« Nous allons au service depuis quelques mois sans aucun kopeck », Issifou Allassane (ACE-2014)

Les agents contractuels de l’Etat, recrutés en 2014 au profit du ministère de l’économie et des finances, ne sont pas au bout de leurs peine. Selon leur porte-parole, Issifou Allassane, il n’y a pas eu d’avancée significative dans la résolution de leur situation.

Dans un entretien accordé à un organe de la place, Issifou Allassane, porte-parole des agents contractuels de l’Etat, promotion 2014, recrutés au profit du ministère de l’économie et des finances, estime qu’il n’y a pas eu une avancée notable dans la régularisation de leur situation, en dépit des multiples démarches effectuées à l’endroit des autorités compétentes.

« La situation a évolué en ce sens que nous savons que les autorités sont en train de travailler pour la parfaire. Cependant, on est resté sur notre soif parce qu’il est question ici de respecter les textes. Nous sommes dans cette logique, nous ne sommes pas dans la logique d’affrontements, donc il n’y a pas d’avancées significatives.« , a-t-il fait savoir.

Selon lui, la situation, qui les oppose aux autorités, n’est pas une question de signature de contrat, mais du respect des textes de la république. « Pensez-vous que quelqu’un qui a fait seize mois sans salaire peut refuser de signer un contrat avec le contexte actuel du travail dans le monde et particulièrement au Bénin?« , s’est-il interrogé.

Pour lui, si la motivation de ces agents sous contrat est de refuser de signer un contrat, alors pourquoi vont-ils au boulot. « Nous n’avons jamais refusé de signer les contrats ; seulement que les contrats violent les textes, notamment le statut général de la fonction publique. Pourquoi aller en dehors de ces textes et nous présenter un contrat qui n’a rien à avoir avec les textes de la République, le statut de la fonction publique et également notre contrat de renouvellement pour nous demander de signer ?« , s’est-il interrogé.

L’objet de la résistance

Pour mieux situer l’opinion sur ce qui fait l’objet de la résistance de cette promotion à signer le contrat, qui leur est soumis, Issifou Allassane caricature un peu la situation. « On vous signe un contrat de deux ans en tant que contrôleur des impôts, un deuxième contrat de deux ans en tant que contrôleur des impôts et on décide maintenant de vous donner un certificat de validité professionnelle et, à ce niveau, on vous dit que vous êtes secrétaire. A vous de juger« , explique-t-il.

A l’en croire, trois différents types de contrat leur ont été soumis. Dans le premier contrat, il est mis contrôleur des services administratifs pour certains, secrétaire des services administratifs pour d’autres, alors qu’ils ont été recrutés comme contrôleurs des impôts.

« Nous exigeons tout simplement qu’on nous donne le contrat-type, modèle de tous les Ace, ce que les Ace ont signé. C’est ce que nous voulons. Respecter un texte pose-t-il un problème? Respecter une loi pose-t-il un problème? La loi est faite pour être appliquée« , se désole-t-il.

Le chef de l’Etat, le dernier recours

Pour le porte-parole, depuis qu’ils ont été recrutés, des efforts ont été faits pour donner des avantages à tous les agents de l’Etat, sauf les 231 Ace, recrutés en 2014 au profit du Ministère de l’économie et des finances.

Selon lui, la lutte qu’ils mènent vise à sécuriser leur emploi. « Je voudrais vous dire qu’aujourd’hui, ceux qui ont dit qu’ils ont signé le contrat sans exiger ce que nous exigeons, ne l’ont pas fait de gré. Ils l’ont fait de force, de peur d’être radiés. A ceux-là, je voudrais leur dire qu’ils ont reporté leur radiation à demain parce que nous avons vu ici avec les contractuels reversés dans l’enseignement, nous avons vu comment on leur a demandé de composer« , a-t-il indiqué, avant d’appeler le chef de l’Etat à se pencher sur le dossier.

Selon Issifou Allassane, cela fait 16 mois qu’ils n’ont plus perçu de salaire. Aussi, invite-t-il le chef de l’Etat à leur venir en aide. « Nous allons au service depuis quelques mois sans aucun kopeck. Excellence, Monsieur le Président de la République, sauvez-nous!« , a-t-il lancé au chef de l’Etat.

 

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