CPI – Affaire Gbagbo et Blé Goudé : Fatou Bensouda n’a aucune chance de gagner ?

En attendant les 30 autres jours accordés au procureur Fatou Bensouda de la Cour pénale internationale pour faire appel ou non de la décision rendue par la Chambre préliminaire de ladite cour, le juge président de cette chambre revient sur les incohérences dans le dossier du procureur qui a fondé sa décision d’acquitter Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé.

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« Ma conviction que les deux accusés devraient être acquittés, (est) fondée sur l’évaluation des éléments de preuve et sur leur exceptionnelle faiblesse », a indiqué Cuno Tafuser. Sans s’en arrêter à ce seul argument, il a souligné que « pendant près de deux ans, j’ai assisté à l’étiolement de la cause du Procureur dans la salle d’audience, où les témoins, qui allaient de la plus humble des victimes aux plus haut gradés de l’armée ivoirienne, ont les uns après les autres systématiquement affaibli, lorsqu’ils n’ont pas complètement décrédibilisé, la thèse qu’ils étaient « censés » soutenir, le Procureur les ayant cités à comparaître à cette fin ». Il va sans dire que ni les preuves apportées par le procureur, ni les témoins cités n’ont, à aucun moment convaincu de l’existence d’une quelconque culpabilité établie, de Gbagbo et Blé Goudé.

« Pendant près de quatre ans, j’ai aussi passé au crible des montagnes de documents qui soi-disant appuyaient cette thèse, mais dont aucun n’en a apporté un commencement de confirmation, qu’ils soient pris individuellement ou dans leur ensemble », indique le juge président.

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Il souligne même que certains éléments de preuves apportés par Bensouda, pourraient même être falsifiés ou montés de toute pièce. « Comme cela est souligné dans les Motifs, nombre de ces documents étaient d’authenticité douteuse, qu’il est probablement juste de dire que, dans de nombreux systèmes nationaux, une majorité des preuves documentaires produites par le Procureur n’aurait pas réussi ne serait-ce que le plus rudimentaire des tests d’admissibilité », martèle Tafuser.

Autant de raisons donc qui ont poussé la chambre préliminaire à relâcher, le 15 janvier 2019, les accusés Laurent Gbagbo et Blé Goudé, dont le procès s’était ouvert le 28 janvier 2016. On pourrait, à partir de ceci, déduire que Fatou Bensouda n’aurait aucune chance de faire accepter un appel ou, si cela arrive, de gagner ce procès marathon.

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