Et si la lettre des Fcbe, Usl à Macron passait au tribunal des anti franceafrique?

Les Forces cauris pour un Bénin émergeant (Fcbe) et l’Union sociale libérale (Usl) ont adressé ce vendredi 5 avril 2019 une lettre au Président français Emmanuel Macron. A travers cette lettre, les deux partis de l’opposition sollicitent la médiation de la France notamment de son président pour la résolution de la crise préélectorale en cours au Bénin. Mais au regard de la critique de la jeunesse africaine depuis quelques années contre la politique de la France en Afrique, on se demande si cette lettre des Fcbe et de l’Usl ne leur coûtera pas des remontrances.

Depuis quelques années, on note une montée de la colère de la jeunesse africaine contre la politique de la France en Afrique. Dans leur majorité, les jeunes africains ne souhaiteraient plus voir la France se mêler des affaires africaines. Cette position s’est durcie depuis quelques années avec la montée des mouvements anti franceAfrique dans tous les pays d’Afrique francophone. Le franco-béninois Kemi Séba l’une des figures emblématiques des meneurs du mouvement anti franceafrique suscite depuis peu l’admiration de nombre de jeunes africains et surtout béninois.

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C’est dans cette atmosphère que, paradoxalement, les deux partis de l’opposition béninoise ont choisi de solliciter la France pour une médiation dans la résolution de la crise préélectorale en cours au Bénin. Cette initiative des Forces cauris pour un Bénin émergeant et de l’Union sociale libérale pourraient être mal perçu par les défenseurs de la FranceAfrique pour deux raisons.

Les raisons

La première raison est d’abord la souveraineté de l’Etat béninois. En effet, pour rappel, depuis 1960 le Bénin a accédé à l’indépendance et est donc un Etat souverain. Cela veut dire de façon claire que la gestion des affaires internes du Bénin revient au peuple béninois.

Le Bénin a, certes, souscrit aux accords internationaux en matière de la gestion de certaines crises. Mais il n’y a pas de « façon officielle » un accord particulier de gestion des affaires du Bénin par la France depuis les indépendances de 1960. A voir de près l’initiative des Fcbe et de l’Usl envers le Président français Emmanuel Macron, on se croirait toujours à la période d’avant indépendance où il y avait un rapport colon-colonisé. Ce rapport amenait les dirigeants français à gérer les affaires internes des pays francophones d’Afrique. Cette période est déjà révolue.

La deuxième raison en est que depuis quelques années, la jeunesse africaine ne veut plus entendre parler de la France ni de ses dirigeants en Afrique. Dans ce cadre, des mouvements de jeunes dénoncent partout la présence de la France en Afrique. L’ong Urgences Panafricanistes du franco-béninois Robert Stellio Capo-Chichi connu sous le nom Kèmi Séba en est un exemple. On se demande depuis ce vendredi l’appréciation que feront Kèmi Séba et ses jeunes militants de la lettre adressée par les Fcbe et l’Usl au président français Emmanuel Macron.

L’échec de Lionel Zinsou, alors candidat des Fcbe aux dernières présidentielles de 2016 est dû en grande partie à sa proximité avec le système français. Il a été jugé à tord ou à raison d’émissaire de la France au Bénin. L’on se rappelle encore du concept « Yovo » qui lui est attribué pour dire qu’il est un « Blanc ».

En sollicitant Emmanuel Macron en tant que Président de la France, les responsables des Fcbe et de l’Usl pourraient connaitre des désaveux de la jeunesse africaine en général et béninoise en particulier. Cette initiative pourrait entraver leur côte de popularité au Bénin voire en Afrique surtout francophone.

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