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Législatives 2019: une élection qui n’honore pas le Bénin, selon la plateforme électorale des Osc

Après quatre jours de travail assidu dans la salle de situation électorale, la plateforme électorale de la société civile a présenté ce lundi 29 avril 2019 sa déclaration préliminaire. Pour les personnalités de cette plateforme, les élections législatives du 28 avril 2019 dans son déroulement est « une élection qui n’honore pas le Bénin ».

[su_heading size= »17″]A lire aussi :Bénin – Législatives 2019: la plateforme des Osc confirme deux pertes en vies humaines [/su_heading]

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C’est la présidente de la plateforme électorale des organisations de la société civile, Fatoumata Batoko Zossou (relayée dans la lecture de la déclaration par l’expert en gouvernance, Joël Atayi Guèdègbé) qui a lu dans l’après-midi de ce lundi 29 avril 2019, la déclaration préliminaire de la mission de monitoring des élections législatives du 28 avril 2019. De l’analyse du contexte politico-juridique et les multiples insuffisances et incidents qui ont jalonné tout le processus, les responsables de la plateforme électorale des organisations de la société civile en sont venus à la conclusion que les législatives du dimanche dernier est  » une élection qui n’honore pas le Bénin« .

Contexte juridico-politique de la tenue des législatives:

Le Bénin depuis quelques semaines vit une ambiance électorale caractérisée par d’énormes tensions pré-électorales et une psychose perceptible, alimentée par des craintes de violences électorales. Cette situation, selon la plateforme électorale des OSC, est générée par la mise en oeuvre de la loi N°2018-31 du 09 Octobre 2018 portant code électoral et la loi  N°2018-23 du 17 Septembre 2018 portant charte des partis politiques en République du Bénin.

En effet, ces deux textes qui régissent l’organisation des élections ont entraîné le processus dans une impasse politique qui n’a pu trouver de solution consensuelle; a fait remarquer Madame Fatoumata Batoko Zossou dans sa déclaration.  » Ces dispositions ont cristallisé les positions d’une part entre acteurs politiques et d’autre  part entre acteurs politiques et institutions en charge des élections conduisant ainsi le processus dans une impasse politique » a-t-elle relevé.

Ces tensions pré-électorales se sont renforcées avec les dossiers de candidature. En effet, des sept partis politiques qui ont pu déposer leur dossier avant la clôture, seulement deux ont pu tirer leur épingle du jeu. Ces deux formations politiques retenues par la commission électorale nationale autonome (Cena) sont tous proches du président de la République. Une situation déplorée par la plateforme qui a dû orienter autrement sa mission de monotoring des élections pour contribuer au maintien de la paix.

De la mission de la plateforme: 

Dans sa détermination à contribuer à la recherche de la paix par l’organisation d’une élection inclusive; la plateforme électorale des organisations de la société civile s’est assignée une mission en deux volets: il s’agit d’une part de mener plusieurs rencontres de plaidoirie avant les élections à l’endroit des présidents des institutions et autres acteurs politiques impliqués dans le processus électoral afin qu’ils fassent preuve de souplesse de leur position pour aller à une situation consensuelle. D’autre part, n’ayant pas été entendu dans sa démarche, la plateforme a décidé de réorienter sa mission d’observation électorale prévue pour le jour du scrutin en une mission de monitoring des nouveaux enjeux de participation à prévenir de potentielles violences.

La contribution de la plateforme électorale des OSC

Le contexte sensible et les menaces de violences qui planent sur le processus électoral a motivé un certain nombre d’initiatives au niveau de la plateforme. Ainsi, avec l’appui financier de l’UE et de la Coopération Suisse sous mandat de Labo citoyennetés, la plateforme électorale a procédé à l’organisation avec la Céna d’un atelier de compréhension de l’article 242 du code électoral relatif à la répartition des sièges, l’édition et la distribution de 5000 exemplaires de code électoral et de charte des partis politiques, la tenue de 8 rencontres de plaidoyers avec les présidents d’institution de la République et des responsables des partis politiques; a mentionné madame Fatoumata Batoko Zossou dans sa déclaration. Il faut noter qu’en dehors de ces initiatives prises avant le scrutin, la Salle de situation électorale vient renforcer le dispositif mis en place par cette plateforme électorale. composée de plusieurs chambres, elle est constituée comme suit:

  • 15 e-moniteurs déployés le 8 mars et renforcés par 36 moniteurs terrain déployés le 13 mars 2019. Cet effectif sera renforcé le jour du scrutin par 714 autres moniteurs et 24 superviseurs, soit un déploiement de 789 moniteurs répartis dans les 546 arrondissements;
  • La chambre technique composée de 22 techniciens mobilisés et équipés. Cette chambre est chargée de maintenir le contact  permanent avec les 789 moniteurs;
  • La chambre d’analyse: constituée de 7 experts de profils variés ayant pour rôle d’analyser les données collectées et traitées par la chambre technique afin d’élaborer des documents de position;
  • La chambre de réponse: composée de 5 personnalités chargées de valider les alertes , recommandations et autres publications avant leur diffusion;
  • La cellule de communication: elle assure la visibilité et la diffusion des documents validés ainsi que l’interface avec les acteurs des médias.

Les incidents relevés par les moniteurs de la plateforme: 

Tout au long de la journée de ce dimanche 28 avril 2019, l’atmosphère au niveau des postes de vote s’est davantage détériorée. Ainsi, il a été relevé par les moniteurs de la plateforme les incidents ci-après:

  • des sorties de divinités locales à Savè ainsi que des cas de blessés à la suite d’accrochage entre militants des deux partis en lice et ceux de l’opposition,
  • un décès enregistré à Bantè après un accrochage entre population et forces de l’ordre,
  • un engin blindé de la police républicaine incendié à Savè après accrochage entre population et force de l’ordre,
  • un capitaine de l’armée pris en otage à Savè. Les populations ont exigé et obtenu en échange de sa libération, celle de huit (8) civils arrêtés ce dimanche matin,
  • à Parakou, un groupe de jeunes manifestants armés de gourdins, de machettes, de brique et d’armes modernes passe de poste de vote en poste de vote pour disperser et renvoyer les votants et les agents de bureau de vote. Il a été signalé un décès à la suite d’accrochage entre militants des partis en lice,
  • dans la Commune de Bantè, face aux violences perpétrées par des manifestants, les forces de l’ordre se sont retirées des centres de vote. Les téléphones de moniteurs et journalistes ont été confisqués par les meneurs des mouvements,
  • à Parakou, des individus masqués ont pris d’assaut les trois arrondissements de la Commune en emportant les urnes. Les membres de poste de vote ont pris la fuite. Les moniteurs de la plateforme ont dû enlever leur uniforme pour se confondre à la foule,
  • dans certaines de localités comme Klouékanmey, Banikoara, Dassari, Materi, …il a été noté des tentatives de fraude, d’achat de conscience, de bourrage d’urnes et d’intimidation,
  • dans certaines zones de Porto Novo, il a été noté des actes de vandalisme.

Au regard de ces constats, la plateforme électorale des organisations de la société civile a estimé que les élections législatives du 28 avril 2019 n’honore pas le Bénin.

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