Bénin: Les propositions de Noël Chadaré pour une bonne réouverture des classes

Après plusieurs semaines de fermeture suite à un congé de pâques prolongé du fait de la pandémie de Covid-19, les classes ouvriront à nouveau le lundi 11 mai 2020. En prélude à cette réouverture, le SG de Cosi-Bénin fait une série de propositions pour que l’école ne soit pas le nouveau vecteur de la propagation du coronavirus. 

En vue de faire respecter les mesures barrière à la propagation de la Covid-19, notamment l’observance de la mesure de distanciation sociale, le gouvernement de la rupture à prorogé les congés de Pâques jusqu’au dimanche 10 mai 2020, le temps d’avoir le contrôle sur la situation liée à la propagation du coronavirus. Les activités académiques et scolaires reprendront donc le lundi 11 mai 2020. Pour éviter que les écoles ne soient des vecteurs de propagation du virus, le secrétaire général de la confédération des syndicats indépendants du Bénin (COSI-BENIN), Noël Chadaré, fait une série de propositions au gouvernement.

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Dans sa contribution pour éviter la propagation du coronavirus, le secrétaire général de la confédération des syndicats indépendants du Bénin (COSI-BENIN) recommande, entre autres comme mesures à mettre en oeuvre, une rentrée par vague. Cette mesure consistera, selon Noël Chadaré, à faire d’abord venir les classes de CM2, de 3ème et de Terminale, en dotant tous les apprenants de masques de pharmacie, en dotant les établissements de dispositifs de contrôle de température, et en installant les dispositifs de lavage des mains devant chaque salle de classe. Il propose par ailleurs que des autorisations spéciales soient accordées aux enseignants qui sont en dehors du cordon sanitaire, afin qu’ils puissent faire le déplacement vers leur zone pédagogique et procéder à leur dépistage systématique. La Cosi-Bénin recommande en outre des mesures spécifiques aux établissements publics et privés. Lire ci-dessous l’intégralité des mesures recommandées par la COSI-Bénin.

Les propositions de la Cosi-Bénin pour la reprise des classes

1-Mesures transversales (établissements publics et privés)
Les défis à relever par le gouvernement et les acteurs du système éducatif sont la validation de l’année scolaire par l’achèvement des programmes et l’organisation des différentes évaluations. Conformément à la législation scolaire, il faut vingt-six (26) semaines de cours effectifs pour une année scolaire normale. En cas de difficultés ou de perturbations, l’année scolaire est validée avec les trois quart (3/4) de cette durée, soit vingt (20) semaines. Du 16 septembre 2019 au 27 mars 2020, il y a déjà eu dix-huit (18) semaines de cours effectifs. Il faut donc deux semaines supplémentaires de cours effectifs pour que l’année soit validée. Tenant compte de cette réalité et de la nécessité de respecter les mesures de prévention de covid-19, la COSI-BENIN propose ce qui suit :

-Délivrer des autorisations spéciales de déplacement aux enseignants qui sont allés en congés à l’intérieur du pays et qui sont bloqués par le cordon sanitaire, afin qu’ils rejoignent leurs postes. Leur convoyage doit être organisé par les autorités sanitaires qui doivent les dépister systématiquement ;
-Procéder à un dépistage systématique de tous les acteurs (apprenants, enseignants, membres de l’administration, personnel de service et de soutien, vendeurs et vendeuses) ;

-Effectuer une rentrée par vague en faisant venir d’abord les classes de CM2, de 3ème et de Terminale. Répartir ces candidats en respectant la mesure de distanciation sociale et travailler avec eux pendant les deux premières semaines (du 11 au 22 mai), afin de finir les programmes et valider l’année. Certains enseignants des autres classes intermédiaires devront être sélectionnés pour l’encadrement. Dans la troisième semaine, c’est-à-dire celle du 25 au 29 mai 2020, il faudra organiser, à leur intention, le dernier devoir en guise d’examen blanc.

