Bénin – Evénements de Tchaourou: mouvement spontané ou organisé?

La question que se posent plusieurs Béninois est de savoir si le soulèvement de Tchaourou depuis le lundi 10 juin est un mouvement spontané ou un plan bien huilé pour mettre le pays à feu et à sang. Les événements de Cadjèhoun ayant été planifiés et commandités selon la déclaration de presse du Procureur.

Depuis le lundi 10 juin, les populations de la ville natale de Boni Yayi sont arrivées à bloquer la voie inter état Bénin-Niger. La circulation est bloquée dans les deux sens. Même le directeur départemental de la police du Borgou a reconnu la difficulté de ses éléments à affronter les populations visiblement décidées à en découdre avec les agents et les infrastructures. Le commissariat incendié, des biens privés vandalisés et toutes activités en standing-by.

Chose curieuse, les événements qui se déroulent dans la ville de l’ancien chef d’Etat soupçonné d’être l’un des instigateurs du soulèvement des 1er et 2 mai à Cotonou prend la même allure que ceux de Cadjèhoun. Si les autorités au plus haut niveau, des ministres du gouvernement y compris, ont affirmé que l’émeute de Cotonou avait été préméditée, il n’en demeure pas moins qu’un flou demeure autour de celle de Tchaourou.

Boni Yayi qui devrait recevoir un juge d’instruction parce que soupçonné d’être l’un des commanditaires est interdit de sortir depuis le 1er mai. Son domicile est bien gardé par les hommes en uniforme. Son entourage parle d’une assignation à domicile illégal alors que le gouvernement évoque une mesure sécuritaire pour lui et pour tout le quartier. Alors qu’il n’est plus libre de ses mouvements, peut-il encore contribuer au soulèvement des siens? Sinon, qui a donc manipulé les populations de Tchaourou à ce point?

Le directeur départemental a rassuré que des meneurs de la lutte ont été interpellés. Parmi eux, y a-t-il des drogués? Sont-ils des Béninois ou des étrangers? Qui les a motivés à désobéir? Autant de questions auxquelles les responsables au plus haut niveau pourraient répondre pour situer les responsabilités. Le procureur de la République près le tribunal de Parakou pourrait ouvrir une procédure judiciaire à l’effet d’élucider le dossier relatif aux événements de Tchaourou. Si c’est un soulèvement spontané, des parallélismes pourraient dissiper certains doutes au sujet des événements de Cotonou. Cela éviterait des polémiques inutiles au sein de la population.

 

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