Bénin: « surgir, agir et disparaître », quand Richard Ouorou « déplume » Patrice Talon

Le code électoral voté le 3 septembre dernier est un pas de plus sur l’hégémonie du président Patrice Talon sur le Bénin. C’est du moins le diagnostic fait par le politologue Richard Boni Ouorou à travers la dissection du concept « surgir, agir et disparaître ».

Le chef de l’Etat, le président Patrice Talon nourrit selon Richard Boni Ouorou, une ambition hégémonique sur le Bénin. A l’en croire, le vote de la loi N° 2018 -31 portant code électoral en République du Bénin n’est qu’un jalon de plus posé par le chef de l’Etat dans cette volonté de domination.

Dans un diagnostic axé sur le triptyque: surgir – agir et disparaître, le politologue présente un plan hollywoodien qui serait entrain d’être déroulé par la mouvance présidentielle pour son hégémonie sur l’ensemble du pays. Le chantre du « Nouveau Départ » serait tellement préoccupé par la réussite de ce plan parce qu’il aurait perdu personnellement foi au miracle qu’il a promis pur son unique mandat de 5 ans.

« À moins d’un miracle auquel Patrice Talon lui-même n’y croit guère, on peut déjà à mi-parcours de son mandat présidentiel conclure à un échec cuisant de celui-ci. Patrice Talon a échoué dans la capacité à assurer un bien-être aux Béninois et à faire du Bénin une société meilleure. Toutefois, s’il y a un point positif à mettre à son actif, c’est d’être parvenu à assurer sa réussite individuelle. Mais cette réussite n’est qu’une étape vers un projet personnel plus ambitieux, parvenir à imposer son hégémonie sur le Bénin tant sur le plan politique qu’économique. » affirme Richard Boni Ouorou dans son diagnostic.

L’appréciation sémantique de Richard Ouorou sur le fameux tryptique « surgir, agir et disparaître:

Selon Richard Ouorou, pour comprendre le concept « surgir », il importe de savoir qui était Patrice Talon et d’où il a surgi. Pour lui, avant de devenir chef de l’Etat, il était carrément une légende, une personnalité indéfinissable mais qui a pour caractéristique de toujours tout mettre à son avantage. Ce pan de sa personnalité, précise le politologue, a été révélé par un autre opérateur économique, Martin Rodriguez qui a fait l’expérience de l’homme. Selon cet opérateur économique qui a combattu la candidature de l’actuel locataire de la Marina, ce dernier serait plutôt un « mécanique affairiste ».

Le président Patrice Talon est présenté comme un homme d’affaire franco-béninois fortuné ayant le monopole des intrants agricoles sur la quasi moitié des pays ouest-africains et étant un acteur incontournable de la filière africaine du coton. Selon une déclaration politique, c’est un citoyen béninois riche comme Crésus dont « le centième de la fortune suffirait pourtant à développer son pays le Bénin« , rapporte Richard Ouorou dans son diagnostic.

Le président de la République se présentera lui-même comme un bras financier de la majorité des acteurs politiques du pays qu’il finance selon l’orientation politique qui arrange ses affaires.

« Selon ses propres déclarations, il serait, précise Richard Ouorou, un mécène politique ayant la capacité de financer des opérations électorales s’achevant par un K.O dès le premier round avant d’être subitement touché par des remords patriotiques qui l’ont conduit à ne pas mettre son argent au service d’une révision constitutionnelle qu’il jugea de trop.« 

C’est donc un homme énigmatique très peu connu des béninois et qui s’est révélé avec les affaires de tentatives de coup d’état et d’empoisonnement qui devient par la force des choses président de la République pour « AGIR ».

Selon le politologue Richard Boni Ouorou, le chantre du « Nouveau Départ » agit comme un prestidigitateur ou illusionniste dont le mode d’action consiste à détourner l’attention des spectateurs vers quelque chose de futile « afin de mieux préparer et exécuter le tour de passe-passe ». En détournant l’attention des gens sur des décisions à dessein polémique, indique Richard Ouorou, le chef de l’Etat « telle une araignée tisse lentement sa toile afin de s’assurer un maillage total de l’environnement politique et économique« .

Le politologue et membre individuel du Conseil des Relations Internationales de Montréal estime que cette méthode aura pour conséquence de travestir « l’environnement juridico- institutionnel du Bénin issu des résolutions et de l’esprit de la Conférence nationale. Tant l’Assemblée nationale que la Cour constitutionnelle sont devenues de simples ornements institutionnels ».

A en croire l’autopsie de Richard Ouorou, « le contrôle d’une part, de l’environnement politique par les biais des lois d’une iniquité sans précédent et d’autre part, de l’économie par l’intermédiaire de ses entreprises »,  permettront au président Patrice Talon de passer à la troisième phase de son plan : »disparaître« .

La réussite des deux premiers plans permettra au chef de l’Etat de retourner d’où, où il vient : « les coulisses ». Selon le politologue, c’est seulement à ce moment « qu’on comprendra d’une part, l’objectif des lois électorales et des partis politiques qu’il a fait voter et d’autre part, la véritable mission des hommes qu’il a placé dans les institutions névralgiques notamment la Cour constitutionnelle ». Au travers de ces deux éléments, affirme le politologue, « Patrice Talon entend placer à la tête de l’État et à l’Assemblée nationale des personnes qui lui seront dévouées corps et âmes et qui n’auront pour seuls droit et devoir que de servir ses volontés ».

Les commentaires sont fermés.

Ce site Web utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que vous êtes d'accord avec cela, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. Accepter En savoir plus