Bénin – Communales 2020: le CA d’Attogon, Lionel Chobli, absent de la compétition

Lionel Chobli, Chef d’Arrondissement d’Attogon, dans la commune d’Allada, est non partant pour les élections communales et municipales du 17 mai 2020. Il l’a fait savoir à travers une déclaration dans la nuit du mercredi 11 mars 2020.

Malgré les offres de positionnement qu’il a reçues de part et d’autre, Lionel Chobli a décidé de ne pas participer aux élections communales et municipales du 17 mai 2020.  « Ayant réuni toutes les pièces exigibles et disposant de plusieurs propositions de positionnement par des formations politiques (tous bords confondus), c’est avec humilité et responsabilité que je vous annonce que je suis bel et bien candidat à une autre forme d’engagement politique et social à partir du 18 Mai prochain », a-t-il déclaré.

Dans sa déclaration, Lionel Chobli a présenté quelques lignes de son bilan à la tête de l’Arrondissement d’Attogon. Il a également exprimé ses regrets de voir que la décentralisation est « devenue le parent pauvre de la vie politique et administrative nationale ». Pour le CA d’Attogon, la décentralisation aurait dû être intégrée dans la vague de réformes opérées, afin d’en faire un « véritable outil de proximité avec les populations et d’efficacité de l’action de l’Etat ».

Déclaration de Lionel Chobli

Chers compatriotes, Chers amis,

J’ai été sensible à vos avis, conseils, demandes, témoignages, encouragements et promesses de soutien en vue des élections Communales à venir. Vous avez réussi à me faire comprendre combien les préoccupations que nous portons ensemble pour le bonheur et le vrai progrès de notre pays pouvaient être importantes à vos yeux. Vous avez su témoigner à quel point le combat modeste que nous avons débuté il y a cinq ans avait du prix pour vous.

Comme vous, je crois à la Dignité, à la Liberté, et à la Vérité. Un Homme doit avoir une seule Parole. Ma Parole doit être un Serment ; ma poignée de main doit être un contrat ; mes actes doivent être gravés dans la pierre de la constance.

Ayant réuni toutes les pièces exigibles et disposant de plusieurs propositions de positionnement par des formations politiques (tous bords confondus), c’est avec humilité et responsabilité que je vous annonce que je suis bel et bien candidat à une autre forme d’engagement politique et social à partir du 18 mai prochain.

Je ne serai donc pas dans la compétition pour la fonction de Chef d’Arrondissement d’Attogon et Conseiller Communal d’Allada lors des Elections Municipales et Communales à venir. Ce que je crois, c’est que la course aux fonctions, aux postes et aux positions n’est pas l’art de faire de la politique. La politique, c’est incarner un idéal, transformer la société et non s’installer et trôner.

Ces cinq années de service républicain ont constitué une expérience unique : humaine, sociale, spirituelle, politique. Je tire des leçons extraordinaires de la découverte de nos populations dans leurs lieux de vie et de travail ainsi du service et de la pratique de l’Etat à son niveau de proximité le plus réel. J’assume mes échecs, je reconnais mes insuffisances et je me ravis de nos succès ensemble. Notamment dans les secteurs de l’administration responsable, de l’éducation, de l’eau…

Au plan politique, j’ai vécu des moments exceptionnels et rencontré des personnes inclassables, à commencer par nos vaillantes populations. Si la classe politique faisait davantage confiance à leur intelligence, notre pays se porterait mieux. Je voudrais remercier une fois de plus l’Honorable Valentin Aditi Houdé pour m’avoir ouvert la voie.

Il est regrettable qu’aujourd’hui, notre décentralisation soit devenue le parent pauvre de la vie politique et administrative nationale. Elle aurait pu et dû être intégrée dans la révision de la Constitution et les réformes menées pour en faire un véritable outil de proximité avec les populations et d’efficacité de l’action de l’Etat. La réforme dite du système partisan, en dépit d’une intention louable est devenue un coupe-gorge pour ses propres initiateurs et offre aux populations un tableau anxiogène. Le déficit de légitimité qui frappe déjà le parlement risque d’entacher davantage les élus territoriaux.

