Fermeture des frontières bénino-nigérianes: la filière véhicules d’occasion en agonie

L’impact de la fermeture des frontières nigérianes a commencé par se faire sentir dans certains secteurs économiques du Bénin. C’est le cas du secteur des véhicules d’occasion actuellement confronté à des difficultés.  

La filière des véhicule d’occasion déjà en difficulté pourrait s’effondrer avec la fermeture des frontières nigérianes qui frappent de pleins fouets le Bénin. La baisse drastique des sorties de véhicules enregistrée depuis la crise frontalière avec le Nigéria est une situation qui peut sonner le glas de cette activité dans laquelle plusieurs béninois et même des nigérians se sont enrichis. En effet, selon des informations proches des promoteurs, le taux de vente des véhicules a chuté à plus de 80% dans les endroits où quelques clients se hasardent encore. Dans d’autres parcs, le nombre de véhicule qui sort est passé de 300 véhicules vendus par jour à seulement 20 par semaine.

En effet, depuis cette lamentable situation de fermeture de frontière, c’est le désarroi dans le rang d’importateurs de véhicules d’occasion, de gestionnaires de parcs, de transitaires, et autres agents satellites de cette filière qui génère 15 000 emplois directs et plus de 100 000 emplois indirects, selon une statistique de la banque mondiale.

Des chiffres sur la filière des véhicules d’occasion au Bénin

Selon les statistiques de 2010 à 2015, le Bénin a importé en moyenne 400 000 véhicules d’occasion dont plus de 80% en transit à destination des pays voisins et pour une large partie, au Nigéria. De 2015 à 2016, ces chiffres ont totalement chuté. Face aux difficultés de la filière, le régime actuel, au lendemain de sa prise de pouvoir, a engagé des réformes dans ce secteur. Il s’agit notamment de la révision du barème du tarif des taxes et des redevances relatives à l’enlèvement des véhicules d’occasion en transit ; la prise en main de la sécurisation des corridors par les forces de sécurité, la lutte contre le rançonnement et la corruption ; la création d’un nouveau comité de suivi pour la filière n’impliquant que les structures dont l’intervention est nécessaire au bon fonctionnement du secteur. Sur le plan économique, l’apport de la vente des véhicules d’occasion n’est pas négligeable. La filière contribue au PIB du Bénin à hauteur de 9%.

Mais la grosse interrogation demeure: quelle est l’avenir de cette filière même si le Nigéria ouvre à nouveau ses frontières ? La question reste posée car l’un des griefs du Nigéria contre le Bénin est la réexportation des véhicules d’occasion sur son territoire alors que pour les importateurs, cette filière ne peut pas résister sans le Nigéria. Doit-on alors parler des menaces en perspectives sur des emplois? Le temps nous édifiera.

Les commentaires sont fermés.

Ce site Web utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que vous êtes d'accord avec cela, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. Accepter En savoir plus