Bénin – récépissé des Fcbe: un pacte de Boni Yayi avec Patrice Talon?

Le parti Forces cauris pour un Bénin émergent a finalement obtenu son sésame pour participer au débat politique voire aux prochaines élections au Bénin. Mais cela n’a pas rencontré l’assentiment de tous les ténors du parti. Le mur fissuré, les lézards en profitent pour y ériger demeure.

Alors que la bonne nouvelle devrait consolider la famille cauris qui avait été écartée des élections législatives du 28 avril 2019 faute d’une existence légale, le récépissé définitif obtenu ce mardi 24 septembre vient enclencher le processus de désunion au sein de la plus grande alliance qui résistait aux aléas politiques depuis l’arrivée au pouvoir du régime de la rupture. Théophile Yarou, Paul Hounkpè et Amadou Issifou ont supplanté leurs camarades visiblement jusqu’au-boutistes pour se plier aux exigences de Sacca Lafia, fidèle ministre de l’intérieur de Patrice Talon. Conséquence, le parti, en dépit de tout ce qu’on pourra reprocher aux « putschistes », est officiellement reconnu par l’Etat béninois voire les instances internationales.

Les résistants, quoique les revendications paraissent légitimes, doivent, à tout point de vue, savoir qu’ils ouvrent la porte à la division du parti. En effet, depuis que les suspicions ont pris corps, les nouveaux mandataires livrés au lynchage sur les réseaux sociaux, le camp d’en face, la mouvance, en profite pour semer plus de confusion dans les cervelles de plus d’un. Quand votre adversaire se régale au sujet de la victoire de vos partenaires « supposés pragmatiques », cela ouvre la voie à plusieurs hypothèses. Chose tout à fait normale en politique. La communication outrancière des alliés du pouvoir dans cette affaire, adulant le trio Yarou-Hounkpè-Issifou, peut, politiquement, fragiliser les liens de confiance entre les camarades d’hier et donc ouvrir une passerelle vers le déclin du parti.

Une réconciliation malgré tout pour éviter le pire

Il revient donc aux bolchevistes de ramener la balle à terre pour regarder dans la direction qui convient. S’il paraît légitime la revendication de la reprise des élections législatives, il n’en demeure pas moins que seules les formations politiques à jour y prendront part au cas où le chef de l’Etat accéderait à cette exigence. Mieux, pour opiner en tant que parti politique, il faut inéluctablement avoir une personnalité juridique. Une certaine bataille juridico-politique ne pourra servir que la mouvance. Le ministère de l’intérieur ne pouvant plus délivrer un autre récépissé au même parti, la seule option pour s’adjuger la paternité de la formation dont Boni Yayi est leader reste une saga judiciaire. Ce qu’il faut éviter à quelques mois seulement des élections communales. Elle constituera à disperser le peu de militants restés fidèles depuis bientôt quatre ans.

Boni Yayi pactisé avec Patrice Talon?

Les communistes de souche, Tigri, Azatassou et consorts doivent aller au-delà du trio « comploteur ». Boni Yayi, le fétiche des cauris, reste le président d’honneur du parti. Cela devrait être un signe pour rassurer les uns et les autres. Pour qui connaît les deux messieurs, Yayi et Talon, une compromission politique relèverait d’un miracle. Même si les pires surprises ont pour origine et destination la politique sous les tropiques. Et les dépositaires des Fcbe sont censés le savoir. A moins de choisir délibérément de verser dans une polémique qui ne fragiliserait que le parti qui se réclame le plus ancré dans les encoignures du pays, les deux camps doivent savoir que la fissure, en un laps de temps, s’élargit et risque de conduire la famille au cimetière.

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