« La maison des filaos pourrait être un lieu de pèlerinage pour beaucoup », Ganiou Soglo

Membre de la résistance au régime de la rupture, l’ancien ministre des sports, Ganiou Soglo, est assez critique, depuis un moment, envers la gouvernance du président de la République. A travers une tribune, il justifie cette position par le fait qu’il est un ami personnel de Patrice Talon, mais désapprouve ses choix.

Traité d’aigri, de par sa position sur la gouvernance du prince de la rupture, l’ancien ministre des sports de Boni Yayi a expliqué ce qui justifie sa position politique actuelle vis-à-vis de la gouvernance sous Talon.

C’est à la faveur d’une tribune publiée ce lundi sur sa Page Facebook que le ministre Ganiou Soglo, encore critique sur un choix du gouvernement, répond à ceux qui estiment que c’est parce qu’il est aigri qu’il attaque le gouvernement. « Au cours de mes différentes tribunes, certaines personnes m’ont taxé d’aigri ou autres, mais je pense avoir toujours été factuel dans mes analyses », indique-t-il.

A en croire l’ancien collaborateur de Boni Yayi, ce sont les options politiques du locataire actuel du palais de la Marina qui suscitent ses réactions. Il en veut, par exemple, pour preuve, la démolition de la résidence des « filao ». « C’est déçu et plein d’amertume que j’ai vu passer ce week-end des images de ce qui fut la maison de feu le Président Mathieu Kérékou, dans une totale indifférence », indique-t-il dans sa tribune.

Je ne suis pas un admirateur particulier du président Kérékou pour plusieurs raisons, mais je respecte l’homme d’Etat, a commencé par préciser le cadet de la fratrie du couple Soglo. Pour lui, le général, pour ce qu’il a représenté, entre de facto dans notre patrimoine mémoriel national.
La résidence de cet illustre homme, « dans l’émergence d’un tourisme local aurait pu être un lieu de «pèlerinage» pour beaucoup de Béninois et même d’Africains. », a indiqué l’ancien ministre de la république. Pour lui, dans le cadre d’une véritable politique de tourisme réfléchie et pensée, on vient de passer à côté d’une belle opportunité. Et ce sont ces choix incompréhensibles qui exacerbent ses critiques vis-à-vis du régime.
« La collection de vielles voitures du général, ces tenues militaires, les fameuses cannes et bâtons de commandement, les distinctions, les photos et autres auraient permis de faire rentrer des devises donc des recettes à l’Etat. Tout simplement parce que la valorisation de cet endroit empreint d’histoire aurait permis la création d’un pôle d’attractivité principale pour la ville de Cotonou et participé ainsi au développement économique et territoriale de celle-ci. », se désole-t-il.
Le président Patrice Talon est un ami personnel
A en croire Ganiou Soglo, face à des options aussi hasardeuses, il ne peut que critiquer. « Je ne suis pas un opposant naturel au président Talon. J’ai eu l’opportunité de suivre sa campagne et dans sa profession de foi il écrivait «notre pays va mal, sur tous les plans. Cependant nous sommes capables de renverser cette tendance et vaincre la fatalité », rappelle-t-il.
Mais ce discours du candidat qui lui faisait croire que le Bénin est à la croisée des chemins ne se traduit point dans les actes. Face à cet égarement, il est de son devoir en tant qu’ami d’attirer l’attention. « Je suis un ami personnel du président Talon. Nous avons partagé beaucoup de choses en commun. C’est parce que c’est un vrai ami que je me dois de lui dire la vérité. Pas comme nombre de ceux qui l’entourent aujourd’hui, rigolent avec lui le jour et la nuit nous font part de leur crainte », indique-t-il.
Notre différend, si différend il y a, est avant tout politique, indique l’ancien ministre des sports. « Oui, il est agréable de circuler dans certains quartiers de Cotonou, oui il y a des avancées notables dans certains domaines, le coton passant à 600.000 tonnes, une première pour notre pays, le salaire des collaborateurs du président triplant pour le plus grand bonheur de notre administration financière, l’aéroport et le port de Cotonou préemptés par les hommes du président et j’en passe. », ironise-t-il.

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