Bénin: Maora Alèdjo tacle Angélà Kpeidja, Chanceline Mevowanou réplique

Ce mardi 26 mai 2020, l’activiste Maora Alèdjo s’en est prise à Angela Kpeidja qu’elle traite d’une « honte » pour la nation. Choquée par cette réaction très peu courtoise à l’endroit de celle qui a mis les pieds dans les plats en dénonçant le harcèlement sexuel et moral en milieu professionnel, la réaction de la féministe Chanceline Mevowanou ne s’est pas fait attendre.

Au petit matin de ce mardi , Maora Alèdjo n’a pas raté Angéla Kpeidja, qui, il y a environ un mois, dénonçait le harcèlement sexuel à l’ORTB. « Mon cœur s’est trouvé meurtri quand je me suis rendue compte que c’était un plan machiavélique concocté pour régler un compte », a-t-elle expliqué dans une publication sur Facebook. Elle fustige ainsi la nomination d’Angéla Kpeidja au poste de chef service web, alors qu’elle est au cœur d’une affaire de harcèlement sexuel. « Quelle honte pour toute la gente féminine de découvrir celle qui, selon ses collègues de L’ORTB, est toujours passée par le canapé pour chacune de ses promotions, venir écrire que la promotion offerte en récompense de son forfait n’était pas suffisante », peut-on lire dans sa publication.

Et de demander: « Madame Angela, quel deal aviez-vous fait avec le pouvoir en place pour que, deux semaines après votre calomnieuse dénonciation, on vous nomme à un poste supérieur et vous osez juger que ce n’était pas suffisant ? Quel concours auriez-vous passé depuis, qui vous donnerait droit à ce poste sinon du moins supérieur à celui qu’on vous a offert ? ». A l’en croire, depuis qu’elle a décidé d’assumer son poste offert, plus aucune trace de hargne dans votre lutte. Un comportement qui, selon elle, déçoit des milliers de femmes réellement harcelées qui avaient mis leurs espoirs en son combat et qui sont aujourd’hui tout comme elle déçues.

L’acerbe réplique de Chanceline Mevowanou à Maora Alèdjo

Suite à cette réaction jugée très dure envers une femme battante, Chanceline Mevowanou a servi une « réponse à une « horrible » publication ». « Je suis contre le fait d’utiliser son corps pour des fins professionnelles. Je trouve ça : moche, immoral, facile et lâche. Je pense que nous avons toujours un choix et qu’on peut toujours en tout et pour tout agir avec un peu de dignité », va-t-elle clarifier. En réponse à Maora, elle rappelle que, délibérément, personne ne choisit de compromettre sa dignité dans la vie. Pour elle, jusqu’à ce que la justice ne statue, jusqu’à ce que la loi ne statue sur la base de preuves claires, tangibles et authentiques que Madame Angela est coupable de diffamation, pour avoir menti sur des cas présumés de viols ou de harcèlements à l’ORTB, sa position est claire: « J’amplifie sa dénonciation, je soutiens. Et même si la loi statue dans ce sens, mes mots ne dénigreront JAMAIS la plaignante, car je pense et je crois : C’est le SYSTÈME ».

« Un ramassis de choses horribles »

Pour la jeune Chanceline, des détails de cette affaire pourraient lui échapper, mais, dit-elle, la publication de Madame Aledjo Maora est horrible et n’est qu’un « ramassis de choses horribles ». « Pour l’auteure, c’est peut-être un contentement, une expression de colère après l’acceptation de la promotion par la plaignante, une désillusion après avoir appris que la plaignante n’est pas une sainte et qu’elle aurait vendu son corps pour avoir des promotions. Cependant, pour moi, c’est horrible », a-t-elle précisé. Elle ajoute, comme pour vider sa colère: « Aussi horrible que la horde de réactions méchantes et mauvaises, qui en découlent et qui vont en découler, mais, ça aussi, c’est le système ».

Dans sa réaction, Chanceline a demandé au président Patrice Talon de faire la lumière sur cette affaire, afin de contribuer à rendre l’environnement de travail plus sûr et sécurisé pour les femmes.

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