Bénin : stop et fin d’un processus électoral alambiqué

Les nouveaux dirigeants des communes du Bénin, pour le compte de la 4è mandature de la décentralisation, sont connus dans les moindres détails, à l’issue d’un processus électoral, qui  laisse un goût amer pour des militants et des partis politiques.

Terminus ! L’accouchement n’a pas été facile, mais on y est. Les 77 maires du Bénin sont connus. Parmi les trois partis politiques éligibles à l’attribution des sièges, l’Union progressiste se tape la part du lion avec 41 maires. 29 communes sont dans l’escarcelle du Bloc républicain. Quant au parti Forces cauris pour un Bénin émergent, il contrôle 7 sur les 77  municipalités du pays.

Des sueurs froides

Sur les 9 partis politiques, jadis en lice, 5 ont pu prendre part au scrutin communal du 17 mai dernier. A commencer par le Mouvement Populaire de Libération (MPL) de Sabi Sira Korogoné, qui s’est vu refuser le récépissé par la Commission électorale nationale autonome (CENA), vendredi 13 mars dernier. Il est reproché au parti d’avoir déclaré un nombre de candidats supérieur au nombre prévu par la loi, soit 3.682 au lieu de 3.630. Appelé à examiner le dossier, la Cour suprême a débouté, le mercredi 18 mars dernier, le Mouvement Populaire de Libération.

Moele-Bénin, PER et FCDB exit

Ayant obtenu leurs récépissés provisoires, les partis cités supra n’ont pu prendre part aux élections communales, pour n’avoir pas franchi l’étape de l’étude approfondie des dossiers. Cinq partis politiques à savoir PRD, FCBE, UP, BR et UDBN se sont donc retrouvés dans le starting-block du 17 mai, au terme des différentes étapes du processus d’enregistrement et de vérification des dossiers de candidatures.

Campagne électorale palpitante

Conformément au calendrier électoral, le président de la commission, en charge des élections au Bénin, a ouvert le scrutin communal le 1er juin 2020, à 00h. Au terme de 15 jours de campagne exclusivement médiatique, du fait de la pandémie du coronavirus, les électeurs se sont rendus aux urnes, le dimanche 17 mai. 1.815 conseillers communaux ont été élus pour le compte des 77 communes du Bénin.

Partis non éligibles

L’Union démocratique pour un Bénin nouveau (UDBN) de Claudine Prudencio et le Parti du renouveau démocratique (PRD) de Me Adrien Houngbédji ont fait les frais des dispositions de l’article 184 du code électoral, qui stipulent : « Seules les listes, ayant recueilli au moins 10% des suffrages valablement exprimés au plan national, sont éligibles à l’attribution des sièges ». N’ayant donc pas atteint le seuil requis, ces deux formations ont assisté impuissantes au partage des sièges. Dura lex, sed lex ! La loi est dure, mais c’est la loi !

Installation des conseils communaux

Si l’installation des conseils communaux s’est déroulée sans couac, il a fallu une modification des textes électoraux pour connaître les maires. Seulement 26 maires ont pu se faire élire par les conseillers communaux conformément à l’article 189 du code électoral. Les autres ont été désignés par les partis, ayant la majorité, selon la loi interprétative du code électoral votée par la représentation nationale, le mardi 02 juin. Une loi initiée mordicus par une douzaine de députés, face au blocage de l’élection des maires dans certaines communes.

A tout prendre, les performances engrangées, par chaque parti politique en lice, ont confirmé l’analyse de la rédaction de Bénin Web Tv, relative aux forces et faiblesses des formations politiques en compétition. L’Union progressiste garde la dragée haute et devient le parti politique, dont l’ancrage n’est plus à démontrer.

En attendant la suite des recours pendants devant la Cour suprême, les yeux sont orientés vers la présidentielle de 2021.

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