Politique

Soudan: troisième jours de la désobéissance civile

La société civile soudanaise continue de faire grève et de manifester face à la répression violente et au refus de l’armée de transférer le pouvoir.

Les entreprises de la capitale soudanaise, Khartoum, sont toujours fermées mardi, alors que se déroulent le troisième jour de grève et de manifestations afin de faire pression sur le Conseil militaire de transition (TMC) pour qu’il transfère le pouvoir à un conseil civil. Une décision de désobéissance civile qui intervient une semaine après que les forces de sécurité soudanaises ont tué au moins 100 manifestants pacifiques devant le siège de l’armée à Khartoum. Le pays était presque complètement coupé du monde, car Sudatel, le principal fournisseur d’accès Internet du Soudan, était désactivé. Les lignes n’ont été que partiellement restaurées lundi.

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En réponse à la désobéissance civile de la semaine dernière, le conseil a promis dimanche de « renforcer la sécurité », en accusant les manifestants d ‘ »incidents récents et malheureux », y compris la fermeture de routes. Les médecins d’un hôpital de Khartoum ont déclaré que des paramilitaires avaient attaqué les manifestants lundi dernier et que quelques 70 femmes avaient été violées, selon The Guardian. La circulation et les transports en commun dans la capitale restent réduits, selon l’AFP. Certains ont vu les manifestations et les sit-in comme des succès. « Cela montre clairement ce que nous pouvons faire, et de manière pacifique », a déclaré un manifestant de l’AFP. « Une telle action ne provoque pas la mort et maintient en même temps une pression sur le conseil militaire », a-t-il expliqué, en promettant que cette tactique se poursuivrait. Le général Jamaleddine Omar du TMC a déclaré dimanche qu’en fermant les routes et en érigeant des barricades, la tactique utilisée par les manifestants pour exiger un changement de régime civil, « est un crime à part entière, car elle empêche les gens de mener leur vie normale. « 

La manifestation avait débuté en décembre à la suite de la colère contre la décision du gouvernement de faire tripler le prix du pain avant de se transformer en mouvement politique. À la fin du mois d’avril, Omar al-Bashir, président depuis 30 ans,  avait été renversé par l’armée. Depuis lors, des organisations sociales soudanaises négocient et protestent avec le conseil militaire pour exiger un transfert immédiat du pouvoir aux civils. Suite à l’échec des négociations entre les deux parties la semaine dernière et des massacres de civils, 118 autres personnes ont été tuées et plus de 500 blessées, selon des médecins. Le gouvernement a déporté trois leaders de l’opposition au Sud-Soudan depuis la semaine dernière, selon la BBC.

Les personnalités de l’opposition ayant pris part aux négociations de la semaine dernière sous la médiation du Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed ont également été arrêtées. Ahmed doit rentrer du Soudan cette semaine, mais l’opposition est forcée à la clandestinité, craignant d’autres assassinats militaires. L’Union africaine a suspendu le Soudan la semaine dernière après les massacres, mais les responsables de la TMC se disent confiants d’avoir le soutien de pays clés de la région, notamment l’Égypte, les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite.

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