner.

Donald Trump a alors intérêt à rester loin de la politique sud-africaine, qui a souffert pendant des décennies de l’apartheid, et qui a toujours de la peine à s’en remettre. Si les Etats-unis ont toujours décriés l’ingérence russe dans les élections du pays de l’oncle Sam, pourquoi en faire autant pour les autres.

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