Société

Bénin: le Réseau 3i demande la libération immédiate du journaliste Ignace Sossou

Le mardi 24 décembre 2019, le journaliste béninois Ignace Sossou a été condamné par le tribunal de Cotonou à 18 mois de prison ferme et 200 000 francs CFA d’amende pour avoir relayé des propos du procureur du tribunal de première instance de première classe de Cotonou, Monsieur Mario Mètenou. Choquée par cette condamnation, le Réseau 3i (Initiative, Impact, Investigation) a dans un communiqué demandé la libération immédiate du  journaliste Ignace Sossou.

A l’aube du vendredi 20 décembre 2019, le journaliste béninois Ignace Sossou a été interpellé à son domicile par des policiers de l’Office centrale de répression de la cybercriminalité (OCRC). Présenté vendredi soir au tribunal, il a été placé en garde à vue durant tout le week-end. Une mesure qui sera prolongée lundi 23 décembre pour 72 heures après sa comparution. Très tôt ce mardi 24 décembre 2019, il été mis sous mandat de dépôt avec comparution immédiate au bout de laquelle il a été condamné à 18 mois de prison ferme et 200 mille FCFA d’amende. Il lui est reproché d’avoir relayé sur les réseaux sociaux des propos du procureur Mario Mètonou qu’il aurait sorti de leur contexte lors d’un séminaire de formation organisé par CFI Média.

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Réseau 3i (Initiative, Impact, Investigation) dénonce une mesure coercitive

Pour le Réseau 3i (Initiative, Impact, Investigation), cette décision viole les principes élémentaires puis qu’« à ce stade, rien ne permet de justifier d’une quelconque mesure coercitive, pas plus que d’une condamnation aussi sévère qu’absurde ». Et d’ajouter: « l’exercice de la liberté d’expression est l’une des pierres angulaires de la liberté de la presse, principe consacré par l’article 10 de la Convention européenne des droits de l’Homme (CEDH), dont voici les termes ».

« 1. Toute personne a droit à la liberté d’expression. Ce droit comprend la liberté d’opinion et la liberté de recevoir ou de communiquer des informations ou des idées sans qu’il puisse y avoir ingérence d’autorités publiques et sans considération de frontière. Le présent article n’empêche pas les États de soumettre les entreprises de radiodiffusion, de cinéma ou de télévision à un régime d’autorisations.

2. L’exercice de ces libertés comportant des devoirs et des responsabilités peut être soumis à certaines formalités, conditions, restrictions ou sanctions prévues par la loi, qui constituent des mesures nécessaires, dans une société démocratique, à la sécurité nationale, à l’intégrité territoriale ou à la sûreté publique, à la défense de l’ordre et à la prévention du crime, à la protection de la santé ou de la morale, à la protection de la réputation ou des droits d’autrui, pour empêcher la divulgation d’informations confidentielles ou pour garantir l’autorité et l’impartialité du pouvoir judiciaire. » soutient le même communiqué.

Mieux, le réseaux indique que  rien ne saurait justifier les mesures de privation de liberté subies par le journaliste Ignace Sossou, dans le libre exercice de son métier de journaliste. C’est pourquoi, il demande la libération immédiate d’Ignace Sossou et appelle « les autorités béninoises à faire preuve de sagesse et de mesure en ordonnant la libération immédiate du journaliste, en constatant qu’il n’y a lieu d’engager de quelconque poursuite judiciaire pour les faits incriminés, que personne ne conteste, pas plus l’auteur de ces écrits sur les réseaux sociaux que l’auteur des propos lui-même ».

Qui est Ignace Sossou?

Connu pour sa ténacité, sa recherche permanente d’équité et surtout son courage et son professionnalisme, Ignace Sosou est journaliste à BENIN WEB TV. Il est l’auteur de l’enquête sur les évasions fiscales au niveau du supermarché Erevan et à la Sobépec. Un travail mené sous la coordination de la Cellule Nobert Zongo pour le journaliste d’Investigation (CENOZO) et le Consortium international du journalisme d’investigation (ICIJ) et pour lequel il sera condamné à 1 mois de prison avec sursis avec une amende de 500 000F avec sursis. Condamnation à laquelle il a fait appel. Ladite enquête “West Africa Leaks”, (la plus grande collaboration de journalistes d’investigation jamais réalisée en Afrique de l’Ouest) a été primée en 2018.

Ignace Sossou est également membre de Cenozo (Cellule Norbert Zongo pour le journalisme d’investigation en Afrique de l’Ouest) et du Réseau 3i qui réunit des journalistes d’investigation d’Europe, du Maghreb et d’Afrique de l’Ouest.

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Un commentaire

  1. L’Afrique bouge,le Bénin change et se civilise.Fini,le temps des niaiseries et de l’impunite.
    Il ne faut plus confondre fuyard économique et exilé politique. Journaliste et diffamateur partisan.
    Changeons pour un pays responsable et respectueux.
    Joyeux Noël.

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