Algérie : Bouteflika «est entre la vie et la mort» (Ministre)

Premier faux pas par manque d’expérience, participation à une campagne de manipulation ou information avérée ? La ministre de la Culture fraîchement désignée en remplacement d’Azzedine Mihoubi a affirmé sur sa page Facebook que le président Bouteflika «est entre la vie et la mort» et que «son diagnostic vital est engagé».

Meriem Merdaci a-t-elle violé l’obligation de réserve, en oubliant qu’elle occupe désormais une haute fonction au sein de l’Etat ? Ou participe-t-elle consciemment à la campagne d’intoxication menée par certains médias qui se sont alignés sur un clan contre un autre dans la guerre larvée qui fait rage au sommet de l’Etat entre le chef d’état-major de l’ANP et l’entourage immédiat du président Bouteflika ? Dans tous les cas elle a lancé une bombe sur les médias sociaux en indiquant que le président «est entre la vie et la mort».

Le chef de l’Etat, qui vient d’annoncer sa démission avant la fin de son mandat, n’a fait aucune apparition publique depuis son retour de Genève. Les Algériens avaient vu un président très affaibli recevant tour à tour Lakhdar Brahimi, Ahmed Ouyahia, Ramtane Lamamra, Noureddine Bedoui et le général de corps d’armée Ahmed Gaïd-Salah. Ce qui fait dire à une bonne partie de l’opinion publique que le contrôle de la présidence de la République échappe à Bouteflika dont l’état de santé a fait que son frère a pris les rênes de l’Etat à sa place illégalement.

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Les citoyens sont de plus en plus nombreux à être convaincus que les messages adressés à la nation n’émanent pas du président de la République et que les décisions prises ces dernières semaines l’ont été par ses proches. L’appel du chef d’état-major à l’application de l’article 102, qui stipule la destitution du président de la République, n’est pas fortuit. Ahmed Gaïd-Salah semble, en effet, avoir attendu d’obtenir des informations des coulisses de Zéralda avant de passer à l’acte en exigeant le départ du Président dont l’impotence fait peser de graves menaces sur la stabilité du pays. Mais les choses se sont compliquées lorsque le Conseil constitutionnel, présidé par Tayeb Belaïz, un fidèle lieutenant des Bouteflika, a refusé de siéger pour constater l’empêchement et entamer la procédure de destitution. D’où la passe d’armes actuelle entre le patron de l’armée et le cercle présidentiel.

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