Politique

Gabon – Santé d’Ali Bongo: juge suspendu et audience reportée, que craint le gouvernement ?

L’audience à la cour d’appel du Gabon concernant une pétition sur l’aptitude à gouverner du président Ali Bongo Ondimba après un accident vasculaire cérébral n’a pas eu lieu lundi comme prévue, ont annoncé des avocats.

Selon des avocats qui étaient allés au tribunal dans le cadre de l’audience qui devrait déterminer si le président Ali Bongo est encore apte ou non à exercer ses fonctions de président,  toutes les audiences avaient été reportées à lundi prochain. La raison évoquée pour justifier ces reports en masse, est que « le nombre de juges est insuffisant », a déclaré l’avocat Anges Kevin Nzigou, représentant l’un des requérants. Quelques jours avant l’appel, le président du tribunal avait été suspendu pour avoir donné suite à la requête contre Bongo. La santé de Bongo est un problème politique aigu dans ce petit État d’Afrique centrale, riche en pétrole. Le chef de l’Etat âgé de 60 ans a été victime d’un AVC en octobre dernier lors d’une visite en Arabie saoudite.

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Depuis lors, il a fait peu de comparutions et n’a toujours pas parlé en public, hormis quelques mots prononcés à son retour à Libreville en mars. Dix membres de l’opposition politique, de la société civile et du mouvement syndical du Gabon ont demandé à ce que Bongo soit évalué afin de déterminer s’il était  apte à continuer d’exercer ses fonctions. Une juridiction inférieure a classé l’affaire en mai, affirmant que seules les deux chambres du Parlement, ou la Cour constitutionnelle agissant à la demande du gouvernement, étaient habilitées à déterminer si le président était inapte. Mais le 12 août, la Cour d’appel a déclaré qu’elle entendrait un appel des demandeurs et en fixerait la date le 26 août.

La semaine dernière, la présidente du tribunal, Paulette Akolly, a été suspendue pendant deux mois par le ministère de la Justice. Elle aurait violé une décision de la Cour de cassation, la plus haute autorité du système judiciaire du Gabon, qui avait été sollicitée par les avocats de Bongo. L’avocat de Bongo, Tony Serge Minko Mi Ndong, a déclaré lundi « la Cour d’appel a réglé la situation » et « tout est rentré comme il se doit ». Les audiences repoussées au 2 septembre « ne nous concernent plus », a-t-il déclaré.

Des manœuvres de diversion ou d’intimidation ?

De ces différents actes du gouvernement et cette façon pour les membres de l’exécutif de s’ingérer dans les affaires judiciaires, plusieurs observateurs commencent réellement et fortement à douter des aptitudes du président à gouverner véritablement. Une chose est de faire des apparitions sporadiques, de rester debout et de marcher tout seul même si c’est avec une canne, mais  jouir de toutes ses facultés psychologiques, c’en est une autre . Ali Bongo a-t-il encore « la tête sur les épaules » ou son entourage tente par tous les moyens de le faire croire ?

Dans tous les cas, manœuvrer les organes judiciaires pour éviter que cela soit élucider pour de bon, est une preuve irréfutable d’un manque de volonté.La semaine dernière, les autorités ont ordonné une suspension de deux mois de l’accréditation du journaliste vétéran de Radio France Internationale (RFI) Yves-Laurent Goma. Il avait signalé que Bongo n’avait pas réussi à saluer les troupes lors des cérémonies du jour de l’indépendance à Libreville le 17 août.

Toutefois, il s’agit quand même du président de la république ; malade ou pas il mérite tout le respect dû à son rang. En revanche, le groupe  appelé Appel à Agir, qui avait lancé une campagne en faveur d’une évaluation de l’aptitude de Bongo, a indiqué dans une déclaration que l’audience était simplement « reportée » et qu’elle ne devrait pas être affectée par la suspension d’Akolly. Le président gabonais a succédé à son père, Omar Bongo, devenu chef de l’Etat en 1967 et décédé en juin 2009, laissant un pays où la corruption, la mal gouvernance et des biens mal acquis sont sans cesse dénoncés

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Un commentaire

  1. La manipulation, le pouvoir, l’argent, les moyens… On peut corrompre la Justice au sein de l’Etat, mais on ne peut pas balayer du simple revers de la main de tels tares qui sont dépourvues d’opacité et qui insultent le Droit en Afrique.

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