Au plan social, le cheminent fût simplement indicible. Une cure d’humilité et d’humanité. Des leçons de vie, des enseignements. Je me souviens particulièrement de ce jour où nous avions dû faire le choix entre aider un homme à régler les frais d’accouchement de son épouse déjà en travail, et garder de quoi remplir le réservoir de notre voiture pour retourner à Cotonou. Les enfants (jumelles) sont nées et nous, à hauteur de Akassato, nous avons dû garer et pousser le véhicule en rase campagne. Ce n’est que le lendemain que je me suis aperçu que c’était le jour de mon propre anniversaire…

Au plan économique et financier, il me plaît de témoigner que je n’ai pas gagné un Franc sur le dos de la communauté. 100% des émoluments perçus ont servi aux tâches administratives et aux causes sociales. Je n’étais d’ailleurs pas venu pour cela.

Je me réjouis de pouvoir dire que ” mains blanches je suis arrivé, mains blanches je m’en irai “. L’on ne trouvera pas un citoyen que j’ai rançonné, un domaine public ou privé dont j’ai abusé, un Bic que j’ai emporté, un marché public que j’ai glané ou octroyé. Cela m’a valu de l’incompréhension de la part de mes propres partisans et familiers mais je crois qu’à l’heure de la CRIET, ils me le revaudront. L’éthique et la morale, la bonne gouvernance sont des impératifs pour nos pays. La politique sous nos cieux peut bien s’en accommoder.

Au plan personnel (et c’est le moindre), je ne dirais pas que j’ai souffert mais j’ai fait souffrir les miens, mon esprit et mon corps par cette passion qui vous dévore. Quelques aléas sanitaires qui ne sauraient constituer ni un refuge ni un paravent ont parasité la relation de proximité avec les populations et retranché du temps pour l’action. Je voudrais m’en excuser. J’ai pu, et mon équipe aussi, tester les capacités d’actions surnaturelles dans notre milieu sociopolitique. C’est l’occasion de remercier Monsieur le Président de la République et son épouse pour leur attention à ma petite personne en ces temps-là. Paradoxalement, nous en sortons davantage renforcés et croyants. On n’arrache l’espérance qu’à ceux qui ne croient pas !

La politique est une passion pour mon pays avant d’être une ambition pour ma personne. Le développement est une obligation citoyenne avant d’être une distraction passagère. Le service à l’autre est une pulsion intime avant d’être une pratique sociale.

Si je continuais un jour de plus, tout de suite, je deviendrais tout ce que j’ai toujours refusé d’être et de concevoir : un jouisseur, un voleur, un affameur du peuple par le jeu des compromissions et arrangements, par le fait des obligations et des circonstances.

Je pars mais je serai toujours là : autrement et mieux. Je pense toujours que la politique détermine grandement l’avenir et qu’il nous faut nous y engager résolument. Le bouleversement des textes et du système, les impératifs de moralité et les attentes des populations, surtout la jeunesse, nous impose de réfléchir pour la pratiquer autrement. Sans juger personne, face à nous-mêmes.

Ce n’était que la première étape de la longue marche vers l’Avenir. 1 Action sera toujours supérieure à 1000 paroles et Ensemble, Tout est plus que jamais Possible. Voyons l’avenir en toute confiance.

Dans la période électorale qui s’ouvre, c’est mon silence qui fera du bruit et ma discrétion qui produira le meilleur résultat possible pour Attogon et Allada.

Passé cela, je pourrai m’exprimer, parler du bilan, écrire peut-être comme témoignage et reprendre (avec vous, j’espère), le combat pour un mieux-être de nos populations, nos maîtres !

Je voudrais remercier mes parents, ma famille, pour l’éducation qu’ils m’ont donnée. Elle a constitué une boussole dans la nuit ; un parapluie sous l’averse. C’est lorsque l’on veut aller loin qu’il faut savoir s’arrêter.

Dieu bénisse le Bénin !

Lionel Chobli

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