Le coronavirus « va sûrement empirer avant de s’améliorer », Donald Trump change de ton

Donald Trump a tenté mardi de reprendre la main en reconnaissant la gravité de la crise sanitaire. Le président américain a reconnu mardi la gravité de l’épidémie de Covid-19 aux Etats-Unis lors de sa première conférence de presse consacrée à ce qu’il appelle « le virus de Chine » depuis fin avril.

À la peine dans les sondages à bientôt cent jours de la présidentielle et critiqué pour sa gestion du coronavirus, Donald Trump a tenté mardi de reprendre la main en reconnaissant la gravité de la crise sanitaire. «Cela va sûrement, malheureusement, empirer avant de s’améliorer. Je n’aime pas dire ça mais c’est comme ça», a déclaré le président des États-Unis à la Maison-Blanche, où il a renoué pour la première fois depuis fin avril avec les conférences de presse sur la Covid-19, appelées à redevenir régulières, comme au plus fort de la pandémie.

Tout en se satisfaisant des avancées dans la recherche de vaccins, ainsi que d’avoir résolu la pénurie de tests et de respirateurs artificiels, le président a pour la première fois adopté un ton alarmiste sur la propagation de l’épidémie dans le sud et l’ouest du pays, allant jusqu’à « implorer » les jeunes à « éviter les bars bondés ». « Comme vous le savez, ces dernières semaines, nous avons observé une hausse inquiétante des cas dans de nombreuses régions de notre sud », a dit Donald Trump.

 « Nous avons sauvé potentiellement des millions de vies avec les confinements initiaux, mais nous sommes très conscients de cette maladie », a-t-il ajouté. « Nous y mettrons fin avec des traitements thérapeutiques et avec un vaccin très vite ». « Le virus va disparaître, il disparaîtra », a-t-il asséné, affirmant que la responsabilité de la situation sanitaire était partagée entre lui-même et les gouverneurs des Etats.

Changement de stratégie

Jusqu’ici, Donald Trump avait tenté coûte que coûte de tourner la page de la Covid-19. Pressé de relancer l’économie ainsi que sa campagne pour la présidentielle du 3 novembre, il avait été accusé d’être dans le déni face à la flambée du coronavirus. Mais après un meeting raté à Tulsa, dans l’Oklahoma, en juin, devant un auditoire clairsemé, la progression de l’épidémie ne lui a pas permis de continuer avec les grandes réunions publiques qu’il affectionne.

Pendant ce temps-là, son adversaire démocrate Joe Biden, qui ne se déplace pourtant que précautionneusement sur le terrain, est considéré comme plus compétent pour faire face aux multiples crises que traversent les États-Unis. Il creuse l’écart dans les sondages: si l’élection avait lieu aujourd’hui, il l’emporterait haut la main, à en croire les intentions de vote. Changement de stratégie donc pour le président. Si Donald Trump a vanté sa gestion du virus, maintenu qu’il allait finir par «disparaître», et salué avec enthousiasme les avancées vers un vaccin, il a aussi pour la première fois clairement recommandé le port du masque.

«Nous demandons à tout le monde de porter un masque quand la distanciation physique n’est pas possible», a-t-il lancé, sortant de sa poche sa propre protection, qu’il n’a pourtant endossée en public qu’une fois, le 11 juillet, soit plusieurs mois après le début de la pandémie. «Que vous aimiez les masques ou pas, ils ont un impact», a-t-il plaidé, alors qu’il est accusé d’avoir lui-même attisé les braises de la résistance en défendant jusqu’ici la «liberté» individuelle en la matière. Il est même allé jusqu’à «implorer» les jeunes d’«éviter les bars bondés», un ton alarmiste abandonné depuis plusieurs semaines.

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