Bénin: la 8è législature pourrait-elle infirmer les appréhensions du peuple ?

La nouvelle mandature de l’Assemblée nationale du Bénin a été officiellement installée jeudi 16 mai suivie de l’élection des membres du bureau vendredi 17 mai. Au regard de la configuration de cette  législature, le peuple craint que les députés ne se soustraient de leurs prérogatives.

Terminus ! Le processus électoral a connu son épilogue avec l’élection et la mise en place des 83 députés devant siéger à la 8è mandature de l’Assemblée nationale. Il est connu de tous que l’actuelle représentation nationale est issue de deux formations politiques parrainées par la Présidence ou du moins proches du Président de la République, Patrice Talon. Toute chose qui pourrait corroborer les appréhensions du peuple quant à la mission dévolue à l’Assemblée nationale.

Plusieurs observateurs de la vie politique redoutent que la présente mandature ne soit exclusivement à la solde ou dédiée aux tenants du pouvoir. Selon le Président du Parti le Nationaliste, Irénée Agossa, le Bénin entre de plain pied dans l’ère d’une nouvelle génération du néocolonialisme avec cette Assemblée nationale.

En effet, au terme des dispositions de l’article 79 de la constitution du  11 décembre 1990, le Parlement exerce le pouvoir législatif et contrôle l’action du Gouvernement. Une mission régalienne remplie par les législatures qui se sont succédées nonobstant quelques couacs.

Il serait superflu de rappeler que depuis le renouveau démocratique, la vie parlementaire est toujours animée par  plusieurs chapelles politiques. La 8ème législature, présidée par Louis Vlavonou, fait figure d’exception. 47 progressistes et 36 républicains, tous de la mouvance présidentielle vont exercer le pouvoir législatif. Auront-ils les coudées franches pour contrôler l’action gouvernementale conformément aux dispositions en vigueur au Bénin ? Bien malin qui pourra répondre à cette question.

Les premiers faux pas

Les premiers faux pas de cette législature ont été notés vendredi dernier à l’occasion de l’élection des membres du bureau. Mariam Chabi Talata Zimé, suppléante de Sacca Lafia élu sur la liste de l’Union progressiste dans la 8è circonscription électorale a été portée en triomphe au poste de 1ère vice-présidente de l’Assemblée nationale après la démission de celui-ci. Toute chose qui a choqué les spécialistes de droit et révolté des internautes. ‘’Je continue de penser que la seule et unique réforme nécessaire qu’il nous faut au Bénin est d’apprendre à lire et à respecter nos lois’’, s’est indigné le Juriste Serge Prince Agbodjan.

Car selon l’article 12 du règlement intérieur, ‘’Tout député peut se démettre de ses fonctions à tout moment. Toutefois, en début de législature, cette démission ne peut être reçue que dans les conditions ci-après : soit après l’expiration du délai de dix (10) jours prévu pour le dépôt des requêtes en contestation si son élection n’a pas été contestée ; soit après la notification de la décision de rejet rendue par la Cour Constitutionnelle, si son élection a été contestée. Les démissions sont adressées au Président. A la séance plénière suivante au plus tard, il en informe les députés et les notifie au Gouvernement’’.

Malheureusement, ces étapes consignées dans le règlement intérieur de l’institution n’ont pas été suivies. Les députés sont passés outre les dispositions en vigueur. Une situation que certains appellent premières fausses notes de la 8ème législature.

 

 

 

 

 

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