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-Faire venir ensuite les apprenants des classes intermédiaires, aussi bien au niveau du primaire que du secondaire. Ils viendront pour faire les dernières évaluations qui dureront deux semaines et les dispositions devront être prises pour que lesdites évaluations se déroulent dans le strict respect de la mesure de distanciation physique. Dans ce cadre, il est recommandé que l’effectif des apprenants par salle ne dépasse pas vingt-cinq (25). Pendant ces deux semaines qui couvrent la période du 1er au 12 juin 2020, les classes d’examen resteront à la maison pour traiter les épreuves que les enseignants leur auront laissées. A partir de la semaine du 15 juin, les classes d’examen retournent à l’école pour poursuivre les révisions ;
– Doter tous les apprenants de masques de pharmacie ou à défaut, instruire les parents pour qu’ils achètent des masques artisanaux lavables à leurs enfants, car aucun apprenant ne devra franchir le portail d’une école sans avoir porté son masque ;

-Doter si possible les établissements de dispositifs pouvant permettre de contrôler la température des écoliers, élèves et étudiants à l’entrée des lieux d’apprentissage ;
-Installer les dispositifs de lavage des mains devant chaque salle de classe ou, à défaut, les démultiplier autant que faire se peut pour éviter des attroupements autour de ces dispositifs ;
-Rendre le port de masques obligatoire pour les enseignants et les apprenants, en salle, dans la cour et partout où ils se trouvent dans un établissement. Il devra en être de même pour les vendeuses au sein des établissements ;
-Recommander exceptionnellement aux enseignants de ne pas circuler dans les rangées lorsqu’ils sont en situation de classe ;
-Sensibiliser fréquemment les apprenants par rapport à l’existence du coronavirus en insistant sur la nécessité de respecter rigoureusement les mesures de prévention ;
– Eviter la récréation classique et organiser la récréation par groupes ;

2- Mesures spécifiques aux établissements publics
-Envoyer la totalité des subventions prévues au titre de l’année scolaire 2019-2020 aux écoles, lycées et collèges publics avant la reprise prévue pour le 11 mai 2020 ;
-Appuyer les établissements publics dans l’acquisition de tous les dispositifs ou équipements nécessaires à la prévention de covid-19.

3- Mesures spécifiques aux établissements privés
- Appuyer les promoteurs d’établissements privés en leur offrant des dispositifs de lavage des mains.
- Accompagner les établissements privés dans le paiement du salaire des enseignants permanents pour le compte du mois d’avril ;

4- Mesures spécifiques à l’enseignement maternel et à l’enseignement supérieur
La COSI-BENIN suggère de laisser les apprenants de la maternelle à la maison compte tenu de leur âge et en raison des difficultés qu’ils auront à respecter les mesures barrières.
Vu l’évolution de la pandémie de covid-19 au Bénin, vu les effectifs pléthoriques des étudiants, surtout dans les universités publiques et vu l’impossibilité de respecter les mesures de distanciation sociale dans les amphis, il faut, par mesure de prudence, repousser la date de la reprise dans les universités jusqu’au début du mois de juin.

5- Mesures pratiques pour l’organisation des examens de fin d’année
Nous espérons que les différentes mesures permettront d’éviter d’anéantir les efforts louables consentis par le gouvernement et les populations dans le cadre de la lutte contre la pandémie de covid-19. Mais au cas où la pandémie du coronavirus continuerait de persister et ferait planer des menaces sur les candidats, des mesures spécifiques devront être prises. Ainsi, le gouvernement devra offrir gratuitement de masques de protection à chaque candidat(e) comme il a promis le faire le jour des élections Communales et municipales. Les dispositifs de lavage des mains devront être également placés devant les différentes salles de composition.

S’agissant de l’installation des candidats dans les salles, des dispositions devront être prises pour qu’il y ait un(e) candidat(e) par table et que la mesure de distanciation sociale soit respectée. Par ailleurs, le gouvernement devra faire un effort supplémentaire en donnant aux Directions des Examens et Concours du MEMP et du MESTFP et à l’Office du Baccalauréat, les moyens pouvant permettre à ces structures en charge de l’organisation des examens de démultiplier éventuellement les centres et les salles de composition.

Avec les taux de réussite très élevés de l’année 2019 et la baisse des effectifs des candidats aux divers examens au titre de 2020, la situation pourra être gérée sans que le gouvernement n’ait à supporter une charge financière aussi importante dans le cadre des travaux de surveillance.

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