Bénin – Législatives 2019: la méfiance, le talon d’Achille des discussions

La médiation en vue de trouver une voie de sortie pour la crise électorale a désormais du plomb dans l’aile. La méfiance, la mauvaise foi et le manque de volonté des uns et des autres a transformé le processus de recherche de consensus pour une élection inclusive et transparente en un véritable marché de dupe.

Le climat actuel de discussion entre le président de l’Assemblée nationale et les acteurs politiques impliqués dans le processus électoral est plus que vicié. Plus de deux semaines après l’appel du chef de l’Etat à la modification des textes électoraux en vue des législatives inclusives, transparentes et apaisées, les députés peinent à trouver la formule pour une sortie de crise. Le médiateur désigné par le chef de l’Etat ne fait plus l’unanimité. Si l’opposition a estimé qu’il est disqualifié pour conduire les négociations du fait qu’il apparaîtrais à la fois comme juge et partie, la mouvance devient de plus en plus méfiante vis à vis de leur partenaire politique. Dans le contexte actuel où le médiateur n’est accepté ni de l’une des parties et qu’entre elles, les parties s’accusent réciproquement de mauvaise foi, l’issue des discussions actuelles est alors incertaine.

Même dans le rang des parties en discussion, personne ne croit au processus mis en branle par le président de l’Assemblée nationale au lendemain de l’audience accordée par le président Patrice Talon. La preuve, les discussions n’avancent pas et on a le sentiment que la solution pour sortir de l’impasse n’est pas pour demain. Dans un entretien accordé à Afrik Chrono TV, l’honorable Guy Mitokpè ne s’est pas montré très optimiste quant à l’issue des pourparlers actuels.

« Nous ne croyons pas à la sincérité de ceux qui sont en face de nous. Nous ne croyons ni à la franchise ni à la sincérité de ceux qui sont en face de nous  » se désole-t-il.

Mais de leur côté, les blocs du chef de l’Etat estime que le médiateur, le président de l’institution parlementaire ne joue pas un jeu franc. Ils lui reproche notamment d’avoir remplacé par une proposition de loi dérogatoire portant modification de la charte des partis politiques, les propositions issues des échanges au sein du comité paritaire mis en place.

Pour Guy Mitokpè, les membres de la majorité parlementaire ne jouent pas à un jeu franc. Toute chose qui ne permet pas de mener des discussions franches pour parvenir à un accord. De son côté, le porte parole de l’union progressiste, l’honorable Jean-Michel Abimbola affirme ne pas comprendre ce qui s’est passé dans la nuit des discussions au sein du comité paritaire pour que les propositions sur lesquelles on s’est attendu soit remplacées au lendemain en plénière par le président de l’Assemblée nationale qui tente d’imposer une proposition non consensuelle. Pour les blocs de la majorité, il n’est pas question qu’au nom du consensus, ils acceptent tout. L’opposition quant à elle estime qu’aucune élection n’est possible en dehors de sa participation.

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