Bénin : on en sait un peu plus sur l’arrestation de Komi Koutché à Madrid

Le 14 décembre 2018, alors qu’il était en transit à Madrid (Espagne) en provenance de Dakar (Sénégal) pour Paris (France), l’ancien ministre béninois des finances, Komi Koutché, a été interpellé par la police espagnole. 72 heures après, beaucoup de zones d’ombres persistent toujours sur les réels motifs de cette interpellation, ce qui laisse libre cours à toutes formes de spéculations. Que comprendre de l’arrestation de l’ancien ministre Komi Koutché à Madrid ?

Attendu le 14 décembre aux environs de 10 heures à Paris où il devrait animer, le lendemain, un meeting avec la diaspora béninoise d’Europe (le meeting de Paris), Komi Koutché n’a pas pu rallier, comme prévu, la capitale française. Toute la journée du 14 décembre, les organisateurs du meeting de Paris sont restés sans nouvelle de l’ancien ministre. Il leur a fallu faire diligence dans la matinée du 15 décembre pour apprendre que Komi Koutché était aux mains de la police espagnole qui l’a privé de tous moyens de communication.

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Après avoir quitté le gouvernement en avril 2016, Komi Koutché s’est installé aux Etats Unis où il poursuit ses études universitaires. Pour certains, il se serait exilé d’autant plus que sa famille aussi a quitté le pays pour s’installer à Dakar. C’est donc pour passer du temps avec sa famille que l’ancien ministre était à Dakar depuis quelques temps. Pour se rendre à Paris, il a pris un vol de la compagnie aérienne espagnole Iberia qui a quitté Dakar le 13 décembre aux environs de 22 heures et devrait faire une escale de quelques heures à Madrid avant de rejoindre Paris, vendredi 14 décembre aux environs de 10 heures.

Arrivé à Madrid au petit matin du 14 décembre, Komi Koutché a été interpellé par la police qui l’a dépouillé de son moyen de communication. Il n’a donc pas pu parler à ses avocats encore moins aux membres de sa famille. Des informations que nous avons reçues, jusqu’au lundi 17 décembre 2018, Komi Koutché n’a pas encore pu parler à sa femme. De sources concordantes, on apprend qu’avant l’atterrissage du vol de la compagnie Iberia à l’aéroport Barajas de Madrid, des instructions auraient été déjà données pour l’arrestation et l’extradition expresse de l’ancien ministre vers le Bénin.

Le blackout des autorités béninoises qui alimente la rumeur …

En août 2017, Komi Koutché est cité dans un rapport d’audit qui fait était d’une mauvaise gestion du Fonds national de microfinance (FNM) dont il était le Directeur général entre 2007 et 2013. A cet effet, la justice béninoise avait délivré contre lui en février 2018, un mandat d’arrêt international. En avril 2018, Komi Koutché s’était présenté à la justice béninoise qui l’a écouté sur les faits de mauvaises gestions qui lui sont reprochés. De sources judiciaires, son audition s’est déroulée sans anicroche et l’ancien ministre était reparti libre de ses mouvements.

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A l’annonce de son arrestation à Madrid, plusieurs médias nationaux qu’internationaux ont vite fait le lien avec l’affaire FNM. Sur les réseaux sociaux, certaines voix officielles proches du pouvoir Talon ont laissé entendre que l’ancien ministre aurait été arrêté en possession d’un passeport diplomatique togolais. Mais officiellement, le gouvernement n’a pas réagi pour situer l’opinion publique béninoise sur sa demande d’interpellation ou non de Komi Koutché. Ce qui laisse libre cours à la rumeur et toute spéculations, notamment sur les réseaux sociaux.

« Toute personne a droit à l’information ». C’est ce que dispose l’article 7 du Code béninois de l’information et de la communication. Au regard de cette disposition, on est bien tenter de se demander si les autorités béninoises ont fait des démarches diplomatiques pour faire confirmer ou infirmer l’interpellation de l’ancien ministre par la police espagnole. Est-ce que autorités béninoises ont reçu un rapport de Madrid ou de Interpol à cet effet ? Ce rapport confirme-t-il que l’ancien ministre était en détention d’un passeport diplomatique togolais ?

En somme, autant de questions qui méritent des réponses et la réaction des autorités compétentes est vivement attendue.

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