« L’Afrique n’échappera pas à la récession (…) plus violente que celle de 2008. », Lionel Zinsou

Après la Chine, l’Europe, les Etats-Unis; l’Afrique fait face depuis quelques semaines à la pandémie du coronavirus. En riposte à ce drame, les gouvernants africains ont pris des mesures drastiques allant jusqu’à la fermeture des frontières. Ce qui ne sera pas sans conséquence économique, et qui risque d’être plus violente que la récession de 2008, affirme le banquier d’affaire, Lionel Zinsou. 

Le continent noir n’est pas épargné par la propagation du Covid-19 qui afflige le monde. Sur le continent, 1 134 cas de contamination au covid-19 sont déjà dénombrés dans l’après-midi du samedi 21 mars 2020. Pour faire face à la propagation du virus, la plupart des pays africains ont fait l’option de la fermeture de leurs frontières. Une situation qui ne sera pas sans conséquence sur leurs économies. Interrogé sur la question par les confrères de France 24,  le banquier d’affaire, Lionel Zinsou, estime que l’Afrique n’échappera pas à la récession qui pourrait être bien plus violente que celle de 2008. Selon l’ancien premier ministre béninois, l’impact macro-économique le plus fort pour l’Afrique sera la chute des exportations des matières premières. « Les pays africains sont dépendants des matières premières minérales d’une façon très significative. Le pétrole par exemple représente une partie considérable du produit intérieur brut pour une quinzaine de pays.« , a fait remarquer le banquier d’affaire.

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A en croire Lionel Zinsou, les conséquences de la crise liée au covid-19 seront quasi dramatiques pour le continent. Par exemple, précise-t-il, au Nigéria, les hydrocarbures représentent 20 % du PIB mais près de 90 % des recettes fiscales et des ressources de devises (donc d’exportations). À 26 dollars le baril, le pays n’aurait plus de devises. Selon lui, même les économies les moins dépendantes de matières premières ne pourront pas rester prospères alors que leurs principaux marchés de proximité sont en récession. « Toute l’Afrique sera donc impactée. « , martèle-t-il avant de tirer la conclusion que « l’Afrique n’échappera pas la récession qui pourrait être bien plus violente que celle de 2008. »

Quid de secteurs qui seront touchés

Les biens de consommation courante ou la production agricole résisteront un peu mieux parce que les ménages, les populations vont continuer de se nourrir et de faire les dépenses essentielles. Par ailleurs, les secteurs liés à la santé et à la télécommunication seront extrêmement sollicités. En revanche, indique-t-il, les secteurs de la logistique vont être très affectés dans les ports et les transports aériens. En outre, le secteur du tourisme va être complètement bouleversé. Il n’y aura ni tourisme d’affaires; les liaisons aériennes étant suspendues, ni tourisme de loisirs, qu’il soit domestique, régional, ou international.

Les banques pour amortir les chocs économiques

Pour éviter l’effondrement de l’économie africaine, explique le banquier d’affaire, les banques seront davantage sollicitées par les gouvernements. « Nous assistons déjà à une réponse des banques centrales et des gouvernements. La première banque centrale qui a mis en place un dispositif très tôt pour que le système productif et les entreprises ne s’effondrent pas, est celle du Rwanda. La banque centrale marocaine est aussi très active. « , affirme Lionel Zinsou. A l’en croire, la Banque centrale des États de l’Afrique de l’ouest (BCEAO) a mis en place un dispositif considérable en annonçant un plan de 1 400 milliards de francs CFA de financements supplémentaires des banques. « Ces dispositifs permettront de donner les moyens aux gouvernements de faire ce qui est nécessaire en matière d’équipements d’urgence au moment où leurs recettes budgétaires baissent de façon importante. « , précise-t-il. Pour Lionel Zinsou, ces dispositifs aideront aussi à la liquidité des entreprises à un moment où elles vont perdre leurs chiffres d’affaires, du fait de la baisse de la demande et de l’exportation. L’équilibre économique du continent ne sera possible qu’au cours de l’année 2021, fait-il savoir.

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