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Après l’euphorie, la Tunisie de Kaïs Saïed bientôt ingouvernable ?

En Tunisie, le président élu Kaïs Saïed prêtera serment dans les dix jours à venir. Le délai officiel des recours qui expire ce mercredi ouvre la voie aux résultats définitifs jeudi et par la suite, la cérémonie d’investiture.

La Tunisie a un nouveau président à l’issue de la présidentielle anticipée dont le second tour a connu la large victoire du novice en politique, l’indépendant Kaïs Saïed. Avec plus de 72% des suffrages exprimés, le professeur de droit constitutionnel a eu l’aval du peuple tunisien pour être le prochain locataire du palais de Carthage. En effet, vu que le perdant du scrutin a annoncé son intention de ne pas contester les résultats devant les juridictions compétentes, l’Instance en charge des élections pourra passer à une autre étape.

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Selon le calendrier de l’ISIE, les résultats définitifs seront proclamés jeudi en absence d’éventuels recours. Dans le cas d’espèce, l’Assemblée nationale fixera la date d’investiture de Kaïs Saïed et ceci dans les dix jours à suivre. Mathématiquement, on peut tenter de dire que le vainqueur de la présidentielle sera installé dans ses nouvelles fonctions avant la fin de l’intérim le 27 octobre prochain. C’est après cette étape que le président pourra charger le parti arrivé en tête des législatives de former un gouvernement.

Des tractations annoncées difficiles !

A l’issue des législatives du 6 octobre dernier, le parti d’inspiration islamiste Ennahdha est arrivé premier avec 52 députés suivi par Qalb Tounes de Nabil Karoui . Pour gouverner, le parti de Rached Ghannouchi devra rassembler 109 élus dans sa coalition. Pour avoir soutenu Kaïs Saïed au second tour, il est quasi impossible pour les islamistes de retourner chez Nabil Karoui pour former un gouvernement que présidera son tombeur (Kaïs Saïed). Une scène qui laisse très peu de chance à la mise en place d’un gouvernement dans le d’un mois renouvelable une fois.

Le parlement, peuplé de 217 députés est morcelé par de petites formations idéologiquement distantes. Après l’euphorie, le juriste devenu président doit faire face aux premières tâches hautement politiques sous sa présidence car, la balkanisation du parlement lui léguera une Tunisie ingouvernable. Contre toute attente, d’autres scénarios susceptibles d’éviter la crise qui se pointe à l’horizon serait une nouvelle victoire pour la jeune démocratie maghrébine.

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