Covid-19: un premier pays africain sur le point de se déclarer en défaut de paiement

La Zambie est sur le point de devenir le premier pays africain à ne pas pouvoir rembourser ses dettes après la crise du coronavirus. Le 22 septembre, le pays d’Edgar Lungu a demandé à ses créanciers privés de différer le paiement de leurs intérêts jusqu’en avril.

Si la plupart des pays africains a affiché une résilience face à la crise sanitaire de la Covid-19, d’autres par contre en sont durement affectés. À cause du ralentissement des échanges, l’économie de la Zambie, très dépendante des matières premières, est déjà impactée. Pays enclavé d’Afrique australe, le deuxième producteur mondial de cuivre a demandé à ses créanciers privés, 22 septembre dernier, de différer le paiement de leurs intérêts jusqu’en avril.

En effet, dans un contexte économique déjà fragile, le pays se prépare à devenir le premier État africain à déclarer un défaut de paiement à la suite de la crise provoquée par l’épidémie de Covid-19. Déjà exposé au choc économique à travers la contraction de la demande du principal importateur du cuivre zambien (la Chine), le pays doit débourser 120 millions de dollars en octobre sur des obligations à hauteur de 3 milliards de dollars, émises en 2012, 2014 et 2015.

Mais, les autorités zambiennes affirment que la pandémie a, non seulement diminué les recettes gouvernementales, mais aussi augmenté les dépenses publiques, notamment en matière de santé publique. La chute des prix du cuivre, la dévaluation du kwacha (Devise de la Zambie) et la paralysie de l’économie pendant trois mois de confinement ont vidé les caisses publiques. «Si la Zambie ne parvient pas à un accord avec ses créanciers commerciaux […], la république […] sera incapable d’effectuer des paiements et, par conséquent, ne parviendra pas à prévenir l’accumulation d’arriérés», a déclaré le ministère zambien des Finances cité par Financial Times.

La corruption pointée du doigt par les créanciers

Si les effets de la crise sur l’économie zambienne, tributaire des matières premières, sont réels, l’opacité du pays est également un fait. La pandémie a mis en évidence les faiblesses structurelles du pays qui est invité à donner suffisamment d’informations sur ses dettes et ses projets de maîtrise des finances publiques.

«Deux grandes préoccupations que nous avons sont le manque de clarté sur l’allégement de la dette qu’ils obtiennent d’autres créanciers, et l’absence d’un cadre budgétaire à moyen terme pour remettre la dette sur une trajectoire durable», souligne Kevin Daly, gestionnaire de fonds chez Aberdeen Standard Investments et membre d’un comité de détenteurs d’obligations zambiennes, cité par Sputnik News.

«Le gouvernement n’a fourni aucun cadre crédible à moyen terme expliquant comment le pays entend remédier aux déséquilibres macroéconomiques de longue date du pays et rétablir la viabilité de la dette», ponctue un investisseur de fonds spéculatifs qui a préféré garder l’anonymat.

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