Burundi : le gouvernement accuse la Belgique de l’assassinat d’un héro de l’indépendance

Au Burundi, le porte-parole du gouvernement, Prosper Ntahorwamiye, a fait une troublante déclaration, devant les médias locaux, sur la crise qui secoue le pays depuis quelques années. Il indique que la Belgique a «une grande responsabilité dans les différentes crises sociopolitiques qui ont endeuillé le pays».

«Le Gouvernement burundais porte à la connaissance de l’opinion nationale et internationale que le Royaume de Belgique a une grande responsabilité dans l’assassinat du Prince Louis Rwagasore, de sa famille, ainsi que dans les différentes crises socio-politiques qui ont endeuillé le pays», a déclaré le porte-parole sur les radio et télévision d’Etat, Rtnb.

Cette déclaration, diffusée également dans un communiqué rendu public sur le site officiel du gouvernement, intervient alors que les Burundais commémoraient, le 13 octobre, le 57ème anniversaire de l’assassinat du prince Louis Rwagasore, héros de l’indépendance du pays. Bujumbura accuse Bruxelles par la même occasion d’avoir « trempé » dans l’assassinat du héros de l’indépendance et de sa famille. Prosper Ntahorwamiye a indiqué que la Belgique a inoculé au Burundi le virus des divisions ethniques à travers la politique de «diviser pour régner».

Depuis son accession à l’indépendance en juillet 1962, le Burundi a été cycliquement frappé par des guerres et des massacres interethniques sur fond de rivalités pour le pouvoir. C’est la première fois que Bujumbura accuse Bruxelles à travers un communiqué officiel d’avoir une responsabilité dans les crimes cycliques qui ont endeuillé le Burundi ces dernières années.

La Belgique n’a pas encore réagi à ces accusations

Depuis plus de trois ans, les relations entre Bruxelles et Bujumbura sont au plus mal. Le Burundi accusait jusqu’ici la Belgique, son ancienne Métropole, d’héberger ses opposants dont des auteurs de la tentative du coup d’Etat de mai 2015. A l’instar de nombreux autres pays occidentaux, la Belgique a suspendu son aide directe au Burundi, qui était pourtant son principal partenaire économique bilatéral.

Le Burundi a plongé dans une grave crise politico-sécuritaire depuis que le président Pierre Nkurunziza avait annoncé en avril 2015 sa candidature à un troisième mandat, jugé inconstitutionnel par l’opposition, la société civile et de larges pans de son propre parti. Un mandat qu’il a obtenu en juillet de la même année, au terme d’une élection boycottée par l’opposition. Les violences consécutives à cette crise ont déjà fait plus d’un millier de morts et poussé près de 400.000 personnes à fuir le pays, selon le rapport de l’agence de l’ONU pour les réfugiés (UNHCR) publié le 30 septembre 2018.

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