Société

Migration: Il faut «reconnaître que la Libye n’est pas un endroit sûr», MSF

L’organisation humanitaire Médecins sans frontières (MSF) a insisté vendredi sur le fait que la Libye « ne peut être considérée comme un pays sûr », appelant les pays européens à faire officiellement le même constat et à prendre leurs responsabilités pour assurer un accueil sûr aux candidats à l’asile qui transitent par ce pays dans l’espoir d’atteindre l’Europe. L’association pointe entre autres les conditions dans les centres de détention, ces centres où sont souvent ramenés les migrants qui tentent depuis les côtes libyennes la traversée vers l’Europe et sont repêchés en mer par les gardes-côtes libyens.

 «Beaucoup de personnes ont fui des pays en guerre ou passé des mois dans des conditions terribles, retenues captives par des trafiquants, avant d’être enfermées dans ces centres de détention. Ce sont des personnes déjà extrêmement vulnérables et elles se retrouvent maintenant piégées dans un autre conflit, sans aucune possibilité de s’échapper», rappelle Ibrahim Younis, chef de mission MSF en Libye. Tripoli, la capitale, est en effet elle-même empêtrée dans des violences, démontrées notamment durant la semaine écoulée par des combats entre milices rivales dans certains quartiers.

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Ces combats ont donné lieu à « des tirs d’artillerie lourde dans des zones résidentielles», avec des blessés et des morts pour conséquence, rappelle MSF. L’organisation parle de «quelques 8.000 réfugiés, demandeurs d’asile et migrants» qui sont «détenus arbitrairement dans les centres de détention de la ville», et qui se retrouvent encore davantage mis en danger à la suite de ces combats. Certains y sont restés bloqués sans nourriture, selon MSF, d’autres ont été relâchés et ont dû tenter tant bien que mal d’atteindre une partie de la ville moins dangereuse.

Selon le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR), près de la moitié des détenus de ces centres proviennent de zones de conflit (Érythrée, Éthiopie, Somalie, Soudan), une situation qui leur donne normalement le droit de bénéficier d’une protection internationale. Face à ce droit, pourtant, « les autorités libyennes, les gouvernements des pays sûrs et les Nations-Unies n’ont pas réussi à mettre en place un mécanisme efficace de traitement des demandes d’asile », déplore MSF.

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