Bénin – réformes et politique: ce qu’en pensent les évêques

Les évêques du Bénin adressent chaque année au début du carême leur traditionnel message aux fidèles chrétiens et au peuple. Cette année, ce sont les réformes en cours dans le pays et ce que devrait incarner l’homme politique qui ont reçu l’attention des pasteurs de l’église catholique. 

Dans leur adresse, après un rappel des exigences du carême à tous les fidèles chrétiens, les évêques se sont prononcés sur les questions relatives aux réformes en cours. Ils ont également donné leur définition de ce que doit être un homme politique.

En ce qui concerne les réformes, les évêques pensent qu’elles doivent être mises au service de la dignité humaine. « mettre les réformes au service de la dignité de l’homme ». On pourrait comprendre à travers cette déclaration que toutes les réformes qui ne prennent pas en compte les besoins de l’homme sont de nature à le desservir.

Pour les pasteurs de l’église, l’ambition des gouvernants actuels à mettre en oeuvre de  grands projets dans plusieurs domaines pouvant faire du Bénin une cité phare est totalement légitime. C’est pourquoi, conscients du changement que ces projets apporteront à toute la nation, ils encouragent le gouvernement. Mais ils insistent qu’en dépit de tout il faut « rechercher tout le bien, ne jamais se lasser de faire du bien. »

Et d’ajouter,  « des réformes et projets d’une telle envergure nécessitent une vigilance accrue sur l’homme, sur le respect de sa dignité et de sa liberté, la quête permanente de son adhésion et de sa contribution personnelle. »

Selon les évêques, la mise en oeuvre de ces réformes « impliquent une prise en compte de toutes les dimensions sociale, spirituelle, matérielle, culturelle, de la personne humaine’‘. Ce ne serait donc pas normale que l’on laisse de côté ces aspects importants car pensent-ils  » à oublier ou négliger la primauté de chaque être humain dans la gouvernance de la cité, on aboutit à un climat de morosité, de tension, de révolte et même de rejet, surtout si, face aux cris du peuple en souffrance, l’on reste sourd, séduit par les sirènes opportunistes des griots inconditionnels ».

Les évêques soulignent que « tout peuple aspire à donner sens à sa vie, sens de bonheur, de justice, de paix ». Mais ils estiment « qu’on ne peut servir un peuple sans faire la vérité sur sa raison d’être et sans la prendre constamment en compte, au risque d’aller d’échec en échec, pour le malheur de plusieurs générations. »

La question de la politique et de l’homme qui l’anime au Bénin

Avant d’aborder cette question, les évêques proposent une réconciliation de la politique avec la vérité. »réconcilier la politique avec la vérité ».

Parlant de la situation actuelle du pays, les évêques pensent que « la crise de vérité fait le nid des injustices et des réactions violentes de révolte et d’insurrection » . Sur le champ politique, on observe l’option préférentielle pour le mensonge. Partout dans le monde aujourd’hui, la majorité des citoyens trouvent que leurs leaders et gouvernants se discréditent de plus en plus par leurs impostures.

 

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