Politique

L’Italie met en garde contre « une autre Libye » si le Venezuela est attaqué

L’Italie a rompu les rangs avec l’UE jeudi 31 janvier soir en déclarant qu’elle «ne reconnaît pas le président autoproclamé Juan Guaido» au Venezuela et en mettant en garde contre une intervention militaire dans le pays.

Cette déclaration intervient après que le Parlement européen eut voté en faveur de la reconnaissance de M. Guaido, député du parti de la volonté populaire, qui s’est déclaré président par intérim du Venezuela le 23 janvier bien qu’il n’ait participé à aucune élection. Le sous-secrétaire italien aux Affaires étrangères, Manlio di Stefano du mouvement des cinq étoiles, a déclaré que Rome était « totalement contre » un groupe de pays « déterminant les politiques internes » d’un État souverain: « C’est le principe de non-intervention qui est enchâssé par les Nations Unies.  »

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Après que les États-Unis ont reconnu M. Guaido comme président au lieu du chef élu du Venezuela, Nicolas Maduro, de nombreux pays d’Amérique latine et de l’UE ont emboîté le pas, bien que le Conseil de sécurité des Nations Unies ait refusé d’appuyer sa demande jeudi. Le gouvernement légitime du Venezuela continue d’être reconnu par une majorité de pays sur le plan international, y compris certains alliés américains tels que la Turquie et l’Arabie saoudite, qui se sont prononcés contre la tentative de coup d’État. M. Di Stefano a averti que les États-Unis semblaient se préparer à la guerre avec le Venezuela et a déclaré: «Cette même erreur a été commise en Libye, et tout le monde le reconnaît aujourd’hui. Nous devons empêcher que la même chose ne se produise au Venezuela. »

Une fois encore, l’Italie se démarque

L’Italie a été l’un des rares pays de l’UE à exprimer des réserves sur l’intervention de l’OTAN visant à soutenir les rebelles djihadistes en Libye en 2010, qui a entraîné le renversement du gouvernement de Mouammar Gadaffi et la guerre civile qui sévit depuis lors. Les propos du ministre des Affaires étrangères font suite à l’avertissement du Premier ministre Giuseppe Conte la semaine dernière selon lequel, il n’était pas «opportun de se précipiter pour reconnaître des investissements comme celui de M. Guaido qui n’ont pas connu de processus électoral. »

Guaido, formé aux programmes de gouvernance et de gestion politique aux États-Unis et ayant pris part à de violents affrontements avec la police lors des émeutes de guarimbas en 2014 visant à renverser le gouvernement élu du Venezuela, a déclaré jeudi que les forces de sécurité menaçaient sa famille. Un jour plus tôt, il avait affirmé avoir tenu des réunions secrètes avec des officiers de l’armée dans le but de convaincre l’armée à tourner le dos à Nicolas Maduro, le président.

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